Les élections législatives françaises - La gauche n'y croit pas
Les Français retournent aux urnes pour la troisième fois en moins de deux mois
Paris — «La victoire est possible», a déclaré le secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, lors de sa dernière assemblée électorale à Villeurbanne, en banlieue de Lyon. Mais les 1200 militants qui l'écoutaient ne se faisaient guère d'illusions. Malgré une légère remontée dans les sondages à l'approche du scrutin, la gauche ne croit guère à sa victoire.
Pour la troisième fois en moins de deux mois, 40 millions de Français se rendront aux urnes demain. Il s'agit cette fois de désigner les 577 députés de l'assemblée nationale. Outre le résultat de la gauche, la principale inconnue demeure la force du vote de l'extrême droite. Comme à la présidentielle, les résultats dépendront largement des abstentions et de l'éparpillement du vote.
Malgré un record de candidats (8633!), cette campagne a pratiquement été menée en sourdine. Les partis ont réduit les grandes assemblées au minimum. Les membres du nouveau gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ont tablé sur les annonces: réductions d'impôt, sécurité, augmentation des honoraires des médecins, etc. Les candidats de gauche ont consacré l'essentiel de leur énergie à leurs circonscriptions.
«Rarement une campagne électorale aura été autant vidée de son contenu», a déclaré François Hollande. Sans chef et toujours assommée par sa défaite-surprise du 21 avril, la gauche n'a regagné un peu de terrain qu'en bout de course. Le dernier sondage Ipsos publié hier par Le Figaro accordait 36 % des voix aux partis de gauche contre 40 % à ceux de droite. Une projection en nombre de députés donnait entre 174 et 216 sièges à la gauche et entre 339 et 381 à la droite.
Tout se passe comme si la messe avait été dite. La majorité des Français semble réceptive au mot d'ordre du président Jacques Chirac, qui a appelé cette semaine les électeurs à lui donner une majorité pour gouverner.
Selon la firme de sondage Louis Harris, près d'un Français sur deux préfère que la majorité parlementaire qui sortira des urnes les 9 et 16 juin soit «politiquement proche du nouveau président pour que ce dernier dispose d'une majorité forte et cohérente». Aussi, 44 % des sondés jugent que la gauche ne dispose d'aucune personnalité vraiment susceptible de devenir premier ministre.
«Dans les dernières heures avant le premier tour des élections législatives, comme cela a été le cas il y a cinq ans, on peut passer d'un état de défaite annoncée à un état de victoire constatée», a déclaré l'ancien ministre socialiste à la Ville, Claude Bartolone. À droite, l'épouse du président, Bernadette Chirac, a été plus présente que la plupart des ténors de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP). Elle soutenait hier Jean de Gaulle, candidat dans le 12e arrondissement de Paris.
La veille, Jean-Pierre Raffarin s'en était pris une nouvelle fois à la cohabitation, un «système fatigué, usé jusqu'à la trame», qui serait «la cause de la division des Français». Même l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, qui n'a jamais eu d'atomes crochus avec Jacques Chirac, a souhaité hier à Bruxelles «qu'il n'y ait pas de nouvelle cohabitation».
Sous les pressions de la gauche et sentant la victoire assurée, quelques responsables de l'UMP ont finalement émis cette semaine un communiqué indiquant qu'au second tour le parti retirera son candidat chaque fois que son maintient «conduirait à favoriser l'extrême droite». L'UMP contredisait ainsi les déclarations de Serge Lepeltier. Le président délégué de la formation gaulliste (RPR) avait déclaré plus tôt qu'il n'était pas question de désistement, même pour éviter l'élection d'un candidat d'extrême droite.
Lors de sa dernière conférence de presse donnée hier à Paris, le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen, ne semblait pas se faire d'illusions. À cause du mode de scrutin, il ne peut espérer au mieux que quelques sièges, comme ceux de Beaucaire (Gard), d'Orange (Vaucluse) ou de Sète (Hérault). Jean-Marie Le Pen s'est surtout attardé à réfuter les nouveaux témoignages, publiés dans le journal Le Monde, qui l'accusent d'avoir été tortionnaire en Algérie en 1957.
L'élection de quelques députés FN serait déjà une victoire pour une formation qui n'en compte actuellement aucun. Théoriquement, le Front pourrait jouer les arbitres dans plus de 200 circonscriptions. En 1997, il s'était maintenu dans 132 et avait provoqué 76 triangulaires. Les candidats du FN doivent cependant affronter cette année la concurrence du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. Ce qui pourrait les empêcher d'atteindre la barre des 12,5 % d'électeurs inscrits qui permet de se qualifier au second tour. Dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône, Bruno Mégret caresse d'ailleurs l'espoir de se faire élire.
Le grand nombre de candidats — jusqu'à une vingtaine dans certaines circonscriptions! — et un fort taux d'abstention pourraient néanmoins réserver des surprises.
«Il n'est pas impossible que l'extrême droite réussisse à approcher le score de Le Pen à la présidentielle», a déclaré le politologue Roland Cayrol. Cela «pourrait troubler le jeu des forces de la droite classique au second tour».
Le Pôle républicain, de l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, et le Parti communiste, de Robert Hue, jouent leur avenir. Le premier, faute d'accord électoral avec les socialistes, pourrait pratiquement disparaître de la carte. Le second pourrait continuer sa lente descente aux enfers, qui s'est accélérée lors des présidentielles. Même le candidat vert Yves Cochet reconnaît qu'«il sera très difficile pour les verts d'avoir un groupe» à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire au moins vingt députés.
À la veille du scrutin, la gauche a reçu un appui inattendu. Raymond Barre a déclaré cette semaine que «le gouvernement Raffarin ne fait pas grand-chose, à part de la communication». Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a participé à plusieurs opérations policières très médiatisées, n'a pas non plus été épargné. Selon l'ancien premier ministre, «il fait de l'écume».
Pour la troisième fois en moins de deux mois, 40 millions de Français se rendront aux urnes demain. Il s'agit cette fois de désigner les 577 députés de l'assemblée nationale. Outre le résultat de la gauche, la principale inconnue demeure la force du vote de l'extrême droite. Comme à la présidentielle, les résultats dépendront largement des abstentions et de l'éparpillement du vote.
Malgré un record de candidats (8633!), cette campagne a pratiquement été menée en sourdine. Les partis ont réduit les grandes assemblées au minimum. Les membres du nouveau gouvernement de Jean-Pierre Raffarin ont tablé sur les annonces: réductions d'impôt, sécurité, augmentation des honoraires des médecins, etc. Les candidats de gauche ont consacré l'essentiel de leur énergie à leurs circonscriptions.
«Rarement une campagne électorale aura été autant vidée de son contenu», a déclaré François Hollande. Sans chef et toujours assommée par sa défaite-surprise du 21 avril, la gauche n'a regagné un peu de terrain qu'en bout de course. Le dernier sondage Ipsos publié hier par Le Figaro accordait 36 % des voix aux partis de gauche contre 40 % à ceux de droite. Une projection en nombre de députés donnait entre 174 et 216 sièges à la gauche et entre 339 et 381 à la droite.
Tout se passe comme si la messe avait été dite. La majorité des Français semble réceptive au mot d'ordre du président Jacques Chirac, qui a appelé cette semaine les électeurs à lui donner une majorité pour gouverner.
Selon la firme de sondage Louis Harris, près d'un Français sur deux préfère que la majorité parlementaire qui sortira des urnes les 9 et 16 juin soit «politiquement proche du nouveau président pour que ce dernier dispose d'une majorité forte et cohérente». Aussi, 44 % des sondés jugent que la gauche ne dispose d'aucune personnalité vraiment susceptible de devenir premier ministre.
«Dans les dernières heures avant le premier tour des élections législatives, comme cela a été le cas il y a cinq ans, on peut passer d'un état de défaite annoncée à un état de victoire constatée», a déclaré l'ancien ministre socialiste à la Ville, Claude Bartolone. À droite, l'épouse du président, Bernadette Chirac, a été plus présente que la plupart des ténors de l'Union pour la majorité présidentielle (UMP). Elle soutenait hier Jean de Gaulle, candidat dans le 12e arrondissement de Paris.
La veille, Jean-Pierre Raffarin s'en était pris une nouvelle fois à la cohabitation, un «système fatigué, usé jusqu'à la trame», qui serait «la cause de la division des Français». Même l'ancien président français Valéry Giscard d'Estaing, qui n'a jamais eu d'atomes crochus avec Jacques Chirac, a souhaité hier à Bruxelles «qu'il n'y ait pas de nouvelle cohabitation».
Sous les pressions de la gauche et sentant la victoire assurée, quelques responsables de l'UMP ont finalement émis cette semaine un communiqué indiquant qu'au second tour le parti retirera son candidat chaque fois que son maintient «conduirait à favoriser l'extrême droite». L'UMP contredisait ainsi les déclarations de Serge Lepeltier. Le président délégué de la formation gaulliste (RPR) avait déclaré plus tôt qu'il n'était pas question de désistement, même pour éviter l'élection d'un candidat d'extrême droite.
Lors de sa dernière conférence de presse donnée hier à Paris, le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen, ne semblait pas se faire d'illusions. À cause du mode de scrutin, il ne peut espérer au mieux que quelques sièges, comme ceux de Beaucaire (Gard), d'Orange (Vaucluse) ou de Sète (Hérault). Jean-Marie Le Pen s'est surtout attardé à réfuter les nouveaux témoignages, publiés dans le journal Le Monde, qui l'accusent d'avoir été tortionnaire en Algérie en 1957.
L'élection de quelques députés FN serait déjà une victoire pour une formation qui n'en compte actuellement aucun. Théoriquement, le Front pourrait jouer les arbitres dans plus de 200 circonscriptions. En 1997, il s'était maintenu dans 132 et avait provoqué 76 triangulaires. Les candidats du FN doivent cependant affronter cette année la concurrence du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. Ce qui pourrait les empêcher d'atteindre la barre des 12,5 % d'électeurs inscrits qui permet de se qualifier au second tour. Dans la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône, Bruno Mégret caresse d'ailleurs l'espoir de se faire élire.
Le grand nombre de candidats — jusqu'à une vingtaine dans certaines circonscriptions! — et un fort taux d'abstention pourraient néanmoins réserver des surprises.
«Il n'est pas impossible que l'extrême droite réussisse à approcher le score de Le Pen à la présidentielle», a déclaré le politologue Roland Cayrol. Cela «pourrait troubler le jeu des forces de la droite classique au second tour».
Le Pôle républicain, de l'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, et le Parti communiste, de Robert Hue, jouent leur avenir. Le premier, faute d'accord électoral avec les socialistes, pourrait pratiquement disparaître de la carte. Le second pourrait continuer sa lente descente aux enfers, qui s'est accélérée lors des présidentielles. Même le candidat vert Yves Cochet reconnaît qu'«il sera très difficile pour les verts d'avoir un groupe» à l'Assemblée nationale, c'est-à-dire au moins vingt députés.
À la veille du scrutin, la gauche a reçu un appui inattendu. Raymond Barre a déclaré cette semaine que «le gouvernement Raffarin ne fait pas grand-chose, à part de la communication». Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui a participé à plusieurs opérations policières très médiatisées, n'a pas non plus été épargné. Selon l'ancien premier ministre, «il fait de l'écume».
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