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Le téléphone mobile est en plein boum au Congo-Kinshasa

Boum du téléphone mobile à Kinshasa depuis deux ans. Dans le no man's land commercial que constitue la capitale de la RDC, où ne surnagent guère que les ventes de bière, l'industrie du cellulaire connaît une explosion qui s'explique par le délabrement du système téléphonique traditionnel.

Vodacom (sud-africain), Oasis (belge) et Celtel (américain), entre autres, se livrent une concurrence féroce dans un marché pourtant anémique — le taux de chômage atteint 80 % dans la capitale. Le nouveau venu Vodacom a mis son réseau en marche au début mai et compte déjà 40 000 abonnés. Dans un pays où le revenu familial moyen ne dépasse pas 100 $US par mois, l'entreprise fait une percée avec une offre promotionnelle de «42 minutes pour 5 $».


Vodacom, qui est également présent au Lesotho et en Tanzanie, contrôle 60 % du marché en Afrique du Sud où, en huit ans, elle a gagné 6,5 millions d'abonnés.





Pas d'interconnections


Le hic, c'est que les réseaux des différents fournisseurs de service ne sont pas automatiquement interconnectés. Un abonné de Celtel ne peut pas nécessairement entrer en contact avec un abonné d'Oasis. La coûteuse solution consiste donc à devoir s'abonner à plus d'une entreprise à la fois.


La macabre ironie, c'est encore que cette industrie, selon certaines informations, contribuerait indirectement au financement de la guerre qui dure depuis quatre ans en République démocratique du Congo. Selon une enquête rendue publique en janvier par l'IPIS (International Peace Information Service), des sociétés européennes (belge, suisse, néerlandaise, allemande... ) nourrissent la guerre par l'entremise du commerce du coltan, un minerai présent en grande quantité dans le sous-sol congolais. Le coltan contient du tantale, un métal rare qui entre dans la fabrication, notamment, de téléphones mobiles et d'ordinateurs.


L'IPIS a enquêté sur les activités commerciales dans l'est du Congo-Kinshasa, sous occupation rwandaise, ainsi qu'au Rwanda, d'une série de sociétés épinglées dans un rapport des Nations unies, récemment publié, sur l'exploitation illégale des ressources naturelles en RDC. «Certaines des sociétés ont joué un rôle important dans la perpétuation de la guerre en collaborant directement avec les rebelles congolais ou leurs alliés rwandais. D'autres ont contribué indirectement au financement de la guerre en s'acquittant de taxes exigées par les acteurs armés», soutient Jeroen Cuvelier, de l'IPIS.
 
 
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