Attentat sanglant en Irak - Fin de règne
À moins de trois mois des élections générales en Irak, un attentat particulièrement meurtrier a été commis en plein coeur de Bagdad. Un fait sanglant qui en annonce d'autres, le sectarisme religieux ainsi que les concurrences ethniques dominant encore et toujours la scène politique. Déclinons.
Qu'il soit chiite ou sunnite, perse ou arabe, qu'il soit kurde ou patriote irakien, le simple citoyen se doutait que, les législatives étant à l'horizon du court terme, un individu ceinturé d'explosifs se ferait sauter. Cette appréhension est devenue réalité avant-hier. Mais voilà, l'ampleur de l'acte commis — plus de 150 morts, plus de 500 blessés — met en relief la ferme volonté de certains d'entacher durablement ce processus démocratique qu'est une campagne électorale.
Certains? Le fait que l'une des camionnettes remplies de dynamite venait de Fallouja, place-forte des sunnites, et le fait qu'il s'agit d'un attentat suicide et non d'un simple attentat, si tant est que l'on puisse qualifier de simple un attentat, permet d'avancer que la filiale d'al-Qaïda en Mésopotamie est peut-être impliquée. Le problème, c'est que le premier ministre, Nouri al-Maliki, un chiite, étant le sujet d'hostilités aussi féroces que diverses, personne ne peut aujourd'hui affirmer que les sunnites sont responsables de ce bain de sang, et seulement eux.
Au sein de son propre camp, ce ne sont pas les rivaux qui manquent. À commencer par ceux qui sont rattachés au Conseil suprême islamique irakien (CSII) et qui lui reprochent une trop grande proximité avec les Américains depuis sa victoire-surprise en 2006. On l'avait choisi pour chef de gouvernement parce qu'on le croyait manipulable. Il s'est avéré rapidement coriace. À un point tel que le CSII partageant des vues ou des ambitions politiques analogues à celles des religieux iraniens, il n'a pas atteint son objectif. Lequel? Se rapprocher à la vitesse grand V de Téhéran.
Au nord du pays, soit le royaume des Kurdes, la colère que suscite al-Maliki est d'autant plus vive qu'ils n'ont pas obtenu ce dont ils rêvent depuis que le premier GI a posé le pied sur le territoire irakien. Soit la reconnaissance que la ville de Kirkouk, et ses imposantes réserves d'hydrocarbures, est sous le contrôle des Kurdes. En 2006, ce sont ces derniers qui ont brandi leur veto pour écarter Ibrahim Jaafari, alors chef du gouvernement, parce qu'il n'avait pas cédé un pouce sur ce dossier.
Du côté des sunnites, la rage à l'endroit d'al-Maliki est plus aiguisée qu'au sein des autres composantes sociopolitiques parce qu'en plus d'avoir noyauté les services de sécurité de chiites, donc d'en être le maître quasi absolu, il n'est pas parvenu à faire passer la loi balisant l'exploitation du pétrole et la répartition de la rente que cela suppose. Les sunnites habitant les zones les moins riches en terres agricoles, et surtout en or noir, ils redoutent donc d'être les victimes du renversement de Saddam Hussein pour l'éternité.
En dehors des partis et des courants politiques, donc au sein de la population, on fait grief à al-Maliki d'avoir fait le service minimum sur le front économique. Il est vrai qu'au terme de son mandat, le niveau de vie moyen est deux fois moins élevé qu'il ne l'était lorsque Hussein était en place. Le taux de chômage dépasse les 20 %; chez les jeunes, il est au-delà de 30 %. Quoi d'autre? La corruption est endémique, le système de santé va à vau-l'eau, l'éducation aussi, etc. Bref, s'il est probable qu'al-Maliki finisse en tête des prochaines élections législatives, il serait très étonnant qu'il parvienne à former un gouvernement. En fait, à l'instar de ce qui a été constaté en 2006, il faut s'attendre à des mois d'instabilité.
Qu'il soit chiite ou sunnite, perse ou arabe, qu'il soit kurde ou patriote irakien, le simple citoyen se doutait que, les législatives étant à l'horizon du court terme, un individu ceinturé d'explosifs se ferait sauter. Cette appréhension est devenue réalité avant-hier. Mais voilà, l'ampleur de l'acte commis — plus de 150 morts, plus de 500 blessés — met en relief la ferme volonté de certains d'entacher durablement ce processus démocratique qu'est une campagne électorale.
Certains? Le fait que l'une des camionnettes remplies de dynamite venait de Fallouja, place-forte des sunnites, et le fait qu'il s'agit d'un attentat suicide et non d'un simple attentat, si tant est que l'on puisse qualifier de simple un attentat, permet d'avancer que la filiale d'al-Qaïda en Mésopotamie est peut-être impliquée. Le problème, c'est que le premier ministre, Nouri al-Maliki, un chiite, étant le sujet d'hostilités aussi féroces que diverses, personne ne peut aujourd'hui affirmer que les sunnites sont responsables de ce bain de sang, et seulement eux.
Au sein de son propre camp, ce ne sont pas les rivaux qui manquent. À commencer par ceux qui sont rattachés au Conseil suprême islamique irakien (CSII) et qui lui reprochent une trop grande proximité avec les Américains depuis sa victoire-surprise en 2006. On l'avait choisi pour chef de gouvernement parce qu'on le croyait manipulable. Il s'est avéré rapidement coriace. À un point tel que le CSII partageant des vues ou des ambitions politiques analogues à celles des religieux iraniens, il n'a pas atteint son objectif. Lequel? Se rapprocher à la vitesse grand V de Téhéran.
Au nord du pays, soit le royaume des Kurdes, la colère que suscite al-Maliki est d'autant plus vive qu'ils n'ont pas obtenu ce dont ils rêvent depuis que le premier GI a posé le pied sur le territoire irakien. Soit la reconnaissance que la ville de Kirkouk, et ses imposantes réserves d'hydrocarbures, est sous le contrôle des Kurdes. En 2006, ce sont ces derniers qui ont brandi leur veto pour écarter Ibrahim Jaafari, alors chef du gouvernement, parce qu'il n'avait pas cédé un pouce sur ce dossier.
Du côté des sunnites, la rage à l'endroit d'al-Maliki est plus aiguisée qu'au sein des autres composantes sociopolitiques parce qu'en plus d'avoir noyauté les services de sécurité de chiites, donc d'en être le maître quasi absolu, il n'est pas parvenu à faire passer la loi balisant l'exploitation du pétrole et la répartition de la rente que cela suppose. Les sunnites habitant les zones les moins riches en terres agricoles, et surtout en or noir, ils redoutent donc d'être les victimes du renversement de Saddam Hussein pour l'éternité.
En dehors des partis et des courants politiques, donc au sein de la population, on fait grief à al-Maliki d'avoir fait le service minimum sur le front économique. Il est vrai qu'au terme de son mandat, le niveau de vie moyen est deux fois moins élevé qu'il ne l'était lorsque Hussein était en place. Le taux de chômage dépasse les 20 %; chez les jeunes, il est au-delà de 30 %. Quoi d'autre? La corruption est endémique, le système de santé va à vau-l'eau, l'éducation aussi, etc. Bref, s'il est probable qu'al-Maliki finisse en tête des prochaines élections législatives, il serait très étonnant qu'il parvienne à former un gouvernement. En fait, à l'instar de ce qui a été constaté en 2006, il faut s'attendre à des mois d'instabilité.
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