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Élections en Tunisie - Ben Ali est réélu à une écrasante majorité

Tunis — Le président tunisien sortant Zine El Abidine ben Ali, 73 ans, a été réélu avec environ 90% des voix pour un cinquième mandat consécutif de cinq ans, selon un calcul préliminaire basé sur les chiffres affichés ce lundi à l'aube au ministère de l'Intérieur.  Le résultat porte sur 21 des 26 circonscriptions électorales. Le taux de participation dépassait officiellement 84 %.

Il n'est pas exclu, sinon probable, que pour la première fois, le résultat final descende sous la barre des 90%. Lors des quatre précédentes consultations électorales, le président avait obtenu plus de 99% des voix à trois reprises, et plus de 94% en 2004.

Ahmed Brahim, 63 ans, principal rival de M. Ben Ali, avait espéré que le taux de participation élevé ne serait pas «un indice des scores astronomiques habituels». Ce candidat du Parti Ettajdid se considère comme le seul «vrai concurrent» de M. Ben Ali, aux côtés d'Ahmed Inoubli, 51 ans, de l'Union démocratique unioniste et de Mohamed Bouchiha, 61 ans du Parti de l'Unité populaire.

Quelque 5,2 millions de Tunisiens de plus de 18 ans étaient inscrits dans les 26 circonscriptions électorales du pays de 10,3 millions d'habitants.

«Je vote Ben Ali par habitude, je ne connais que lui», explique Abdelkrim, chauffeur de taxi, venu voter dans le faubourg populaire Al-Intilaka, à l'ouest de Tunis.

Après 22 ans au pouvoir, le président Ben Ali brigue un cinquième quinquennat en mettant en avant la stabilité et le développement du pays, en dépit de la crise économique et de la hausse du chômage.

Il a voté dans la matinée à Carthage, près du palais présidentiel, avec son épouse, Leila, très présente durant sa campagne électorale.

Saida Benhabyles, observatrice algérienne s'est dit «impressionnée» par l'affluence des femmes. «Pas seulement des instruites, mais surtout des rurales analphabètes».

«J'ai voté Ben Ali, l'état des libertés n'est pas reluisant mais on paie les frais de la stabilité», affirme Kmar, professeur de français, 53 ans.

Mounir, un doctorant de 27 ans, a voté Ahmed Brahim «par principe». «Il ne va pas gagner, mais je salue son courage», a-t-il ajouté.

M. Ben Ali avait succédé en 1987 au premier président de la Tunisie indépendante, Habib Bourguiba, qu'il avait destitué pour «sénilité».

En 2004, il avait été reconduit par 94,48% des suffrages avec un taux de participation de 91,52% et son parti avait obtenu une majorité écrasante à la Chambre des députés, des scores contestés par ses adversaires.

Le résultat des scrutins ne faisait aucun doute aux yeux des observateurs et les trois rivaux de Ben Ali se sont lancés, «sans illusions», dans la course à la 3e élection présidentielle pluraliste.

Le parti présidentiel, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), devrait conserver la majorité des 214 sièges à pourvoir dans la Chambre des députés.

La campagne électorale a illustré le fossé existant entre la logistique modeste de l'opposition et la machine de guerre électorale du RCD, fort de 2,7 millions d'adhérents et profondément ancré dans le pays.

Les opposants espèrent surtout une présence renforcée au Parlement, la présidentielle ne constituant pas d'enjeu à leurs yeux.

Les plus radicaux des opposants, Mustapha Ben Jaafar et Ahmed Nejib Chebbi, se sont retrouvés hors course présidentielle et le dernier a dénoncé «une mascarade».

La veille du vote, M. Ben Ali a fustigé «une minorité infime de Tunisiens» qui se livreraient à «une campagne désespérée» pour mettre en doute l'honnêteté du scrutin, surveillé par un «Observatoire national».
 
 
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