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    Toujours plus de murs dans un monde sans frontières

    26 octobre 2009 |Élisabeth Vallet | Actualités internationales
    L'érection des murs marque une pause après la guerre froide, mais le phénomène revient en force après le 11 septembre 2001
    Photo: Eric Mottet, UQAM, Département géographie L'érection des murs marque une pause après la guerre froide, mais le phénomène revient en force après le 11 septembre 2001
    Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin de la guerre froide, 21 murs ont été construits entre des États. Outre le mur de Berlin, qui a incarné l'époque à lui seul, se trouvent parmi eux un mur en Bavière entre la Tchécoslovaquie et l'Allemagne, un autre au Panama autour de l'enclave américaine, mais également un autre en Algérie (avec les lignes Morice, Challe et Pédron) et un autre entre les deux Vietnams — ils ont été démantelés.

    Par contre, un certain nom-bre d'entre eux — onze — ont survécu à la chute du mur de Berlin et à la fin de la guerre froide, comme ceux qui s'élevaient entre l'Afrique du Sud, le Mozambique et le Zimbabwe, entre la Syrie et la Turquie, entre la Chine et Hong Kong-Macao, dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, le long de la ligne de partage de l'île de Chypre, à Cuba pour border la base de Guantánamo, à Gibraltar, ou encore le fameux Berm qui dessine une longue cicatrice dans le sable du Sahara occidental.

    Dans l'euphorie de l'après-guerre froide, avec l'avènement d'un monde sans frontières et la mondialisation des échanges, seuls six murs se sont ajoutés entre 1991 et 2001: entre le Koweït et l'Irak, entre les États-Unis et le Mexique, autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc, ainsi qu'à la frontières entre l'Ouzbékistan et le Kirghizistan. Les motivations sont alors multiples: stabilisation régionale, contrôle des frontières, maîtrise des flux migratoires ou encore difficultés liées à l'établissement d'États-nations en Asie centrale.

    Septembre 2001

    Tandis que l'enthousiasme apparue à la fin des années 1980 s'érode au fil de la décennie qui suit, les événements de 2001 marquent une césure. Le virage sécuritaire qui en découle entraîne dans son sillage la construction (ou la relance) de 24 murs en Asie centrale, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Afrique subsaharienne.

    Ainsi, si tous les projets en cours devaient aboutir, ce sont près de 26 000 kilomètres de barrières qui définiraient désormais des limites entre États, soit l'équivalent d'un aller-retour entre Montréal et l'Australie.

    La mondialisation a donc atteint ses limites, le discours d'un monde sans frontière demeurant limité à quelques ensembles économiques comme l'Union européenne et, dans une moindre mesure, l'ALENA (qui n'a pas l'équivalent d'un espace Schengen).

    Si quelques murs ont des visées antiterroristes, la plupart ont une fonction antimigratoire: il ne s'agit plus d'empêcher de sortir (mur de Berlin) ou de prévenir les invasions (mur d'Hadrien, Grande Muraille de Chine), mais bien d'empêcher l'entrée de migrants jugés indésirables. Les nouveaux murs incarnent le paradoxe de la mondialisation: dans un monde aux contours plus flous, les fortifications sécurisent les populations et permettent aux gouvernements qui les érigent de montrer de manière tangible qu'ils sont proactifs.












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