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    Des murs et des villes

    26 octobre 2009 |Élisabeth Vallet | Actualités internationales
    Il existe au coeur des villes, depuis longtemps, des murs qui sont autant de frontières entre les hommes. Certains sont venus arrêter des lignes de front au coeur de conflits scarifiant l'intérieur même des États. Ainsi en va-t-il des murs édifiés par l'armée britannique en 1969 au coeur de Belfast — les fameuses Peace Lines.

    Dans le même esprit, la ville de Nicosie est partagée par un mur — symbole de la division de Chypre — désormais ouvert en partie et depuis 2007, notamment rue Ledra. Cette logique prévaut à Tashqourghan, en Afghanistan, et à Falloudjah et Tal Afar, en Irak. De même, à Bagdad, la construction de murs était destinée à mettre un terme à la violence sectaire entre chiites et sunnites, et, bien qu'il ait été envisagé de démanteler les murs bagdadis en 2009, les autorités y ont renoncé devant la recrudescence des attentats.

    Certains murs ont, non sans rappeler certains de leurs pendants interétatiques, pour seule vocation de séparer des castes, de dissocier l'élite des quartiers plus pauvres, stigmatisés pour leurs trafics ou leur violence.

    Des murs célèbres — comme celui construit à Padoue en 2006 autour du quartier de Via Anelli, pour isoler des immigrants d'origine subsaharienne, et celui qu'avait érigé la municipalité d'Usti Nad Labem en 1999, en République tchèque, pour séparer les Roms du reste de la ville — ont été détruits. Mais d'autres subsistent, comme le long de la cité de la Fouilleuse à Rueil-Malmaison, en banlieue de Paris, et comme celui séparant les bidonvilles de San Fernando et les riches résidences de San Isidro, à Buenos Aires.

    Certains murs vont plus loin et enferment les nantis derrière des parois protectrices. Ces collectivités fermées, dont l'origine remonte au XIXe siècle (par exemple la Villa Montmorency, une enclave réservée aux riches dans le 16e arrondissement de Paris depuis 1853), prennent leur essor à compter des années 1960 aux États-Unis, puis des années 1970 en Amérique latine, avec les barrios cerrados.

    Ces fameuses gated communities ont également redéfini le paysage urbain de l'Afrique du Sud après la fin de l'apartheid.

    Sur tous les continents, les murs de séparation jalonnent les villes... Mais ce sont pour certaines de vieilles traditions, indépendantes de la vie moderne, comme à Riyad, «ville des murs», où traditions urbaines et religieuses ont fini par exclure l'espace public de l'oasis saoudienne.












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