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L'impasse après huit ans d'intervention

Obama tranchera bientôt sur la question des renforts

Photo : Agence France-Presse
Sauf peut-être pour les talibans, il n'y avait pas grand-chose à célébrer hier, jour du huitième anniversaire de l'intervention occidentale en Afghanistan, où l'on attend toujours les résultats d'une élection présidentielle entachée de fraudes.

Aux États-Unis, un débat fait rage entre partisans et adversaires de l'envoi de renforts dans ce pays où les GI constituent déjà, et de loin, le principal contingent étranger: la question divise les responsables politiques, tandis que la majorité de la population s'oppose à une escalade militaire.

Il faut dire que les soldats américains y meurent en plus grand nombre que jamais (239 depuis janvier), aux mains de talibans qui reprennent du terrain, même dans des régions où on ne les avait pas vus depuis des années, et qui viennent encore de promettre qu'ils repousseront les troupes étrangères hors du pays tant qu'il s'en trouvera.

Le président Barack Obama a réuni hier à la Maison-Blanche ses principaux conseillers en matière de sécurité nationale pour discuter de la demande de renforts présentée récemment par son commandant en Afghanistan, le général Stanley McChrystal. Dans sa requête, dont les détails n'ont pas été rendus publics, ce dernier souhaite qu'on envoie dans ce théâtre au moins 10 000 soldats de plus que les 68 000 qui s'y trouvent déjà, jusqu'à 40 000 de plus selon certains scénarios.

Environ 37 000 militaires venant d'autres pays, dont du Canada, sont également engagés dans des opérations de combat ou de maintien de la paix en Afghanistan.

Le président américain semble hésiter à prendre une décision, conscient de l'opposition de plusieurs élus démocrates et des réticences de certains membres de son propre cabinet, dont le vice-président Joe Biden, à l'envoi de renforts militaires.

On a même prêté à M. Biden l'intention de réduire le nombre de soldats en Afghanistan et de recentrer la guerre sur le réseau al-Qaïda plutôt que sur les talibans afghans, en se servant de drones et en recourant à des opérations de commando le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

MM. Obama et Biden se seraient cependant inscrits en faux contre cette interprétation lorsqu'ils ont rencontré un groupe de parlementaires mardi.

Le président doit encore réunir demain les mêmes collaborateurs: Joe Biden, le secrétaire à la Défense Robert Gates, la secrétaire d'État Hillary Clinton, le conseiller à la sécurité nationale James Jones et les principaux responsables militaires et du renseignement.

Outre la question des effectifs, cette équipe doit trancher sur plusieurs autres propositions de nature stratégique que le général McChrystal avait formulées il y a déjà plusieurs semaines.

Les sondages aux États-Unis font état d'une opposition grandissante à la guerre en Afghanistan. Selon une enquête réalisée par l'Université Quinnipiac, dans le Connecticut, et publiée hier, 32 % des Américains pensent que les États-Unis risquent de s'embourber dans « un nouveau Vietnam ».

La majorité des personnes sondées (65 %) approuvent la présence militaire en Afghanistan, mais seulement 28 % d'entre elles sont d'accord pour que celle-ci soit accrue.

« Les Américains sont profondément divisés sur la guerre en Afghanistan. Les deux tiers des sondés lient le conflit aux attentats du 11-Septembre et jugent les efforts actuels utiles pour éviter que de tels événements se répètent, a expliqué Peter Brown, directeur adjoint de l'Institut de sondage de l'Université Quinnipiac. Mais ils sont hostiles à un engagement militaire prolongé et il y a une nervosité évidente concernant les requêtes des militaires sur l'envoi de renforts en Afghanistan. »

Plus de 860 militaires américains sont morts en Afghanistan depuis le début de l'intervention en octobre 2001, selon le site Icasualties.org. Cette guerre a aussi coûté la vie à 131 militaires canadiens.

Les talibans, que l'intervention occidentale a chassés du pouvoir, se sont vantés hier, sur un site Internet, d'avoir pris le contrôle d'un district de la province du Nouristan, où les soldats américains ont essuyé de lourdes pertes ces derniers jours.

« Nous ne voulons faire de mal à aucun pays étranger [...]. Notre but est d'assurer l'indépendance de notre pays et d'y constituer un État islamique », affirment les talibans dans un communiqué distinct, dans lequel ils promettent aux États-Unis et à l'OTAN une « longue guerre ».

Les autorités afghanes tardent à publier les résultats définitifs de l'élection présidentielle du 20 août en raison des nombreuses accusations de fraude qui ont été déposées.

Un document confidentiel de l'Organisation des Nations unies révélé hier par le quotidien Washington Post fait justement état de fraudes massives. La plupart des irrégularités auraient profité au président sortant, Hamid Karzaï, en tête du premier tour de scrutin avec 54,6 % des voix selon les résultats préliminaires. Ainsi, dans certaines provinces où M. Karzaï a eu l'avantage, on aurait enregistré jusqu'à 100 000 suffrages de plus que le nombre de personnes ayant effectivement voté. Le phénomène inverse se serait produit dans des régions où son principal adversaire, Abdullah Abdullah, partait favori.

Selon le numéro deux de la mission de l'ONU à Kaboul, qui a été démis de ses fonctions la semaine dernière, jusqu'à 30 % des bulletins favorables au président sortant seraient frauduleux.

Si ces accusations se confirment, les Afghans devront retourner voter lors d'un second tour. Un exercice qui pourrait devoir attendre au printemps, étant donné la rigueur de l'hiver dans certaines régions.

***

Avec l'Agence France-Presse
 
 
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    8 octobre 2009 07 h 30
    La guerre, surtout celle contre le terrorisme, quelle merveille !
    «Il n'y avait pas grand-chose à célébrer hier, jour du huitième anniversaire de l'intervention occidentale en Afghanistan, où l'on attend toujours les résultats d'une élection présidentielle entachée de fraudes.»

    «Entachée de fraudes»

    C'est tout de même intéressant de constater avec quelle réserve on parle des fraudes de l'élection afghane.
    Un méchant contraste avec l'Iran.
    Dire que l'on criait au loup contre les résultats pourtant tout à fait possibles en Iran et pour l'Afghanistan tout ce que l'on dit c'est que l'on doute, comme le disait cette nouvelle sur le site de Radio Canada hier:
    Présidentielle afghane: «Des chiffres qui alimentent le doute» [1]

    Il y a eu moins de doute pour l'Iran, n'est-ce pas?
    Nos médias sont étranges!
    Fraude fraude fraude disait-on pour l'Iran!

    En Afghanistan, on étudie patiemment. On se questionne sérieusement (sic).
    Et on doute, on doute...
    Est-ce possible que ce pays où l'on a implanté la démocratie en labourant le pays avec des bombardiers puisse avoir un résultat de scrutin frauduleux ?
    On doute...
    Et voilà des chiffres qui alimentent le doute...
    Mais on persiste à douter.
    On n'a pas trop trop douté pour l'Iran, d'ailleurs, on n'a jamais, absolument jamais douté.
    Il y a des choses comme ça où l'on dit que le doute n'a pas sa place et ceux qui doutent sont soit des «conspirationnistes» ou soit des «antiaméricains» «primaires» s'il vous plaît !
    Bon, passons!

    Concernant la guerre d'occupation de l'Afghanistan, on devrait plutôt dire:
    Aux États-Unis, un débat fait rage entre profiteurs et victimes de l'envoi de renforts dans ce pays. Je crois que le principal enjeu n'est pas clairement identifié. C'est l'enjeu économique.
    On n'a qu'à voir les énormes montants qui servent à la guerre, il est évident que quelqu'un en profite, et ce, largement. Les pertes humaines par rapport aux profits engendrés ont bien peu de poids dans la balance de la décision de continuer ou d'arrêter.

    On se fout pas mal, comme ici, des GI qui peuvent mourir dans cette stupide guerre et on se fout dix fois plus des Afghans que l'on tue.
    Et ne venez pas me faire pleurer avec vos femmes à sauver et le pauvre peuple afghan qui est dans la merde. Ça fait HUIT ans que l'on observe qui met dans la merde la population afghane. HUIT ans et les cages ambulantes (burka) sont toujours plein les rues. HUIT ans et les égouts sont à ciel ouvert et l'eau courante et l'électricité ne sont fonctionnelles que pour certains quartiers huppés très petits.

    La farce a vraiment assez duré.

    Obama peut bien décider ce qu'il veut, notre gouvernement devrait tenir compte de l'opinion tranchée et claire de ses citoyens et retirer ses troupes avant d'atteindre ne seuil psychologique des 200 morts. Un seul mort était de trop et on approche les 150. De la démence.
    Et le terrorisme dans tout ça...
    Tiens je vous invite à lire un texte pour peut-être y réfléchir.
    « Cauchemar »
    http://www.vigile.net/Cauchemar,21008

    Il est grand temps que les responsables politiques s'humanisent et soient à l'écoute de la majorité de la population qui s'oppose à une escalade militaire.

    239 GI morts au combat depuis janvier seulement.
    Le 4 octobre 2009 on comptait 1,381 braves soldats de l'axe du bien (la coalition) morts au combat en Afghanistan

    Casualties in Afghanistan:
    Afghan troops killed 11,152
    Afghan civilians killed 7,589
    U.S. troops killed [5] 746
    Other coalition troops killed 551
    Contractors killed 75
    Journalists killed 6
    Total tués en Afghanistan 20,119

    Extrait de http://www.unknownnews.net/casualties.html

    On rapporte qu'au moins 754,000 personnes ont été tuées en Irak et en Afghanistan depuis l'invasion du Moyen-Orient par les troupes occidentales. (chiffre compilé le 11 septembre 2009, donc nous devons ajouter quelques dizaines de tués supplémentaires)
    C'est plus de 200 fois le nombre de personnes victimes des attaques du 11 septembre 2001.
    Et si on compare aux attaques terroristes dans le monde entier de 1995 à 2003, c'est 108 fois le nombre total de victimes du terrorisme.

    Qu'est-ce qui est le plus meurtrier, le terrorisme ou la guerre ?

    Peut-être devrait-on lutter plus humainement contre le terrorisme.
    Lutter contre le terrorisme en se faisant des amis au lieu de se faire des ennemis et ainsi accroître le futur terrorisme.

    Mais, se faire des amis, c'est respecter les gens et c'est aussi partager. Partager...
    Veut-on partager? Partager le pétrole par exemple ?

    Et la guerre, n'est-ce pas beaucoup plus payant que l'aide ?


    Les Talibans.

    Si j'étais Afghan, je serais Taliban. Si j'avais été Français lors de l'occupation allemande, j'aurais fait parti de la résistance. Si jamais un occupant venait nous diriger, je poserais des bombes artisanales, de Wal-Mart ou des réglementaires que j'aurais volés à l'occupant.
    Je comprends les Talibans qui promettent de repousser les troupes étrangères hors du pays tant qu'il s'en trouvera. Je ferais la même chose à leur place et je crois que nous ferions tous la même chose à leur place.
    Jamais nous n'accepterions que des étrangers viennent nous occuper et s'accaparent le pays.

    On doit parler des opérations de combat ou de maintien de la « GUERRE » en Afghanistan. Il n'y a rien de paisible au Moyen-Orient. Les troupes occidentales y font du terrorisme quotidien.

    Biden, Gates, Clinton, Jones, on a beau décrire certain comme moins belliqueux, je crois que ce sont tous des faucons. Et Obama... Obama...
    Comme disait Chávez à l'ONU après avoir reconnu que cette année il n'y avait pas d'odeur de soufre, il a dit: "y a-t-il deux Obama???"

    Les détails ne sont jamais rendus publics. Ces tiraillements de lobbys guerriers se font toujours sous la couverture du grand bien universel. Soit de la démocratie, des droits humains, du terrorisme, de... mettez-en ! Mais les vraies raisons et ce que l'on peut dire en regardant son portefeuille d'actions...

    Et les sondages qui disent ce que les États-Uniens pensent de l'occupation afghane... Imaginez si les médias faisaient le même boulot qu'ils faisaient au Vietnam!
    Imaginez les sondages.
    Près d'un million de morts au Moyen-Orient et nous n'avons pas vu un seul cadavre. Par contre, nous avons vu (et nous reverrons) le sang sortir de la bouche de Neda. Vous savez, Neda?
    Combien d'Afghanes ont eu du sang qui leur sortait par la bouche en agonisant?
    Jamais on ne nous en montrera une seule.
    D'ailleurs, une des premières décisions d'Obama fut de ne plus empêcher que les médias montrent les cercueils des GI morts au combat.
    Bush l'avait interdit. Jamais personne ne pouvait voir la boîte dans laquelle le brave soldat revenait.

    Non, la couverture médiatique a bien changé par rapport au Vietnam. Aujourd'hui nous avons je journalisme "embedded" qu'on pourrait traduire par "mis dans le même lit".

    Les médias forniquent avec les militaires, ça nous donne une information aseptisée, des bombes «chirurgicales» et d'autres «artisanales».

    Si on leur montrait comme on la montrait au Vietnam, les Américains ne seraient pas tellement divisés sur la guerre en Afghanistan. Mais lorsqu'on ne sent pas le cadavre et que l'on s'amuse comme si c'était un jeu vidéo, alors pourquoi pas aller tuer du barbare ?


    Serge Charbonneau
    Québec


    [1] http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International
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  • André Michaud - Inscrit
    8 octobre 2009 08 h 04
    Très difficile décision
    Les USA et l'OTAN peuvent-ils se retirer et laisser les talibans prendre par la violence le pays et relancer les camps d'Al Quaida ? On sait qu'ils refusaient de passer par le processus démocratique et qu'ils croient avoir une mission divine...des fanatiques sans aucun respect pour la vie humaine. Tout ce que les femmes ont gagné serait perdu en une semaine et la répression contre les femmes qui ont osé se lever serait terrible! Les école construites par l'OTAN et l'ONU seraient rasées..et retour à la dictature religieuse. Qui soutient vraiment cette alternative?

    Se laver les mains à la Ponce Pilate et laisser les afghans entre les mains des sanguinaires talibans est-ce une décision responsable et humanitaire? Quand Al Quaida réattaquera les USA ou un autre pays de l'OTAN, qui regrettera les avoir laissé s'organiser pour détruire les valeurs occidentales; démocratie, droirs individuels, égalité des sexes...??? Qui sera blamé pour les avoir laissé s'organiser?

    On sait que les pays pauvres sont tous empêtrés dans la corruption à grande échelle, et encore divisés sur des bases ethniques et de clans..la presse est muselée ou corrompue... On peut se demander si on peut faire quelque chose pour éliminer les réseaux de corruption au sein de la bureaucratie de ce pays ou des pays d'Afrique...la corruption et la division ethnique font partie de leurs cultures depuis si longtemps... Il leur faudrait d'abord unifier leurs pays , aller au-delà des tribus et des ethnies, et avoir une constitution basée sur les droits individuels..pas évident quand on a été élevé dans la haine des autres qui ne parlent pas la même langue ou n'ont pas les mêmes superstitions religieuses..

    Il n'y a pas de solution simpliste dans ce conflit qui a débuté quand Al Quaida appuyé par les talibans a attaqué un pays de l'OTAN et ainsi déclaré la guerre à l'occident.Si les talibans avaient coopéré pour éliminer les camps de Al Quaida au lieu de les supporter, nous ne serions pas en Afhghanistan.
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    8 octobre 2009 09 h 56
    Jamais avec la soldatesque américaine
    Il fallait voir Louise Arbour, cette femme admirable d'intelligence, déblayer l'autre soir, en entrevue télé, le cul-de-sac américano-otanesque dans une envolée qui ne semblait pas avoir épuisé ses ressources intellectuelle, pour mesurer l'incompétence de nos défenseurs en Afghanistan et ailleurs.

    Éliminons les talibans, comme les mouches noires dans la forêt boréale, avec des tue-mouches. Madame Arbour constate une chose que l'on sait même à distance, c'est-à-dire que l'Afghanistan n'a pas d'institutions. La vraie solution n'est pas magique et surtout pas militaire. Aidez ces gens à se donner des institutions, des juges, des structures, des lois justes, des réseaux d'information, entre autres et les talibans seront de plus en plus marginalisés par la population elle-même. Nous n'aurons plus alors qu'à les appuyer dans leur lutte pour la liberté.


    ....
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  • Normand Chaput - Abonné
    8 octobre 2009 13 h 42
    le tourisme, je vous dis
    si on investissait autant en tourisme qu'en armée dans ce pays, le problème serait réglé. Tout le monde tout nu pis on boit du coke.
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  • Zach Gebello - Inscrit
    8 octobre 2009 14 h 45
    L'industrie militaire
    Elle est l'auteur du 11 septemble et de ces guerres.

    L'apothéose du crime organisé.

    La drogue les armes le pétrole.
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  • Roland Berger - Abonné
    8 octobre 2009 20 h 52
    La faute des Américains ?
    Ce n'est pas la faute des Américains. Ce sont ces barbares qui refusent de comprendre que les États-Unis ne veulent que leur bien en leur imposant par les armes des formes de gouvernement démocratiques qu'ils s'amusent à contourner. Les Américains ne comprennent pas que les autres ne puissent pas comprendre comme eux.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario
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