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De l'Afghanistan à l'Iran

Une prédiction pour commencer. En cet automne 2009 et au début de l'année 2010, l'Iran et son « danger » nucléaire vont progressivement supplanter la guerre en Afghanistan comme objet de rhétorique et obsession discursive de dirigeants occidentaux en quête d'un Ennemi public bien identifié. Au revoir les talibans, bonjour les ayatollahs!
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  • Brun Bernard - Inscrit
    28 septembre 2009 07 h 38
    Bien vu....
    ...et bien résumé. Le danger reste à être écarter et comment cela se fera, nous y verrons plus clair bientôt. Il y a quelques régimes qu'il faudrait bousculer fort car ce sont ds régimes va-t-en-guerre et de plus clownesque. Seul l'avenir nous le dira. Merci pour votre papier. Le Sarkozy sait très bien aboyer/japper, vous lavez fort bien remarqué.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    28 septembre 2009 07 h 59
    Merci Monsieur Brousseau
    Les prédictions sont toujours risquées.
    Monsieur Brousseau en fait pourtant une qui a bien du sens.
    Cette "prédiction " comporte une bonne partie de constat. Nul besoin d'être un observateur aguerri pour voir que l'on intensifie la pression sur l'Iran.

    Il est clair que d'obscurs faucons cherchent par tous les moyens à déclencher un autre conflit. La maladie impériale du grand bien est toujours bien active. Le grand bien veut encore en découdre avec le grand mal. On n'en sort pas.

    L'idée c'est de bien mettre dans la tête des gens que l'Iran est une menace effroyable et que son Président est un dangereux fou qui peut lancer des missiles partout (surtout bien évidemment sur ce petit pays sans défense (sic) qu'est Israël). L'idée c'est d'inculquer dans l'imaginaire collectif que l'Iran travaille sans relâche, avec une bande de gros méchants qui sourient avec la jouissance dans les yeux, à la création d'une bombe atomique pour faire jouir allah lorsqu'ils la lanceront sur le monde impie que nous sommes.

    Tiens, voici une autre prédiction (pourquoi pas?): Probablement que nous aurons bientôt un message de Ben Laden disant que l'Iran est la plus forte et que allah l'appuie le coeur réjouit. Et si Ben Laden le dit, c'est que c'est vrai. Le message sera certifié et largement diffusé par la très réputée agence de surveillance (!) SITE, sur tous les médias sérieux (sic) du monde. Ce message, évidemment plus que sérieux, aura pour effet de cimenter le sentiment qu'il faut agir au plus sacrant.

    Des analystes diront que la méchante Russie ne condamne pas trop ces dangereux fous de dieu qui nient l'Holocauste (dit-on et répète-t-on d'une façon inlassable) parce qu'elle lorgne son pétrole. Quel pays écoeurant, cette Russie; lorgner le pétrole des autres, non, mais!

    Je crois que Monsieur Brousseau a bien raison de dire qu'on risque de vivre dans les mois qui viennent un «Au revoir les talibans, bonjour les ayatollahs!»

    Peu à peu, on constate que cette formule décrit de plus en plus l'ambiance médiatique. Il y a sûrement quelques grands (sic) groupes qui voient encore une fois de fabuleux profits à l'horizon.

    Je trouve un peu déplacé de parler «d'élection volée du 12 juin à Téhéran». Rien n'est moins certain. Au contraire, tout indique que le résultat de l'élection était fortement prévisible et que celui-ci malgré quelques "anomalies" ne peut pas vraiment être remis en cause. On a moussé au maximum les manifestations, on a même fait des martyres. Comme cette jeune femme qui ne manifestait même pas, victime d'une balle perdue (par qui, nous ne le saurons jamais) et tournée pendant son agonie, on se souvient tous de la jouissance médiatique à diffuser son sang sortant de sa bouche et sa mort sous nos yeux. Un tournage spectaculaire fait par (?) un ami ???? qui aura servi grandement la cause.

    Il y a eu un million de morts au Moyen-Orient et jamais nous n'avons vu un seul cadavre, ni aucune mort en direct. Par contre en Iran, la mort on nous l'a fait voir et on nous la repasse. Nous n'avons pas fini de revoir Neda. L'a-t-on fait mourir délibérément pour servir "la cause"?

    Une fillette de huit ans est morte dans une maison près de l'ambassade brésilienne au Honduras, suite au "gazage" des 4000 partisans supportant le Président ÉLU, Manuel Zelaya. Personne n'en a entendu parler, ni d'aucune des victimes de cette dictature militaire qui terrifie le pays depuis le 28 juin dernier.

    Pour en revenir au terrifiant Iran, le rôle d'aboyeur en chef convient bien à Nicolas Sarkozy. Son aboiement va-t-il être modifié par le procès Clearstream? Selon ma très personnelle opinion, je le souhaite vraiment.

    Sarkozy va à coup sûr reprendre le même refrain qu'on entendait au début 2003 (contre l'Irak): «nous devons agir, et vite!»
    L'Histoire se répète comme si nous n'apprenions pas. Par chance, Monsieur Brousseau semble avoir retenu quelques leçons du passé pas si lointain des célèbres armes de destruction massive de Saddam.

    Aujourd'hui, nous vivons exactement le même scénario qu'il y a sept ans. On a remplacé les ADM de Saddam par le nucléaire d'Ahmadinejad. Mais exactement le même scénario se déroule. On accuse l'Iran de mauvaise foi, on l'accuse de ne pas coopérer, on l'accuse de toutes sortes de calamité et de folie et on tente de faire basculer l'opinion publique vers l'urgence d'attaquer, avec ou sans l'accord de l'ONU et de la communauté internationale.
    Mais, va-t-on pouvoir répéter le même scénario jusqu'à l'immonde tuerie?
    L'Iran est encore plus puissant que l'Irak, l'Iran est encore plus populeux que l'Irak et le monde se souvient et a vu et voit encore les massacres. Va-t-on lasser faire l'invasion de l'Iran comme on a laissé faire l'invasion de l'Irak?

    Le monde a évolué vers le multilatéralisme (la pluripolarité du grand démon de Chávez). Les Russes et la Chine avec l'Amérique latine et l'Afrique peuvent s'unir pour tenter de contrer cette folie impérialiste. Mais, même unis, font-ils le poids. Aucune force militaire au monde n'arrive à la cheville de celle de l'Empire.

    Quel foutu bordel et dire que Obama est arrivé au pouvoir en tendant la main!
    Devons-nous nous demander comme l'a fait plusieurs fois dans son discours à l'ONU le grand démon Chávez: «y a-t-il deux Obama?»

    Le discours d'Obama à l'ONU nous donne l'impression que celui-ci vient de prendre le moule classique de ces prédécesseurs. Un brin arrogant par ce manque de modestie et cette volonté de mener le monde comme les États-Unis le voient.

    Et l'Afghanistan... je suis bien d'accord avec notre chroniqueur. Attaque massive au résultat désastreux et vain ou retrait honteux de l'empire?
    La distinction entre l'OTAN et l'armée US devient de plus en plus farfelue. L'OTAN est un bataillon, un régiment de la grande armée de l'empire, tout simplement.
    Tout comme Ben Laden et ses précieux messages sont très utiles, la supposée filière al-Qaïda est, elle aussi, essentielle aux objectifs de croissance du complexe militaro-industriel.

    Il est bon de lire d'un chroniqueur spécialisé dans l'étude de la marche du monde ce dévoilement des magouilles visant à nous entraîner vers un autre conflit sanglant:
    « Les dirigeants occidentaux connaissaient l'existence de cette usine depuis un certain temps. Seulement, vendredi à Pittsburgh, la Maison-Blanche a décidé que le moment était venu d'utiliser ce «scoop» dans le cadre du grand réalignement diplomatique en cours. »

    De dire que Moussavi aurait pu tout changer dans la stratégie visant à nous amener par la main vers un nouveau conflit est une présomption bien discutable. Mais, ici nous sommes en pleine spéculation. Moussavi a évidemment beaucoup mieux servi la stratégie en n'étant pas élu. Et de présumer de son ouverture vers l'Occident au point de coucher l'Iran devant l'empire... c'est peut-être exagéré.

    Cependant pour le futur proche, je crois que Monsieur Brousseau voit juste:
    Les dirigeants iraniens comme les dirigeants irakiens vont montrer patte blanche, mais rien n'y fera et les faucons ne lâcheront pas leur harcèlement et leur provocation.
    On veut la guerre. Le monde laissera-t-il faire?
    En 2003, il y avait l'opposition de la "vieille Europe", on ne mangeait plus de "french fry" à New York (on mangeait des "freedom fry), aujourd'hui avec Sarkozy, l'unanimité des faucons sera encore plus intense. Heureusement, des groupes pluripolaires se dessinent et peuvent jouer le rôle de la vieille Europe de 2003. Vont-ils être plus fermes et ont-ils à leur disposition des armes de dissuasion pour éviter la guerre?

    Quelle tristesse que ce monde!
    Tous les discours dans leur intégralité (et avec traduction simultanée en français) qui viennent d'avoir lieu à l'ONU auraient dû être diffusés et mis en ligne par notre RDI. Il est important de savoir ce que les présidents du monde entier disent.
    Il est aussi important de briser les images de caricatures qu'on nous fait de certains présidents. Le discours intégral d'Ahmadinejad (ainsi que celui de l'an dernier) devrait être écouté par tous. Le monde en arriverait ainsi à une meilleure compréhension de l'Iran et de son Président et éviterait ainsi cet engouement pour une autre guerre.



    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Lapirog - Abonné
    28 septembre 2009 08 h 56
    La terrible tentation de bombarder l'iran et d'ignorer le comportement d'Israel.
    Deux poids ,deux mesures de l'ONU quand il s'agit de cette région du monde.Sarkozy joue le bonhomme sept-heures et les gros bras pour se faire valoir sur la scène internationale et ainsi prendre la relève des hommes de guerre de GW Bush.
    Pendant ce temps Israel défie comme c'est le cas depuis 50 ans toutes les résolutions de l'ONU en grugeant systématiquement les territoires Palestiniens et davamtage depuis que ses dirigeants se campent dans la droite extrème.Le moins qu'on puisse dire c'est que la situation est explosive.
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    28 septembre 2009 08 h 57
    Et ensuite?
    François Brousseau brosse un excellent tableau de la situation qui se dessine actuellement avec en toile de fond l'Irak, l'Afghanistan et maintenant au premier plan l'Iran. L'accent mis sur l'Afghanistan a permis de masquer la situation en Irak, qui est loin d'être brillante, et d'éviter de scruter son avenir lorsque les Irakiens seront livrés à eux-mêmes, ce qui ne saurait tarder.

    Malheureusement, la situation en Afghanistan est devenue catastrophique et les succès escomptés, qui auraient laissé définitivement dans l'Ombre l'Irak, ont fait place à des événements désastreux et à la perspective de devoir plier bagages, comme l'a fait l'armée soviétique après les armées britanniques. L'histoire de ce pays ne serait qu'un perpétuel recommencement?

    Il faut donc trouver un autre bouc émissaire pour jeter un écran de fumée sur l'Afghanistan et c'est l'Iran qui est tout désigné. Obama n'exclut plus maintenant l'option militaire. Il ferait mieux de laisser l'option militaire au vestiaire. Le monde n'a pas besoin d'une nouvelle guerre dans cette partie du globe, car il n'en sortira rien de bon. C'est évident.

    Ce qui est curieux, c'est cette obstination à vouloir que l'Iran respecte les résolutions des Nations Unies, alors que l'on n'exige pas d'Israël qu'il en fasse autant. Par ailleurs, pourquoi ne pas imposer aussi à Israël un contrôle de ses sites et de ses armes atomiques. Tout le monde sait qu'il en possède. Pour quelle raison? Pour éviter d'être attaqué? C'est sans doute l'objectif de l'Iran.

    On sait aussi que ce n'est pas le président qui dirige l'Iran, ce n'est qu'une marionnette dans la main du guide suprême. En fait, les rodomontades du président iranien sont à usage interne. L'Iran se garderait bien de lancer une bombe atomique, s'il en avait une, car il sait bien qu'en retour il serait vitrifié. Jusqu'à présent l'Iran n'a pas attaqué ses voisins, depuis 5 000 ans. Et il a résisté aux attaques de l'Irak, déclenchées par S. Hussein, avec le soutien matériel des États-Unis.

    Est-ce que les Obama, Brown et Sarkozy ne font pas eux aussi de grandes déclarations à usage interne? Sinon, qu'ils fassent les mêmes pour créer un État palestinien viable, dans des frontières reconnues par l'ONU. L'Iran n'aura alors plus de raison de vitupérer contre Israël et la paix pourra enfin revenir dans la région. Mais on entend un grand silence à ce sujet, qui est pourtant l'élment clé de la paix dans cette région du monde, au profit de tous les pays, d'Israël et de ses voisins. Les bombes nucléaires pourront alors rester dans leurs silos.
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  • André Loiseau - Abonné
    28 septembre 2009 08 h 58
    Ce serait absurde
    Le gouvernement iranien agit comme un petit chien qui aboit parce qu'il a peur. Comment pourrait-il envoyer un missile nucéaire sur Israël, lui qui prend à sa charge, comme le gouvernement passé irakien le faisait, le destin du courageux peuple de Palestine qui souffre déjà suffisamment dans le voisinage immédiat du pays des juifs. Ce serait d'une absurdité sans bornes.
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  • Arthur Cravan - Inscrit
    30 septembre 2009 20 h 19
    Le "secret"
    Au lieu de dire que "cette révélation n'en est pas vraiment une, puisque les dirigeants occidentaux connaissaient l'existence de cette usine depuis un certain temps", il aurait fallu mentionner que, dès le 21 septembre, l'AIEA avait été avisée par l'Iran de la nouvelle centrale en construction - faut-il le rappeler : en construction - et que le reste n'est que spéculation. S'il faut dire que l'Iran l'a déclarée parce que d'autres était secrètement au courant, ou si ce n'est qu'une question de paperasse et d'échéancier et de liberté d'interprétation par rapport aux règlements de l'AIEA, certains journalistes et chroniqueurs ont sauté assez rapidement aux conclusions. Pourtant, le contraire serait fort possible, et même beaucoup plus probable : la déclaration Obama/Brown/Sarkozy (25 septembre) a cherché à reformuler l'annonce de la part de l'Iran (21 septembre) comme si l'Iran avait été pris en flagrant délit de manque de transparence et de volonté de secret. Dites-moi ce qu'il y a de dangereusement secret dans une centrale qui n'a pas encore été construite et dont la construction a été révélée à l'AEIA près d'un an avant la fin des travaux? Dites-moi pourquoi la déclaration Obama/Brown/Sarkozy n'a pas été faite plus tôt?

    Pour le reste, on ne le répètera jamais assez, et le directeur de l'AEIA l'affirme toujours : "nous disposons d'aucune preuve concrète qu'il y aurait - ou même qu'il y aurait eu - un programme d'armement nucléaire en Iran" (17 septembre 2009).
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