vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Crises estivales

États-Unis, Honduras, Afghanistan... En cet été sans grand psychodrame international — du genre: guerre du Liban en 2006 ou guerre de Géorgie en 2008 — voici un rapide survol de trois crises de l'été 2009...

Obama face à la droite. Pièce maîtresse de son projet politique, la tentative de Barack Obama d'instaurer aux États-Unis une assurance-santé pour tous provoque une résistance féroce de la droite républicaine et des lobbies d'assurance-santé privés. Cette mobilisation agressive, qui ne recule pas devant l'intimidation physique, recourt aux arguments les plus grotesques: on assimile au «communisme» toute idée d'une simple participation de l'État à l'assurance-maladie pour suppléer aux manquements de la couverture privée, si criants aux États-Unis.

Aucun argument ne semble pouvoir stopper cette déferlante réactionnaire estivale: ni le fait que la médecine socialisée en France, en Allemagne ou au Canada est en fait meilleur marché que le système privé américain, ni le fait que les indicateurs sanitaires (obésité, espérance de vie, etc.) de ces pays font pâlir les États-Unis en comparaison, ni même le fait que les Américains ont déjà leur propre embryon de système étatique: le Medicare, pour les 65 ans ou plus.

Sur cette question de la «santé pour tous», comme sur celle du contrôle des armes à feu dans un pays développé du XXIe siècle, les États-Unis demeurent résolument antimodernes, ou prémodernes. Les tabous politiques paraissent indestructibles; une minorité importante, déterminée et bien argentée semble toujours à même de mettre en échec un projet de réforme maintes fois avorté.

Porter une arme sans rendre de comptes, payer son médecin de sa poche, et tant pis pour ceux qui n'ont pas d'argent: tels sont encore en 2009, dans un certain imaginaire collectif, les signes ultimes de la liberté American Style. Si Barack Obama arrive à casser ces archaïsmes profondément américains, ce sera une révolution.

**

Honduras: les États-Unis complices? Telle est l'accusation portée ce week-end par Patricia Valle, sous-ministre des Affaires étrangères de Manuel Zelaya, président de gauche déposé à la fin de juin par un putsch militaire mené avec la complicité des juges et des députés honduriens, soutenus par l'oligarchie traditionnelle.

Selon elle, l'avion qui a transporté Zelaya hors du Honduras après son expulsion manu militari a fait une escale technique sur une base américaine en territoire national, avant de le transporter au Costa Rica. Et les quelque 500 soldats américains présents n'ont alors rien fait pour stopper l'avion... d'où l'accusation de Mme Valle.

Pourtant, les États-Unis ont dénoncé le coup d'État et suspendu leur aide économique à Tegucigalpa peu après le putsch. Si la thèse de la «main de Washington» reste peu crédible — Zelaya lui-même l'a rejetée ce week-end — on comprend cependant la perplexité, voire le sentiment de révolte, de plusieurs devant le peu d'efficacité des condamnations qui, depuis le week-end du 27 juin, sont restées impuissantes face au renversement d'un président élu.

Le Costa Rica de l'ex-président Oscar Arias a bien tenté, au début de juillet, une médiation pour favoriser le retour de Zelaya, mais sans résultat devant l'intransigeance des putschistes. Le reste du monde désapprouve mais n'est pas prêt pour autant à forcer la main des usurpateurs. D'autant que ces derniers ont eux-mêmes promis le retour rapide à un gouvernement civil et régulièrement élu, dès le début de 2010.

Il n'empêche: si les putschistes honduriens l'emportent à l'usure et que ce déni du droit reste impuni, un arrière-goût amer subsistera. Cela confortera le cynisme de ceux qui soutiennent que dans ces pays profondément inégalitaires, soumis à des élites traditionnelles égoïstes et méprisantes, la démocratie ne veut rien dire.

**

Triple test en Afghanistan. Les élections de jeudi en Afghanistan seront un test pour les trois parties impliquées dans cette guerre sans fin.

Pour le président Hamid Karzaï, il s'agit de montrer qu'il n'a pas sombré dans l'insignifiance et qu'il peut toujours réunir des appuis, malgré la désillusion croissante des Afghans. Pour les talibans, il s'agit de saboter du mieux qu'ils le pourront une opération dénoncée comme un diktat de l'impérialisme étranger: le taux de participation en sera la meilleure mesure.

Et pour l'OTAN, il en va ni plus ni moins de sa réputation comme organisation «de paix», à même de peser sur les affaires du monde. Si ces élections devaient virer à la farce sanglante, ce serait un douloureux camouflet pour tous les Occidentaux, gros de révisions déchirantes.

*****

François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada.

francobrousso@hotmail.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Chroniques
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012