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La mort du chef des talibans pakistanais semble se confirmer

Mehsud en mai 2008
Photo : Agence Reuters
Mehsud en mai 2008
Si elle était confirmée, la mort de Baitullah Mehsud serait un succès de taille pour Washington et Islamabad. Au moment d'aller sous presse, les deux capitales demeuraient prudentes dans leurs commentaires.

Islamabad —Le principal chef des talibans pakistanais, Baïtullah Mehsud, a probablement été tué cette semaine par un tir de missile américain dans son fief des zones tribales du nord-ouest, ont annoncé hier le gouvernement pakistanais et plusieurs responsables de sécurité.

Un des commandants des talibans, Kafayat Ullah, a confirmé à l'agence Associated Press la nouvelle du décès Meshud.

La mort du leader tribal constituerait une victoire importante dans le combat mené par Islamabad et son allié américain contre les talibans du nord-ouest, responsables de nombreux attentats sanglants à travers le pays.

Les autorités se disaient vendredi après-midi quasiment certaine que Mehsud avait été tué cette semaine dans son bastion du Waziristan du Sud, tout en soulignant qu'il fallait attendre les résultats des enquêtes sur le terrain.

«D'après mes renseignements, cette information est correcte, a déclaré à la presse le ministre des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi. Mais pour en être sûr à 100 %, nous devons vérifier sur le terrain.»

«Des informations indiquant qu'il est mort nous parviennent, avait déclaré dans la matinée son collègue l'Intérieur, Rehman Malik. Mais je suis incapable de [lel] confirmer tant que je n'ai pas de preuves solides».

À Washington, la Maison-Blanche ne pouvait elle non plus confirmer la mort de Mehsud, mais soulignait qu'un nombre grandissant de sources crédibles indiquaient qu'il avait été tué, selon son porte-parole, Robert Gibbs.

Selon plusieurs responsables pakistanais et habitants du Waziristan du Sud, Baïtullah Mehsud serait mort mercredi dans l'attaque d'un drone américain qui avait coûté la vie à sa seconde femme.

Âgé d'environ 35 ans, Baïtullah Mehsud était devenu ces dernières années l'ennemi public no1 au Pakistan en raison des nombreux attentats attribués au TTP, dont celui qui a tué l'ex-premier ministre Benazir Bhutto en décembre 2007. Le TTP a revendiqué une partie de ces attentats suicides, qui ont coûté la vie à près de 2000 personnes depuis deux ans.

Washington a offert une récompense de cinq millions de dollars pour la capture du chef taliban, mort ou vif, et Islamabad 615 000 dollars.

Mais l'armée pakistanaise, déjà engagée militairement contre d'autres talibans du nord-ouest à Swat, hésitait à lancer une offensive terrestre contre lui au Waziristan du Sud, une zone reculée et très difficilement contrôlable.

Les Américains, qui concentraient jusque là leur attention sur d'autres talibans, ceux qui attaquent leurs troupes en Afghanistan, se sont convaincus ces derniers mois de la nécessité de neutraliser Baïtullah Mehsud, qu'ils considèrent comme un relais clé d'al-Qaïda dans les zones tribales.

«Baïtullah Mehsud est l'une des personnes les plus dangereuses et odieuses de la région, et les États-Unis n'ont pas assez fait attention à lui jusqu'à très récemment», déclarait fin juin l'émissaire américain pour le Pakistan et l'Afghanistan, Richard Holbrooke, en soulignant que son élimination était devenue un objectif stratégique pour Washington.

L'étau s'est depuis resserré sur le chef du TTP, à mesure que des drones américains bombardaient son fief, tuant plus de 150 de ses hommes dont une bonne partie de sa garde rapprochée, selon des responsables pakistanais. Dans le même temps, les attentats suicide, encore nombreux au Pakistan jusqu'à la fin juin, ont quasiment cessé depuis.
 
 
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