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Mossoul est devenue la ville la plus violente du pays - Des attentats font une cinquantaine

Des soldats irakiens examinaient hier les dommages causés par un attentat à Mossoul.
Photo : Agence Reuters
Des soldats irakiens examinaient hier les dommages causés par un attentat à Mossoul.
Bagdad — Une semaine après le retrait des troupes américaines des villes d'Irak, plusieurs attentats à la bombe ont fait au moins 52 morts et plus d'une centaine de blessés hier à Bagdad et dans le nord du pays.

Dans le nord, où les tensions entre Arabes et Kurdes risquent de produire le prochain conflit intérieur irakien, les attentats semblent être le fait d'insurgés qui cherchent à profiter du repli américain pour rallumer des affrontements intercommunautaires.

Deux opérations suicide perpétrées à faible intervalle ont fait 35 morts et 60 blessés à Tal Afar, ville de la province de Ninive située à 420 km au nord-ouest de la capitale. Un terroriste a fait sauter sa ceinture d'explosifs dans le centre historique de la ville avant qu'un deuxième attentat suicide intervienne alors que des habitants commençaient à porter secours aux victimes de la première explosion.

Attaques en série

La province de Ninive et son chef-lieu, Mossoul, ont subi une série d'attaques dirigées contre des policiers, des soldats et des civils depuis le 30 juin, date à laquelle les troupes de combat américaines se sont retirées des centres urbains. Des mouvements comme al-Qaïda s'activent dans cette province en profitant des antagonismes interethniques.

Métropole de 1,5 million d'habitants, Mossoul, où se côtoient Arabes, Kurdes, chrétiens et autres, est devenue la ville la plus violente d'Irak. Ailleurs en Irak, le nombre d'attaques a sensiblement diminué ces derniers mois.

À Bagdad, sept personnes ont été tuées et 20 autres blessées hier par deux explosions dans un marché de Sadr City, immense bidonville à population chiite. Selon la police, les deux engins explosifs avaient été dissimulés parmi des détritus. Sur des images de Reuters Television, on voit l'intérieur maculé de sang d'une camionnette endommagée.

Le regain de violence qui s'observe dans la province ethniquement mélangée de Ninive témoigne des divisions qui persistent parmi les Irakiens et met en évidence la fragilité des progrès réalisés dans le pays en matière de sécurité, même si l'on est loin des sanglants affrontements du milieu de la décennie entre chiites et sunnites.

La ligne de front

Assil al Noudjaifi, Arabe sunnite dont l'accession au poste de gouverneur en début d'année a suscité les protestations de nombreux Kurdes de Mossoul, a souligné le risque de nouvelles violences à venir dans une ville où al-Qaïda et d'autres extrémistes semblent tenter une ultime démonstration de force.

Mossoul est aussi une ligne de front dans la querelle qui couve entre le gouvernement de Bagdad à dominante chiite et les Kurdes, qui cherchent à repousser les frontières de leur région semi-autonome pour renforcer le contrôle qu'ils exercent sur les ressources en pétrole.

«Il y a ceux qui espèrent gagner des points par le biais des tensions confessionnelles», a déclaré Hanine Kado, député kurde de Tal Afar, à des journalistes à Bagdad.

Divers responsables doutent de l'état de préparation de la police et de l'armée irakiennes, que les autorités américaines avaient dissoutes en 2003 avant de les reconstituer ensuite. Des militaires américains jouent encore un rôle notable auprès des forces irakiennes, surtout en matière de logistique et d'appui aérien.
 
 
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