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Le Brésil gagne la confiance des petits investisseurs étrangers

«Ici, il est beaucoup plus facile de s'intégrer et les Brésiliens ont envie de travailler»

Des reals brésiliens et des dollars américains. Au Brésil, «les petits fabricants ne savent même pas ce que c’est qu’exporter», raconte le New-Yorkais Zachary Mazur.
Photo : Agence Reuters
Des reals brésiliens et des dollars américains. Au Brésil, «les petits fabricants ne savent même pas ce que c’est qu’exporter», raconte le New-Yorkais Zachary Mazur.
Rio de Janeiro — Le Brésil, principal marché d'Amérique latine avec ses 190 millions d'habitants, attire de plus en plus de jeunes étrangers désireux de monter leur propre affaire, ce qui apporte du capital et du savoir-faire au pays et génère des emplois.

Au cours des quatre dernières années, le nombre d'étrangers ayant obtenu un visa de travail a doublé, passant de 1284 à 2722, d'après les chiffres officiels. La moitié est inclue dans la catégorie «d'investisseurs». C'est le cas du New-Yorkais Zachary Mazur, 31 ans, qui a créé la marque de tongs Braziliano Praia pour faire concurrence aux fameuses Havaianas brésiliennes. Il a vu dans les dimensions continentales du Brésil l'occasion de développer un projet qu'il n'aurait jamais pu réaliser aux États-Unis, un marché saturé et trop compétitif pour les petits investisseurs.

Installé depuis cinq ans seulement au Brésil, Mazur exporte déjà vers Singapour, les Philippines, le Japon et l'Australie. «Après avoir passé quelques années ici, je me suis rendu compte que le Brésil était encore un pays isolé du reste du monde en dépit de l'Internet. Je crée des liens entre des fournisseurs brésiliens et des acheteurs en Asie», explique Mazur, fier du succès de son affaire.

«Le Brésil peut croître encore beaucoup. En Chine, toute entreprise, même la plus petite, a quelqu'un qui travaille la nuit sur son ordinateur pour tenter de conclure des affaires. Ici, les petits fabricants ne savent même pas ce que c'est qu'exporter», ajoute-t-il, tout en révélant avoir rencontré de nombreuses difficultés avec la bureaucratie brésilienne pour ouvrir son entreprise.

Pour le micro-industriel français Julien Turri, 36 ans, qui fête ce mois-ci le quatrième anniversaire de sa société de médias «Hi-media» à Rio, le Brésil peut encore s'améliorer en matière d'accès au crédit, de réduction des taxes et d'application des lois, mais c'est un marché attirant, car il a des carences dans divers secteurs comme les services, la technologie et l'infrastructure. Avant de miser sur le Brésil, Turri a voyagé en Afrique du Sud, au Vietnam et en Australie: «Ici, il est beaucoup plus facile de s'intégrer et les Brésiliens ont envie de travailler».

Les démarches pour ouvrir une entreprise sont compliquées et prennent du temps, mais ne sont pas un obstacle pour les étrangers ambitieux. «Ouvrir une société n'est pas chose facile et vous devez vous adapter à la situation locale. Pour ça il est indispensable d'avoir un bon avocat et un bon comptable», conseille Turri qui mise sur les dix bonnes années minimum de forte croissance que le Brésil a devant lui.

«Le Brésil protège les petits investisseurs. Ici nous avons les mêmes droits et devoirs que les investisseurs locaux. En Russie, en Inde et en Chine vous n'avez pas la même sécurité, pour des questions politiques», ajoute Turri comparant son pays d'adoption avec les autres pays émergents du BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

Le gouvernement brésilien a pris des mesures pour faciliter l'entrée des investisseurs étrangers. «Nous travaillons pour simplifier les démarches d'immigration et les demandes de visas pour les étrangers au Brésil», a déclaré le responsable de l'Immigration du Ministère du Travail, Paulo Sergio de Almeida.

Les étrangers qui viennent le plus au Brésil pour vivre, travailler et investir viennent des États-Unis, des Philippines, du Royaume-Uni, de Chine, d'Inde, d'Allemagne, du Japon, de France, d'Italie et d'Indonésie, dans cet ordre, selon lui.
 
 
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