Le candidat défait, Mir Hossein Moussavi, demande à ses partisans de poursuivre les protestations - Les Gardiens de la révolution menacent les contestataires
Photo : Agence France-Presse
La police antiémeute était omniprésente hier, à Téhéran.
Ce fut un lundi relativement calme en Iran comparativement à la fin de semaine, mais le régime a tout de même réprimé une manifestation alors que les Gardiens de la révolution ont fait leur entrée en scène laissant présager une escalade de la répression des contestataires.
Téhéran — Les Gardiens de la révolution ont menacé hier en Iran de recourir à la force contre les manifestants, après l'appel du candidat battu Mirhossein Moussavi à ses partisans pour qu'ils continuent de protester contre le résultat officiel de la présidentielle du 12 juin.
«Dans la situation délicate qui prévaut, les Gardiens affronteront avec fermeté les émeutiers et ceux qui violent la loi», dit un communiqué mis en ligne sur le site Internet des pasdarans, milice la plus fidèle au régime chiite.
C'est un très mauvais coup pour le camp des contestataires: jusqu'à présent, les réformateurs espéraient la neutralité de ce corps d'élite, créé peu après la révolution de 1979 par l'ayatollah Khomeiny.
Cette mise en demeure a été lancée alors que Téhéran venait de connaître sa nuit la plus calme depuis l'annonce du résultat de la présidentielle qui a, officiellement, consacré la réélection de Mahmoud Ahmanidejad.
Malgré l'avertissement des pasdarans, un millier de partisans de Moussavi se sont rassemblés sur la place Haft-e Tir, dans le centre de la capitale, ont rapporté des témoins. Des centaines de policiers étaient présents aux abords.
Autre signe de durcissement du régime, un responsable du parlement iranien, Ali Shahrokhi, a estimé qu'il y avait assez d'éléments pour traduire Mirhossein Moussavi en justice. Ce responsable, qui préside la commission de la justice au Majlis, a préconisé la «fermeté face à de tels agissements criminels», en invoquant «les appels de Moussavi à organiser des manifestations illégales et ses provocations».
Indignation
Les autorités iraniennes ont de nouveau accusé hier les puissances occidentales de soutenir les manifestations de rue et n'excluent pas d'expulser les ambassadeurs de pays de l'UE.
Des diplomates européens en poste à Téhéran ont été convoqués dimanche par les autorités, qui ont protesté contre les critiques de l'UE envers la répression des manifestations.
La présidence de l'Union européenne, assurée jusqu'à la fin du mois par la République tchèque, a demandé d'envisager la convocation des ambassadeurs d'Iran dans les capitales européennes, afin de leur exprimer la «profonde révulsion» de leur pays envers les violences postélectorales.
Le premier ministre canadien Stephen Harper a pour sa part appelé Téhérani à remettre en liberté tous les prisonniers politiques et journalistes, y compris canadiens, et jugé «inacceptable» le recours à «la brutalité et à l'intimidation» contre les manifestants.
Il a aussi appelé Téhéran «à permettre aux journalistes iraniens et étrangers de couvrir librement ces événements historiques et à mener une enquête transparente et complète sur les allégations de fraude à l'élection présidentielle».
Selon la télévision publique iranienne, dix personnes ont été tuées et plus de 100 autres blessées samedi à Téhéran, lors de manifestations organisées malgré l'interdiction qui avait été faite de descendre dans la rue.
Pas de fraude
Les autorités iraniennes rejettent toute accusation de fraude électorale, mais un porte-parole du Conseil des Gardiens de la Constitution, chargé d'examiner les plaintes déposées par les candidats battus, a reconnu que dans un certain nombre de circonscriptions, le nombre total des voix exprimées dépassait celui des électeurs inscrits.
«D'après les premières informations, 50 villes ont connu un tel problème», a déclaré dimanche soir le porte-parole du Conseil des Gardiens, Abbasali Kadkhodai, cité par la radiotélévision IRIB. Des inspecteurs vont se saisir du problème, a-t-il assuré.
Sur les réseaux sociaux d'Internet, des Iraniens ont appelé ces dernières heures à observer un deuil à la mémoire de Neda, une jeune femme tuée par balle samedi. La vidéo montrant sa mort a été vue par des milliers de personnes sur Internet et Neda est devenue un emblème des manifestations en cours.
L'opposition en exil (Conseil national de la résistance iranienne), dans un communiqué reçu lundi à Paris, écrit que 4000 étudiants et jeunes ont manifesté dimanche à Chiraz, dans le sud du pays, où des affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers. Elle fait aussi état de heurts dimanche matin à Meched, dans le nord-est de l'Iran. Ces informations n'ont pas pu être corroborées de source indépendante.
Téhéran — Les Gardiens de la révolution ont menacé hier en Iran de recourir à la force contre les manifestants, après l'appel du candidat battu Mirhossein Moussavi à ses partisans pour qu'ils continuent de protester contre le résultat officiel de la présidentielle du 12 juin.
«Dans la situation délicate qui prévaut, les Gardiens affronteront avec fermeté les émeutiers et ceux qui violent la loi», dit un communiqué mis en ligne sur le site Internet des pasdarans, milice la plus fidèle au régime chiite.
C'est un très mauvais coup pour le camp des contestataires: jusqu'à présent, les réformateurs espéraient la neutralité de ce corps d'élite, créé peu après la révolution de 1979 par l'ayatollah Khomeiny.
Cette mise en demeure a été lancée alors que Téhéran venait de connaître sa nuit la plus calme depuis l'annonce du résultat de la présidentielle qui a, officiellement, consacré la réélection de Mahmoud Ahmanidejad.
Malgré l'avertissement des pasdarans, un millier de partisans de Moussavi se sont rassemblés sur la place Haft-e Tir, dans le centre de la capitale, ont rapporté des témoins. Des centaines de policiers étaient présents aux abords.
Autre signe de durcissement du régime, un responsable du parlement iranien, Ali Shahrokhi, a estimé qu'il y avait assez d'éléments pour traduire Mirhossein Moussavi en justice. Ce responsable, qui préside la commission de la justice au Majlis, a préconisé la «fermeté face à de tels agissements criminels», en invoquant «les appels de Moussavi à organiser des manifestations illégales et ses provocations».
Indignation
Les autorités iraniennes ont de nouveau accusé hier les puissances occidentales de soutenir les manifestations de rue et n'excluent pas d'expulser les ambassadeurs de pays de l'UE.
Des diplomates européens en poste à Téhéran ont été convoqués dimanche par les autorités, qui ont protesté contre les critiques de l'UE envers la répression des manifestations.
La présidence de l'Union européenne, assurée jusqu'à la fin du mois par la République tchèque, a demandé d'envisager la convocation des ambassadeurs d'Iran dans les capitales européennes, afin de leur exprimer la «profonde révulsion» de leur pays envers les violences postélectorales.
Le premier ministre canadien Stephen Harper a pour sa part appelé Téhérani à remettre en liberté tous les prisonniers politiques et journalistes, y compris canadiens, et jugé «inacceptable» le recours à «la brutalité et à l'intimidation» contre les manifestants.
Il a aussi appelé Téhéran «à permettre aux journalistes iraniens et étrangers de couvrir librement ces événements historiques et à mener une enquête transparente et complète sur les allégations de fraude à l'élection présidentielle».
Selon la télévision publique iranienne, dix personnes ont été tuées et plus de 100 autres blessées samedi à Téhéran, lors de manifestations organisées malgré l'interdiction qui avait été faite de descendre dans la rue.
Pas de fraude
Les autorités iraniennes rejettent toute accusation de fraude électorale, mais un porte-parole du Conseil des Gardiens de la Constitution, chargé d'examiner les plaintes déposées par les candidats battus, a reconnu que dans un certain nombre de circonscriptions, le nombre total des voix exprimées dépassait celui des électeurs inscrits.
«D'après les premières informations, 50 villes ont connu un tel problème», a déclaré dimanche soir le porte-parole du Conseil des Gardiens, Abbasali Kadkhodai, cité par la radiotélévision IRIB. Des inspecteurs vont se saisir du problème, a-t-il assuré.
Sur les réseaux sociaux d'Internet, des Iraniens ont appelé ces dernières heures à observer un deuil à la mémoire de Neda, une jeune femme tuée par balle samedi. La vidéo montrant sa mort a été vue par des milliers de personnes sur Internet et Neda est devenue un emblème des manifestations en cours.
L'opposition en exil (Conseil national de la résistance iranienne), dans un communiqué reçu lundi à Paris, écrit que 4000 étudiants et jeunes ont manifesté dimanche à Chiraz, dans le sud du pays, où des affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers. Elle fait aussi état de heurts dimanche matin à Meched, dans le nord-est de l'Iran. Ces informations n'ont pas pu être corroborées de source indépendante.
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