Contestation des Iraniens - L'erreur du Guide
C'était officieux, c'est désormais officiel. La lutte qui a cours en Iran ne se fait plus entre le président Mahmoud Ahmadinejad et Mir Hossein Moussavi, chef de file de l'opposition, mais bien entre ce dernier et le guide suprême, Ali Khamenei. Depuis que ce dernier s'est engagé clairement et fermement derrière Ahmadinejad, lors de la prière du vendredi, donc retransmise aux quatre points cardinaux, il a mis de facto entre parenthèses cette réserve qui permet à celui qui occupe son poste d'arbitrer entre les uns et les autres. D'homme au-dessus des courants ou factions qui luttent entre elles, il est devenu le patron de l'un d'entre eux. Bref, il est comme les autres.
Conséquence immédiate de ce nivellement, des manifestants ne crient plus «mort au dictateur», mais bien «mort à Khamenei». En couvrant les malversations électorales effectuées par le président sortant et les membres de son camp, en formulant pour la énième fois que tous les opposants étaient au service du Satan occidental, il s'est déconsidéré aux yeux d'un nombre grandissant d'Iraniens. Il a surtout fait l'erreur de fondre son nom dans l'islam. Plus exactement, en affirmant que défier sa personne, c'est défier l'islam il a commis un crime de lèse-majesté.
À ce propos, il faut préciser, souligner, que dans cette guerre menée afin de gagner la tête et les coeurs des citoyens, Moussavi a pris soin d'articuler son offensive en fonction des paramètres religieux, des fondements de l'islam. Cela rappelé, on ne sera pas surpris d'apprendre que les centaines de milliers de personnes qui foulent les rues de Téhéran comme d'Ispahan entonnent régulièrement ce slogan: «Allah Akbar.» Et alors? Il s'agit là du slogan que martelaient des millions d'Iraniens en 1979 dans les mois précédant la chute du Shah.
Dans la redistribution en cours des cartes politiques, un fait aussi particulier que singulier doit être mis en lumière: la majorité des ayatollahs s'est abstenue jusqu'à présent de soutenir Khamenei et sa marionnette Ahmadinejad. On murmure même que le corps formé par les Gardiens de la révolution ne lui serait pas aussi fidèle, aussi obéissant, qu'on le pense. Certes, les patrons de ces derniers, leur intérêt bien compris, n'entendent pas lâcher prise. Mais en dessous d'eux, un certain doute s'est installé. Pas grand-chose, mais quand même...
Bien évidemment, les gouvernements étrangers ont réagi. En pointe sur ce dossier, la chancelière Angela Merkel a demandé, avec une fermeté étonnante quand on sait que son pays est un important partenaire commercial, que la liberté d'expression et le droit de vote soient respectés. Ses homologues britannique, canadien, italien et français ont eu des propos analogues à ceux de Merkel. Barack Obama? Entre la résurgence de violents attentats en Irak et l'enlisement en Afghanistan, il a opté pour la pondération. Il n'a pas voulu ajouter de l'huile sur le feu.
Chose certaine, Khamenei a le choix entre modifier sa position en négociant avec l'opposition ou ordonner la répression tous azimuts.
Conséquence immédiate de ce nivellement, des manifestants ne crient plus «mort au dictateur», mais bien «mort à Khamenei». En couvrant les malversations électorales effectuées par le président sortant et les membres de son camp, en formulant pour la énième fois que tous les opposants étaient au service du Satan occidental, il s'est déconsidéré aux yeux d'un nombre grandissant d'Iraniens. Il a surtout fait l'erreur de fondre son nom dans l'islam. Plus exactement, en affirmant que défier sa personne, c'est défier l'islam il a commis un crime de lèse-majesté.
À ce propos, il faut préciser, souligner, que dans cette guerre menée afin de gagner la tête et les coeurs des citoyens, Moussavi a pris soin d'articuler son offensive en fonction des paramètres religieux, des fondements de l'islam. Cela rappelé, on ne sera pas surpris d'apprendre que les centaines de milliers de personnes qui foulent les rues de Téhéran comme d'Ispahan entonnent régulièrement ce slogan: «Allah Akbar.» Et alors? Il s'agit là du slogan que martelaient des millions d'Iraniens en 1979 dans les mois précédant la chute du Shah.
Dans la redistribution en cours des cartes politiques, un fait aussi particulier que singulier doit être mis en lumière: la majorité des ayatollahs s'est abstenue jusqu'à présent de soutenir Khamenei et sa marionnette Ahmadinejad. On murmure même que le corps formé par les Gardiens de la révolution ne lui serait pas aussi fidèle, aussi obéissant, qu'on le pense. Certes, les patrons de ces derniers, leur intérêt bien compris, n'entendent pas lâcher prise. Mais en dessous d'eux, un certain doute s'est installé. Pas grand-chose, mais quand même...
Bien évidemment, les gouvernements étrangers ont réagi. En pointe sur ce dossier, la chancelière Angela Merkel a demandé, avec une fermeté étonnante quand on sait que son pays est un important partenaire commercial, que la liberté d'expression et le droit de vote soient respectés. Ses homologues britannique, canadien, italien et français ont eu des propos analogues à ceux de Merkel. Barack Obama? Entre la résurgence de violents attentats en Irak et l'enlisement en Afghanistan, il a opté pour la pondération. Il n'a pas voulu ajouter de l'huile sur le feu.
Chose certaine, Khamenei a le choix entre modifier sa position en négociant avec l'opposition ou ordonner la répression tous azimuts.
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