Première réunion de l'après-Saddam sur fond de grogne populaire
À Mossoul, une fusillade impliquant des soldats américains fait douze morts
16 avril 2003
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
L’émissaire de la Maison-Blanche, Zalmay Khalilzad (à gauche), a rencontré des personnalités civiles et religieuses près d’Ur.
L'opposition irakienne s'est réunie pour la première fois en Irak hier à Ur, près de Nasiriya (sud), sous l'égide des États-Unis, alors que les Américains sont soupçonnés d'être responsables de la mort de douze personnes et de dizaines de blessés à Mossoul (nord). En même temps, les manifestations contre l'occupation américaine se multiplient à Bagdad et dans d'autres villes du pays.
Quelque 80 représentants de l'opposition irakienne ont adopté une déclaration en 13 points préconisant notamment un système gouvernemental «fédéral démocratique» issu d'une «consultation nationale».
Les délégués, qui ont décidé de se revoir dans dix jours, ont également appelé les Irakiens à travailler avec les forces de la coalition pour rétablir la sécurité et les services de base, à refuser la violence et à s'organiser pour reconstruire le pays. Le représentant spécial de la Maison-Blanche auprès de l'opposition irakienne, Zalmay Khalilzad, a assuré que les États-Unis n'avaient «pas l'intention de gouverner l'Irak».
Dans la ville natale d'Abraham
Dans la ville de Ur, connue pour être le lieu de naissance du patriarche Abraham, quelque 20 000 Irakiens, majoritairement chiites, ont manifesté contre cette rencontre présidée par le général américain à la retraite Jay Garner. Le plus en vue des opposants irakiens à l'étranger, Ahmed Chalabi, avait boycotté la réunion, où il a cependant envoyé un représentant.
La Ligue arabe a appelé l'opposition à l'unité afin de permettre à l'Irak de «se tenir sur ses jambes».
De leur côté, les six monarchies du Golfe, réunies à Riyad, ont demandé que l'ONU joue un rôle important dans la reconstruction de l'Irak.
En Irak, une fusillade sur une place de Mossoul, impliquant des soldats américains, a fait 12 morts et des dizaines de blessés, selon les autorités médicales locales, déclenchant une très forte hostilité vis-à-vis des Occidentaux.
Selon des témoignages, la fusillade aurait commencé alors que Mashan Al-Juburi, le nouveau gouverneur autoproclamé, prononçait un discours proaméricain. Furieux, les manifestants ont alors hué le gouverneur qui, toujours selon des témoins, aurait appelé les soldats américains à faire usage de leurs armes.
«Vingt soldats américains sont arrivés. Ils ont d'abord tiré contre un immeuble situé près de la foule et dont les vitres sont tombées sur des civils. Des gens ont commencé à jeter des pierres, puis les Américains leur ont tiré dessus», a raconté un témoin.
Un porte-parole militaire américain à Mossoul a démenti cette version, expliquant qu'ils avaient été la cible de tirs avant de riposter.
Manif à l'hôtel Palestine
«À bas Bush», «Non à l'occupation», «Américains, rentrez chez vous»: les Bagdadis sont chaque jour plus nombreux à oser défier les soldats américains et à dénoncer les résultats immédiats de leur guerre: les pillages, le manque d'électricité et d'eau. Des Bagdadis de plus en plus nombreux — entre 200 et 300 hier matin — viennent manifester depuis plusieurs jours devant l'hôtel Palestine où sont logés le commandement américain et la presse internationale.
«Ils ont occupé notre pays, ils ont tué nos gens et en échange, qu'est-ce qu'ils vont nous donner? Rien! L'Irak est fini», lance l'un d'eux.
Étudiants, enseignants, médecins, avocats et simples citoyens, ils dénoncent l'anarchie régnant à Bagdad, «l'occupation» et les «plans occultes» du président américain George W. Bush pour leur pays.
À Bagdad, les Marines qui gardent l'hôtel Palestine, souvent de très jeunes soldats ayant moins de 20 ans, deviennent plus nerveux en entendant le slogan «À bas, Bush, à bas». En quelques minutes, ils bouclent le périmètre de l'hôtel, isolent les manifestants et empêchent les journalistes venant de l'intérieur de les approcher. Selon leur propre aveu, la peur d'attentats suicide grandit parmi les soldats américains, qui multiplient les fouilles de passants et de véhicules.
Par ailleurs, les forces américano-britanniques ont bombardé en Irak des bases des Moudjahidines du peuple, principal groupe de l'opposition armée iranienne, a indiqué le général Richard Myers, chef d'état-major interarmées. La coalition a aussi commencé la fouille de tous les sites susceptibles de receler des armes de destruction massive, dont l'éventuelle détention par le régime déchu a servi de principale justification à l'intervention armée.
Au lendemain de la prise de Tikrit, fief du président Saddam Hussein, 16 000 soldats irakiens chargés du contrôle de la frontière syrienne se sont rendus aux forces américaines.
Le président George W. Bush s'est déclaré «certain» de la victoire sur l'Irak, même si celle-ci «n'est pas encore totale», et «qu'un Irak libre servira d'exemple de liberté et de progrès pour l'ensemble du Moyen-Orient». Toutefois, «notre nation est toujours menacée par des ennemis déterminés», a dit le président, avant de souligner que «la prolifération d'armes de destruction massive continuait de constituer un danger pour le monde civilisé».
Enfin, le jeune Ali Ismail Abbas, un Irakien de 12 ans amputé des deux bras et grièvement brûlé après avoir perdu ses parents et son frère, victimes d'un bombardement sur Bagdad, devait être transféré dans un hôpital de Koweït City.
Quelque 80 représentants de l'opposition irakienne ont adopté une déclaration en 13 points préconisant notamment un système gouvernemental «fédéral démocratique» issu d'une «consultation nationale».
Les délégués, qui ont décidé de se revoir dans dix jours, ont également appelé les Irakiens à travailler avec les forces de la coalition pour rétablir la sécurité et les services de base, à refuser la violence et à s'organiser pour reconstruire le pays. Le représentant spécial de la Maison-Blanche auprès de l'opposition irakienne, Zalmay Khalilzad, a assuré que les États-Unis n'avaient «pas l'intention de gouverner l'Irak».
Dans la ville natale d'Abraham
Dans la ville de Ur, connue pour être le lieu de naissance du patriarche Abraham, quelque 20 000 Irakiens, majoritairement chiites, ont manifesté contre cette rencontre présidée par le général américain à la retraite Jay Garner. Le plus en vue des opposants irakiens à l'étranger, Ahmed Chalabi, avait boycotté la réunion, où il a cependant envoyé un représentant.
La Ligue arabe a appelé l'opposition à l'unité afin de permettre à l'Irak de «se tenir sur ses jambes».
De leur côté, les six monarchies du Golfe, réunies à Riyad, ont demandé que l'ONU joue un rôle important dans la reconstruction de l'Irak.
En Irak, une fusillade sur une place de Mossoul, impliquant des soldats américains, a fait 12 morts et des dizaines de blessés, selon les autorités médicales locales, déclenchant une très forte hostilité vis-à-vis des Occidentaux.
Selon des témoignages, la fusillade aurait commencé alors que Mashan Al-Juburi, le nouveau gouverneur autoproclamé, prononçait un discours proaméricain. Furieux, les manifestants ont alors hué le gouverneur qui, toujours selon des témoins, aurait appelé les soldats américains à faire usage de leurs armes.
«Vingt soldats américains sont arrivés. Ils ont d'abord tiré contre un immeuble situé près de la foule et dont les vitres sont tombées sur des civils. Des gens ont commencé à jeter des pierres, puis les Américains leur ont tiré dessus», a raconté un témoin.
Un porte-parole militaire américain à Mossoul a démenti cette version, expliquant qu'ils avaient été la cible de tirs avant de riposter.
Manif à l'hôtel Palestine
«À bas Bush», «Non à l'occupation», «Américains, rentrez chez vous»: les Bagdadis sont chaque jour plus nombreux à oser défier les soldats américains et à dénoncer les résultats immédiats de leur guerre: les pillages, le manque d'électricité et d'eau. Des Bagdadis de plus en plus nombreux — entre 200 et 300 hier matin — viennent manifester depuis plusieurs jours devant l'hôtel Palestine où sont logés le commandement américain et la presse internationale.
«Ils ont occupé notre pays, ils ont tué nos gens et en échange, qu'est-ce qu'ils vont nous donner? Rien! L'Irak est fini», lance l'un d'eux.
Étudiants, enseignants, médecins, avocats et simples citoyens, ils dénoncent l'anarchie régnant à Bagdad, «l'occupation» et les «plans occultes» du président américain George W. Bush pour leur pays.
À Bagdad, les Marines qui gardent l'hôtel Palestine, souvent de très jeunes soldats ayant moins de 20 ans, deviennent plus nerveux en entendant le slogan «À bas, Bush, à bas». En quelques minutes, ils bouclent le périmètre de l'hôtel, isolent les manifestants et empêchent les journalistes venant de l'intérieur de les approcher. Selon leur propre aveu, la peur d'attentats suicide grandit parmi les soldats américains, qui multiplient les fouilles de passants et de véhicules.
Par ailleurs, les forces américano-britanniques ont bombardé en Irak des bases des Moudjahidines du peuple, principal groupe de l'opposition armée iranienne, a indiqué le général Richard Myers, chef d'état-major interarmées. La coalition a aussi commencé la fouille de tous les sites susceptibles de receler des armes de destruction massive, dont l'éventuelle détention par le régime déchu a servi de principale justification à l'intervention armée.
Au lendemain de la prise de Tikrit, fief du président Saddam Hussein, 16 000 soldats irakiens chargés du contrôle de la frontière syrienne se sont rendus aux forces américaines.
Le président George W. Bush s'est déclaré «certain» de la victoire sur l'Irak, même si celle-ci «n'est pas encore totale», et «qu'un Irak libre servira d'exemple de liberté et de progrès pour l'ensemble du Moyen-Orient». Toutefois, «notre nation est toujours menacée par des ennemis déterminés», a dit le président, avant de souligner que «la prolifération d'armes de destruction massive continuait de constituer un danger pour le monde civilisé».
Enfin, le jeune Ali Ismail Abbas, un Irakien de 12 ans amputé des deux bras et grièvement brûlé après avoir perdu ses parents et son frère, victimes d'un bombardement sur Bagdad, devait être transféré dans un hôpital de Koweït City.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

