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Somalie - Les islamistes radicaux haussent le ton

Aux abois, le gouvernement a adopté samedi une déclaration prononçant l'état d'urgence

Les shebab et la milice Hezb al-Islamiya ont lancé une offensive sans précédent dans la ville de Mogadiscio, forçant le départ de milliers d’habitants comme ceux-ci.
Photo : Agence Reuters
Les shebab et la milice Hezb al-Islamiya ont lancé une offensive sans précédent dans la ville de Mogadiscio, forçant le départ de milliers d’habitants comme ceux-ci.
Mogadiscio — Les islamistes radicaux somaliens ont adressé hier une virulente mise en garde aux pays voisins de la Somalie si ceux-ci décidaient d'y envoyer des troupes, comme l'a réclamé samedi le gouvernement somalien aux abois.

«Nous adressons une mise en garde claire aux pays voisins; si vous voulez que vos soldats reviennent dans un cercueil, alors envoyez-les sur notre sol», a prévenu hier le porte-parole des shebab, Sheikh Ali Mohamoud Rage, lors d'un point de presse dans la capitale somalienne Mogadiscio.

«Nos chiens et nos chats s'amuseront à dépecer les corps de vos soldats si vous tentez de répondre à l'appel de ces marionnettes», a-t-il renchéri.

Face à l'offensive de plus en plus intense des insurgés islamistes, le président du Parlement somalien a exhorté samedi les pays voisins à «déployer des troupes en Somalie dans les 24 heures», citant le Kenya, l'Éthiopie, Djibouti et le Yémen.

Hier, l'Organisation de la conférence islamique (OCI), qui compte 57 membres, a joint sa voix à celle du gouvernement somalien. L'organisation a appelé une action urgente de la communauté internationale en Somalie face à l'avancée des islamistes radicaux qui menace la survie du gouvernement de transition dans ce pays.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'OCI, Ekmeleddin Ihsanoglu, souligne qu'«il est devenu inévitable que la communauté internationale intervienne immédiatement [en Somalie] pour soutenir le gouvernement de transition afin de rétablir l'ordre dans le pays et d'alléger les souffrances des civils innocents».

Il exhorte les États membres de l'OCI à apporter leur aide au gouvernement du président Sheikh Sharif Ahmed, un islamiste modéré élu fin janvier, contre lequel les insurgés ont intensifié leur offensive, lancée le 7 mai.

Tout en assurant le gouvernement de transition de «la solidarité inébranlable» de l'OCI, M. Ihsanoglu «condamne dans les termes les plus vifs les actions des insurgés, des actes terroristes contraires aux valeurs de paix et de réconciliation préconisées par l'islam».

Depuis le 7 mai, les shebab et la milice Hezb al-Islamiya ont lancé une offensive sans précédent à Mogadiscio et ont juré de renverser le président Sheikh Sharif Ahmed, un islamiste modéré élu il y a cinq mois. Les forces loyales au président mènent depuis le 22 mai une contre-offensive, mais qui se heurte à des revers.

Le gouvernement somalien a adopté samedi une déclaration prononçant l'état d'urgence dans le pays. L'entrée en vigueur de cet état d'urgence ne sera cependant effectif que si le président somalien l'approuve, ce qu'il n'avait toujours pas fait hier.

Une force de paix de l'Union africaine (Amisom) est déployée depuis mars 2007 essentiellement à Mogadiscio, mais souffre d'un manque criant d'effectifs (4300 hommes déployés sur les 8000 prévus).

Les shebab, à la tête de l'insurrection en Somalie, ont promis de se battre jusqu'au départ de M. Ahmed mais aussi des troupes de l'Amisom.

Ces derniers jours, trois hauts responsables ont été tués en Somalie dans une série d'attaques, dont le ministre de la Sécurité intérieure tué jeudi dans un spectaculaire attentat suicide dans la ville de Beledweyne (300 km au nord de Mogadiscio) revendiqué par les shebab.

Selon plusieurs témoins, des troupes éthiopiennes ont été déployées samedi dans la zone de Beledweyne.

Interrogé par l'AFP, le ministre de la Communication éthiopien, Bereket Simon, a toutefois assuré que l'Éthiopie n'interviendra pas en Somalie sans une «décision de la communauté internationale».

L'Éthiopie était intervenue fin 2006-début 2007 en Somalie pour soutenir le gouvernement et chasser les islamistes du pouvoir à Mogadiscio.
 
 
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