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Sénatoriales partielles en Haïti - Les bureaux de vote sont massivement boudés

Des violences liées au scrutin font un mort et plusieurs blessés

Port-Au-Prince — Quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote pour des élections sénatoriales partielles hier, très peu d'Haïtiens avaient fait le déplacement dans les bureaux de vote restés désespérément vides alors que les violences liées au scrutin ont fait un mort et plusieurs blessés.

Près de quatre millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire 11 parlementaires et renouveler le tiers du Sénat haïtien lors du deuxième tour du scrutin. Dans la capitale Port-au-Prince, le président René Préval a voté très tôt hier matin, mais nombre d'Haïtiens friands de football s'étaient précipités devant leurs téléviseurs pour le match opposant le Brésil à l'Italie comptant pour la Coupe des confédérations en Afrique du sud.

Les bureaux de vote étaient littéralement abandonnés et les rues de la capitale vidées des rares automobilistes qui se précipitaient pour aller suivre le match à la télévision. «Nous attendons les électeurs, ils ne sont pas nombreux», ont avoué à l'AFP des responsables de centres électoraux qui étaient, dans certains cas, les seuls à déposer un bulletin dans les urnes.

Les radios qui accordaient jusque-là des interventions sur le déroulement du scrutin ont changé leur programmation au profit du football. «Les élections c'est pratiquement fini», a commenté un présentateur avant de se retirer de l'antenne. Les bureaux de vote ouverts à 6h devaient fermer à 16h.

Des incidents qui ont fait un mort et plusieurs blessés avaient marqué les première heures du scrutin, a rapporté le Conseil électoral provisoire (CEP) responsable de l'organisation de l'élection.

Dans le sud-est, un membre du CEP a fait état de bourrage d'urnes et de vols de matériels électoraux par des partisans de candidats. Au moins trois personnes ont été blessées par balles dans cette région du pays. Les élections n'ont pas pu se tenir dans la localité de Belle-anse où les bureaux ont été fermés dès 10h ce matin.

«Nous avons annulé trois centres de vote parce que les matériels de vote ont été brûlés par des manifestants, mais la participation est plus significative qu'au premier tour», a confié à l'AFP Ginette Chérubin, membre du conseil électoral haïtien.

«Il y a des coups de feu dans cette localité, le frère d'un candidat proche du pouvoir a été arrêté en possession d'armes de guerre», a de son côté déclaré un dirigeant politique de l'opposition.

«Nous avons repris le contrôle de la situation, les centres de vote sont rouverts», avait tenté de rassurer le porte-parole de la police haïtienne.

À Cité Soleil, le plus grand bidonville d'Haïti, au nord de la capitale (300 000 habitants), «très peu d'électeurs étaient remarqués devant les centres de vote», relève Berthony Lafontant, 28 ans, embauché par la CEP pour les élections.

Même s'il assure que «voter est un devoir de citoyenneté» il considère que la population, estimant que «les candidats avaient menti, ont préféré rester chez eux». Ce qui expliquerait, selon lui, le fort absentéisme du premier tour et le nombre très faible d'électeurs dans les centres de vote du pays.

Dans le centre où il travaille, dont la sécurité externe a été confiée aux forces des Nations unies dans le pays, la participation «est minime». Michel Monder, 41 ans, n'a pas réussi à voter. «Ils ne me laissent pas voter, parce que me mon nom n'est pas là» dans la liste, assure-t-il à l'AFP.

«Je veux voter. Pour le pays, je veux voter», insiste-t-il. «C'est une obligation pour le citoyen».

Il assure vouloir parcourir tous les centres dans le bidonville, un des plus pauvres de Port-au-Prince, jusqu'à trouver un où il pourra déposer son vote.
 
 
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