Présidentielle iranienne - Ahmadinejad pavoise devant la foule
Son rival, Mir Hossein Moussavi, demande l'annulation de l'élection pour fraude
Photo : Agence Reuters
L’émotion a fait verser une larme à cette femme venue écouter le président iranien Mahmoud Ahmadinejad défendre la légitimité de sa réélection devant des milliers de partisans.
Téhéran — Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a défendu hier la légitimité de sa réélection devant une foule de partisans réunis à Téhéran. Pendant ce temps, son principal rival réclamait l'annulation du résultat du scrutin pour fraude, une lecture reprise par Washington qui a exprimé des doutes sur la régularité processus électoral.
Pour la deuxième journée consécutive, des affrontements ont opposé des partisans du candidat malheureux à la présidentielle, Mir Hossein Moussavi, aux forces de l'ordre dans la capitale et plusieurs journalistes étrangers ont été priés de quitter le pays.
«Les élections en Iran sont les plus propres» du monde, a dit M. Ahmadinejad s'adressant à plusieurs milliers de partisans enthousiastes, assurant qu'«aucune irrégularité» n'avait entaché le scrutin de vendredi.
Son principal rival, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, crédité officiellement de seulement 34 % des voix contre 63 % à M. Ahmadinejad, a demandé à l'instance compétente, le Conseil des gardiens de la Constitution, d'annuler les résultats. Mais ses chances paraissent faibles, le guide suprême, Ali Khameneï, s'étant félicité dès samedi de l'issue de la présidentielle.
M. Moussavi a en outre appelé ses partisans à continuer à s'«opposer pacifiquement» aux résultats après avoir dénoncé la veille «les irrégularités visibles et nombreuses». Le candidat réformateur Mehdi Karoubi a affirmé pour sa part qu'il «ne reconnaissait pas M. Ahmadinejad comme président».
Les partisans de Moussavi ont distribué des tracts appelant à manifester de nouveau cet après-midi dans la capitale. Après la tombée de la nuit, certains se sont postés sur des toits pour lancer des «Allah akbar» (Dieu est grand) en écho aux révolutionnaires de 1979.
De son côté, le président ultraconservateur a accusé ses adversaires de liens avec l'étranger et les médias étrangers de se livrer à une «guerre psychologique» contre son gouvernement.
Au moins neuf responsables réformateurs, dont deux anciens vice-ministres, partisans de M. Moussavi, ont été arrêtés. Certains ont ensuite été libérés. À Téhéran, la police a annoncé avoir procédé à 170 arrestations dans le cadre des émeutes de samedi, dont au moins 70 «organisateurs».
Hier, les forces de l'ordre ont tiré en l'air pour repousser des manifestations mais les protestations n'ont pas eu l'ampleur de celles de la veille. À l'université de Téhéran, coeur de la contestation lors des émeutes de 1999, 2000 étudiants, certains brandissant le portrait de Moussavi, d'autres coiffés d'un bandana, ont scandé des slogans anti-gouvernementaux et provoqué verbalement les forces de l'ordre postées devant l'entrée. À moins de deux kilomètres du lieu de la conférence de presse d'Ahmadinejad, des jeunes gens ont mis le feu à des poubelles, des banques et des pneus, provoquant l'intervention de policiers armés de matraques.
Le vice-président américain, Joe Biden, a déclaré que «vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, la manière dont les gens sont traités, il y a de vrais doutes» sur la légitimité de la réélection du président Ahmadinejad.
M. Ahmadinejad a qualifié le scrutin de «camouflet» pour les «oppresseurs» du monde, en allusion à l'Occident.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé qu'un Iran doté de l'arme nucléaire constituerait «la plus grande menace pour Israël, le Proche-Orient et le monde entier. C'est la rencontre entre l'arme nucléaire et l'islam radical», a-t-il dit. M. Ahmadinejad a répété que le dossier du nucléaire iranien appartenait «au passé».
Le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan, Pierre Lellouche, a pour sa part redouté que la réelection de M. Ahmadinejad «donne une bonne excuse» aux partisans en Israël d'une attaque.
Tout en exprimant ses «doutes» sur la validité de la réélection de M. Ahmadinejad, M. Lellouche a craint une «réaction en chaîne» dans la région.
Amnesty International a appelé les autorités iraniennes à ouvrir immédiatement une enquête sur la répression et que les responsables d'atteintes aux droits de l'Homme soient traduits en justice.
Le président irakien, Jalal Talabani, a été l'un des rares hier à féliciter M. Ahmadinejad pour sa victoire.
Pour la deuxième journée consécutive, des affrontements ont opposé des partisans du candidat malheureux à la présidentielle, Mir Hossein Moussavi, aux forces de l'ordre dans la capitale et plusieurs journalistes étrangers ont été priés de quitter le pays.
«Les élections en Iran sont les plus propres» du monde, a dit M. Ahmadinejad s'adressant à plusieurs milliers de partisans enthousiastes, assurant qu'«aucune irrégularité» n'avait entaché le scrutin de vendredi.
Son principal rival, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, crédité officiellement de seulement 34 % des voix contre 63 % à M. Ahmadinejad, a demandé à l'instance compétente, le Conseil des gardiens de la Constitution, d'annuler les résultats. Mais ses chances paraissent faibles, le guide suprême, Ali Khameneï, s'étant félicité dès samedi de l'issue de la présidentielle.
M. Moussavi a en outre appelé ses partisans à continuer à s'«opposer pacifiquement» aux résultats après avoir dénoncé la veille «les irrégularités visibles et nombreuses». Le candidat réformateur Mehdi Karoubi a affirmé pour sa part qu'il «ne reconnaissait pas M. Ahmadinejad comme président».
Les partisans de Moussavi ont distribué des tracts appelant à manifester de nouveau cet après-midi dans la capitale. Après la tombée de la nuit, certains se sont postés sur des toits pour lancer des «Allah akbar» (Dieu est grand) en écho aux révolutionnaires de 1979.
De son côté, le président ultraconservateur a accusé ses adversaires de liens avec l'étranger et les médias étrangers de se livrer à une «guerre psychologique» contre son gouvernement.
Au moins neuf responsables réformateurs, dont deux anciens vice-ministres, partisans de M. Moussavi, ont été arrêtés. Certains ont ensuite été libérés. À Téhéran, la police a annoncé avoir procédé à 170 arrestations dans le cadre des émeutes de samedi, dont au moins 70 «organisateurs».
Hier, les forces de l'ordre ont tiré en l'air pour repousser des manifestations mais les protestations n'ont pas eu l'ampleur de celles de la veille. À l'université de Téhéran, coeur de la contestation lors des émeutes de 1999, 2000 étudiants, certains brandissant le portrait de Moussavi, d'autres coiffés d'un bandana, ont scandé des slogans anti-gouvernementaux et provoqué verbalement les forces de l'ordre postées devant l'entrée. À moins de deux kilomètres du lieu de la conférence de presse d'Ahmadinejad, des jeunes gens ont mis le feu à des poubelles, des banques et des pneus, provoquant l'intervention de policiers armés de matraques.
Le vice-président américain, Joe Biden, a déclaré que «vu la façon dont ils répriment la liberté d'expression, la façon dont ils répriment la foule, la manière dont les gens sont traités, il y a de vrais doutes» sur la légitimité de la réélection du président Ahmadinejad.
M. Ahmadinejad a qualifié le scrutin de «camouflet» pour les «oppresseurs» du monde, en allusion à l'Occident.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé qu'un Iran doté de l'arme nucléaire constituerait «la plus grande menace pour Israël, le Proche-Orient et le monde entier. C'est la rencontre entre l'arme nucléaire et l'islam radical», a-t-il dit. M. Ahmadinejad a répété que le dossier du nucléaire iranien appartenait «au passé».
Le représentant spécial de la France pour l'Afghanistan et le Pakistan, Pierre Lellouche, a pour sa part redouté que la réelection de M. Ahmadinejad «donne une bonne excuse» aux partisans en Israël d'une attaque.
Tout en exprimant ses «doutes» sur la validité de la réélection de M. Ahmadinejad, M. Lellouche a craint une «réaction en chaîne» dans la région.
Amnesty International a appelé les autorités iraniennes à ouvrir immédiatement une enquête sur la répression et que les responsables d'atteintes aux droits de l'Homme soient traduits en justice.
Le président irakien, Jalal Talabani, a été l'un des rares hier à féliciter M. Ahmadinejad pour sa victoire.
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