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Triple non d'Israël

Nétanyahou brave Obama et refuse le gel des activités de colonisation

Un berger palestinien marche le long d’une colonie juive sauvage près de Jérusalem. Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a indiqué hier que son gouvernement entendait poursuivre l’accroissement des colonies existantes en Cisjordan
Photo : Agence Reuters
Un berger palestinien marche le long d’une colonie juive sauvage près de Jérusalem. Le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, a indiqué hier que son gouvernement entendait poursuivre l’accroissement des colonies existantes en Cisjordan
Jérusalem — Israël a opposé hier un triple non à la création d'un État palestinien souverain, à un retour aux frontières de 1967 et à un gel de la colonisation, réclamé la semaine dernière par le président américain au premier ministre israélien lors de leur première rencontre à Washington.

Concernant la colonisation, Benjamin Nétanyahou a indiqué que son gouvernement entendait poursuivre l'accroissement des colonies existantes en Cisjordanie, mais sans en créer de nouvelles pour autant. «Je n'ai pas l'intention de créer de nouvelles implantations, mais il n'est pas logique de nous demander de ne pas trouver de réponses à la croissance naturelle et d'interdire toute construction en Judée-Samarie [Cisjordanie]», a-t-il déclaré.

Le chef du Likoud a tenu ces propos, véritable camouflet pour Obama, lors de la réunion hebdomadaire de son gouvernement de coalition, mis sur pied en mars grâce au concours des petits partis d'extrême droite ou ultra-orthodoxes.

Ce faisant, il a réitéré la position traditionnelle des gouvernements israéliens qui s'est traduite sur le terrain par une extension des implantations existantes et une augmentation spectaculaire du nombre des colons, à près de 300 000, sans compter les résidents israéliens de Jérusalem-est annexée.

En revanche, le gouvernement apparaît disposé à démanteler des colonies sauvages. Le ministre travailliste de la Défense Éhoud Barak a averti mercredi qu'il «comptait faire respecter la loi et évacuer rapidement les points de colonisation non autorisés». Selon le mouvement israélien anti-colonisation la Paix Maintenant, plus de 100 colonies créées illégalement en Cisjordanie ont finalement reçu l'aval des autorités et leur soutien matériel.

Le président palestinien Mahmoud Abbas considère que la poursuite de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est constitue un obstacle au processus de paix, qu'il refuse de reprendre si le nouveau gouvernement israélien ne s'engage pas en faveur du principe d'un État palestinien indépendant et souverain.

«Ce qui nous intéresse, c'est de voir Israël se conformer à ses obligations en vertu de la feuille de route, ce qui implique la cessation des activités de colonisation et de leur expansion sous toutes les formes», a déclaré hier le ministre palestinien des Travaux publics et du bâtiment Mohammed Shatayyeh.

Mais Benjamin Netanyahu refuse toujours d'apporter son soutien à une solution à deux États (israélien et palestinien vivant côte à côte), comme le prévoit la Feuille de route, le plan de paix lancé en 2003 par le Quartette (États-Unis, UE, Russie, ONU) et accepté par Israël.

Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir, le 31 mars, M. Netanyahu, a toutefois évoqué un «État palestinien». «Clairement, nous devons avoir certaines réserves concernant un État palestinien dans un accord sur le statut final» des territoires palestiniens, a déclaré M. Netanyahu. «Ces choses ont été clairement exprimées devant le président [américain Barack Obama] à Washington», a-t-il déclaré lors du Conseil des ministres.

Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a écarté pour sa part hier le retour d'Israël sur ses frontières d'avant la guerre israélo-arabe de juin 1967. «Aujourd'hui, un retour aux frontières de 1967, comme on nous presse de le faire, ne mettrait pas fin au conflit [avec les Palestiniens] et ne garantirait ni la paix, ni la sécurité», a déclaré M. Lieberman. «Cela reviendrait simplement à déplacer le conflit à l'intérieur des frontières de 1967», a-t-il ajouté.

Lors de la guerre de juin 1967, Israël avait occupé Jérusalem-est et la Cisjordanie, le plateau syrien du Golan, la bande de Gaza et le Sinaï égyptien. L'État hébreu s'est retiré du Sinaï en 1982 et de la bande de Gaza en 2005.

Aucun gouvernement israélien ne s'est prononcé jusqu'à ce jour pour un retour pur et simple aux frontières de 1967, mais certains ont envisagé des retraits de plus grande partie de la Cisjordanie et du plateau du Golan.
 
 
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