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Canadien coincé au Soudan - Mauvaise foi

En dépit des lois et résolutions qui militent en sa faveur, l'avenir n'est pas rose pour Abousfian Abdelrazik, ce citoyen coincé depuis un an à l'ambassade du Canada au Soudan pour cause de mauvaise foi gouvernementale, Ottawa lui refusant le retour au bercail. Ses avocats souhaitent que la Cour fédérale force un rapatriement. Mais ils se heurteront à de l'entêtement aveugle.

Dans ce dossier kafkaïen — tout comme dans celui du Canadien Omar Khadr, retenu à Guantánamo —, le Canada se fait champion de l'interprétation abracadabrante des chartes des droits et se taille une place de choix parmi les nations qui parachutent leurs propres citoyens dans des limbes juridiques.

Car c'est de cela qu'il s'agit. L'homme qu'Ottawa associe à une menace pour la sécurité nationale traîne depuis un an dans une zone mal définie à cause des tâtonnements du Canada, qui ne cesse de recaler M. Abdelrazik dans son désir de rentrer chez lui. Il figure depuis juillet 2006 sur une liste des Nations unies recensant ceux qui ont des liens présumés avec al-Qaïda. Ottawa frémit.

Mais ni le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ni la GRC ne détiennent de dossier incriminant sur cet homme. Dans une entrevue accordée au Devoir et au Globe and Mail hier, le responsable de l'équipe de surveillance de l'ONU chargée des talibans et d'al-Qaïda a même littéralement démoli l'argumentaire résiduel d'Ottawa. Richard Barrett le confirme: rien, non rien, n'empêche le retour de M. Abdelrazik dans son pays d'origine. Ne subsiste aucune ambiguïté sur laquelle valser des mois durant. L'ONU a prévu une exemption pour laquelle le Canadien se qualifie entièrement.

Le gouvernement fédéral invoquait l'incapacité pour un présumé terroriste de «survoler» quelques pays en route vers le Canada, feignant qu'un vol Soudan-Canada violerait la résolution de l'ONU. Mais cet obstacle est imaginaire. « Survoler un pays ne constitue pas un transit», réplique M. Barrett.

Devant le caractère arbitraire des actions du Canada et une évidente mauvaise foi, les avocats de M. Abdelrazik ont tenté hier devant la Cour fédérale de démontrer que cette obstination équivalait à violer l'esprit de l'article 6 de la Charte canadienne, qui protège la liberté de circulation des citoyens canadiens, autrement dit le droit d'y entrer, d'en sortir et de s'y déplacer librement.

Hormis un évident manque de volonté, que reste-t-il au Canada pour justifier son refus de rapatrier au pays un de ses citoyens? Il faudra, hélas, plus que la netteté de certains arguments pour que survienne une volte-face prompte et sensée. Qu'a fait le Canada quand la Cour fédérale lui a reproché son entêtement à garder Omar Khadr dans les prisons de Guantánamo? Il a immédiatement confié qu'il espérait en appeler, repoussant le rapatriement de l'un des siens. Dans son esprit, certains citoyens ne méritent-ils donc que les limbes?

***

machouinard@ledevoir.com
 
 
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  • Renaud Guénette - Inscrit
    8 mai 2009 02 h 14
    Dogme
    Ce n'est pas la première fois que le gouvernement Harper bafoue les principes de ce Canada. Il semble que, dans ce gouvernement, la règle d'équité soit très élastique. Il y a, bien sûr, ce cas. Mais, qu'arrive-t-il de Khader ? Le même mutisme du gouvernement. Il se bat pour l'indéfendable. Les tribunaux, les organismes internationaux leur disent de réagir. Que fait le gouvernement ? Il s'enferme dans son dogme.
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  • Lorraine Dubé - Abonnée
    8 mai 2009 06 h 28
    Inqualifiable tellement c'est nauséabond!
    "L'homme qu'Ottawa associe à une menace pour la sécurité nationale traîne depuis un an "...

    ...À SON AMBASSADE CANADIENNE.

    Il me semble que c'est significatif de la mauvaise foi du gouvernement. Ce citoyen n'est visiblement pas une menace pour le personnel de l'ambassade.

    De contradictions en contradictions! Misérable!

    Le dossier est stagnant au point que l'article du Devoir d'aujourd'hui est presque en tout point identique à celui d'hier.

    Et, tous les motifs évoqués pour justifier l'entêtement du Canada étaient auparavant plus invraissemblables et farfelus les uns que les autres.

    Il n'y a pas de mots assez médiocres pour qualifier ce gouvernement. Quel manque d'intégrité!
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  • jacques noel - Inscrit
    8 mai 2009 07 h 30
    C'est un ami de Ressam
    Abousfian Abdelrazik est soudanais et Ressam algérien. Pourtant ils étaient amis à Montréal, un bled de 3,5 millions d'habitants. Le monde est p'tit quand même....
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  • Jacques Lafond - Abonné
    8 mai 2009 09 h 05
    Abdelrazik
    Si Monsieur Abdelrazik veut rentrer au Canada, qu'il s'achète un billet d'avion, et qu'il rentre. C'est quoi le problème au juste ?

    Monsieur Abdelrazik veut t'il se faire payer son voyage par le gouvernement canadien? Ou Monsieur Abdelrazik cherche t'il la compassion du bon peuple québécois pour une autre compensation à venir de $ millions de dollars ...

    C'est quoi le problèma au juste ?
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  • Pascal Barrette - Abonné
    8 mai 2009 11 h 42
    Je connais, donc je suis coupable
    M. Abousfian Abdelrazik a témoigné au procès du «Millenium Bomber», Ahmed Ressam et affirmé connaître ce dernier pour avoir fréquenté à Montréal la même mosquée. J'ai connu un prêtre qui a été un de mes meilleurs professeurs pendant mon cour classique, homme que j'admirais. J'allais même le dimanche diriger le chant dans la paroisse dont il était curé. Il a été accusé d'agressions sexuelles envers deux adolescents. Est-ce que d'avoir connu ce prêtre de très près, d'avoir été vu dans la même église, lui comme curé, moi comme jeune directeur de chorale, me rend automatiquement suspect de complicité dans les présumées agressions de ce prêtre?

    Voilà le genre de dérives où ont mené les mesures d'exceptions judiciaires décrétées par Bush au lendement du Onze Septembre et auxquelles a souscrit le gouvernement canadien. Si on a des preuves qui tiendraient en cour contre ce citoyen canadien, qu'on le ramène au pays et qu'on procède selon les règles reconnues du droit, et non pas à partir de suspicions de culpabilité par association ou de niaiseries comme «l'interdiction de survoler le territoire».

    Comme dans le cas d'Omar Khadr, j'ai honte de mon gouvernement qui baffoue ses propres cours et les règles élémentaires du droit.

    Pascal Barrette, M.A.P.
    Ottawa
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  • Carl Bouchard - Abonné
    8 mai 2009 12 h 15
    Pauvre Abousfian Abdelrazik
    C'est désolant, je crois que le Canada devrait noliser un jet privé afin de ramener ce terroriste chez nous.
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  • Maurice Monette - Abonné
    8 mai 2009 12 h 55
    C'est bien dommage mais...
    la plupart des gens qui ressentent de la pitié pour un tel individu, ne parviennent pas à faire abstraction de leur ascendant sentimental qui les incite à tout accepter parce que l'individu avait réussi à obtenir son passeport Canadien. Mais, ces gens sont inconscients(es) de toutes les tentatives d'infliltration que des cellules dormantes d'un quelconque Réseau Terroriste font déjà. Alors, ils / elles sont prêts(es) à lui ouvrir les Portes du Pays, sans prendre en considération toutes les fréquentions qu'il a eues dans son passé avec les membres de clans terroristes, avant de venir s'infiltrer CHEZ-NOUS.

    Tout d'abord ! Qu'on lisent bien ce que Monsieur Richard Barrett émet à propos de ce "abdelrazik" (très Canadien comme nom, n'est-ce pas): " rien, non rien n'empêche le retour de M. Abdelrazik dans son Pays d'origine". Mais, le Pays d'origine de monsieur, c'est le "SOUDAN", PAS le CANADA! Si c'est pas clair ÇA, je ne vois pas comment dire que cet homme a le droit de retourner d'où il origine soit, au "SOUDAN".

    C'est pas dur à comprendre, me semble ! Mettez vos sentiments de côté et tâchez de comprendre que NOUS transcendons une période apocalyptique qui se produit après chaque espace de temps d'une amplitude d'environ 2000 ans. Donc, comme il vaut mieux s'abstenir quand on est dans le doute et que ce "SOUDANAIS" a un passé plutôt nébuleux, ayant eues des fréquentations anarchiques alors, mieux vaut s'abstenir de le laisser entrer ICI ou, en plus imagé: "que de laisser entrer le loup dans la bergerie".

    Merci de votre Attention et ON ne peut être plus "clair" !

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière
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  • Pierre Rousseau - Inscrit
    8 mai 2009 13 h 41
    Incroyable xénophobie
    À lire certains commentaires, je comprends que les Conservateurs aient été élus et qu'ils agissent comme ils le font dans cette affaire. Même si, légalement, M. Abdelrazik est citoyen canadien et qu'il bénéficie de tous les DROITS des citoyens canadiens, parce qu'il est né au SOUDAN, on voudrait le priver de ses droits... C'est vraiment pathétique. Il faut réitérer que c'est une question de DROIT pas d'opportunité et que, que l'on aime ça ou pas, cet homme est citoyen canadien selon la LOI.

    On peut lire des accusations débridées de «terroriste» à cause de «qui» il a connu. En droit canadien et international, connaître un criminel ne fait pas de vous un criminel. Pour qualifier quelqu'un de «terroriste», c'est-à-dire qu'il a commis, comploté pour commettre ou est sur le point de commettre un acte criminel dit de «terrorisme», il faut qu'il soit condamné par un tribunal impartial et indépendant. Jusqu'à preuve du contraire c'est la règle de droit au Canada et s'il y a des preuves contre cet homme, hé bien qu'il soit jugé selon la LOI canadienne, pas celle de l'opinion publique.

    C'est honteux de voir des gens de ce pays le condamner sans procès et traiter un concitoyen comme un étranger. Il y a pas mal de chemin à faire ici pour avoir une véritable société démocratique basée sur la règle de droit... et le gouvernement fédéral donne un bien mauvais exemple.
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  • jacques noel - Inscrit
    8 mai 2009 14 h 29
    Abdelrazik vs Khadr
    Fascinant de voir l'argumentaire de nos beaux esprits autour de ces deux terroristes

    Dans le cas de Khadr, on argumente qu'il faut ramener le p'tit ici parce que c'est son pays natal. On a beau expliquer qu'il a quitté enfant, que ses parents sont partis en crachant sur le pays, qu'il a grandi au Pakistan, que son père était l'adjoint de Ben Laden, qu'il s'est battu pour l'Afghanistan et qu'il a été arrêté après avoir tué un Américain dans un embuscade, rien à faire: on revient toujours autour du mentra de la Charia Trudeau, du "né au Canada" "droit du sol" et "citoyen canadien".

    Mais dans le cas d'Abdelrazik, son pays natal c'est le pays où il est présentement: le Soudan. Le droit du sol et la citoyenneté soudanaise, il l'a le ti-gars. Alors là on tasse le pays natal, le droit du sol et la citoyenneté d'origine et on argumente à partir de la citoyenneté acquise, celle du Dominion nordique.

    Bref, damned if you do damn if you don't, parce qu'ici on ne se bat pas pour des principes mais on cherche tout simplement à faire ch... le gouvernement Harper au max.

    Pendant ce temps, Nathalie Morin est toujours embrarrée dans un appart en Arabie Saoudite avec ses trois enfants, dont l'un malade.
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  • Lorraine Dubé - Abonnée
    8 mai 2009 18 h 07
    On garde ce citoyen depuis un an à l'Ambassade du pays dont il est exclu malgré le danger pour la sécurité???
    Comment expliquer monsieur Monette le fait que l'homme soit un danger pour la sécurité nationale mais pas pour le personnel de l'ambassage canadienne alors qu'il y réside depuis un an?

    Quel paradoxe! Qu'ils soient donc conséquents! S'il était vraiment un danger pour la sécurité nationale, aucune logique à garder Abousfian Abdelrazik dans l'ambassade du pays dont il est exclu!

    Combien de contradictions depuis le début pour justifier le manque de bonne foi dans ce dossier!

    N'est-on pas innocent jusqu'à preuve du contraire?
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  • Marie-Andrée Paquet - Inscrite
    8 mai 2009 20 h 40
    Électorat
    Les con servateurs veulent plaire à leur électorat. Quoi d'autre? On a beau chercher...
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  • Raymonde Chouinard - Abonnée
    10 mai 2009 12 h 26
    Ces canadiens opportunistes...
    Que d'empathie pour ces terroristes qui ont endossé la nationalité canadienne, sous de fausses représentations, pour venir y semer la bisbille, tout en espérant pouvoir s'infiltrer aux USA pour y commettre leurs méfaits en toute tranquilité et qui se servent aujourd'hui de la Charte des droits pour arriver à leurs fins et pour nous soutirer des compensations faramineuses, destinées à garnir leur coffre, pour poursuivre leur croisade islamiste.

    Il y en a encore pour faire confiance en ces gens; la naîveté n'a pas d'âge on dirait...heureusement que les conservateurs ont les yeux ouverts car certains citoyens semblent avoir un faible pour les terroristes, on dirait, comme dans le temps du FLQ!
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  • Raymonde Chouinard - Abonnée
    10 mai 2009 17 h 45
    On garde ce citoyen depuis 1 an.....
    "Comment expliquer monsieur Monette le fait que l'homme soit un danger pour la sécurité nationale mais pas pour le personnel de l'ambassage canadienne alors qu'il y réside depuis un an?" (Lorraine Dubé)

    C'est bien simple, on le garde à l'ambassade canadienne, par grandeur d'âme, parce que son pays d'origine, le Soudan, n'en veut pas et que s'il est remis en liberté, ils vont le zigouiller.

    C'est aussi simple que ça et nous, pauvres cons, parce que nous possédons une charte, on doit faire avec....et accueillir au Canada tous les repris de justice et les indésirables rejetés par leur propre pays!!!!!

    Y'a toujours ben une limite à tout, le Canada n'est pas une poubelle....
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