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    Équateur - Correa réélu

    27 avril 2009
    Jour de vote hier en Équateur, où le président Rafael Correa pourra vraisemblablement poursuivre ses réformes socialistes.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Jour de vote hier en Équateur, où le président Rafael Correa pourra vraisemblablement poursuivre ses réformes socialistes.
    Quito — Le président sortant d'Équateur, le socialiste Rafael Correa, a revendiqué hier une victoire écrasante lors de l'élection présidentielle. «Nous avons fait l'histoire», a déclaré M. Correa peu après le scrutin, en rappelant qu'avant lui, en 10 ans, aucun des sept présidents l'ayant précédé n'avait été réélu et trois avaient été renversés. «Aujourd'hui on gagne en un seul tour», s'est-il encore félicité en saluant le retour de la stabilité au pouvoir.

    Auparavant trois sondages réalisés à la sortie des urnes et publiés à peine quelques minutes avant la fermeture des bureaux de vote, l'avaient donné vainqueur, dès le premier tour, avec 54 à 55 % des suffrages.

    Quelque 10,5 millions d'Équatoriens — sur une population de 14 millions — étaient convoqué aux urnes deux ans après l'arrivée au pouvoir de Rafael Correa, 46 ans. Le président a remis son mandat en jeu après l'adoption en septembre 2008 d'une nouvelle constitution d'inspiration socialiste. L'ensemble des 6000 mandats électifs du pays est également en jeu, notamment les maires et les parlementaires.

    Le ministre de l'Intérieur Gustavo Jalkh, a assuré que «la volonté du peuple» serait «absolument respectée», mais le candidat nationaliste à la présidentielle, Lucio Gutierrez, a dénoncé une «manipulation» du vote. Selon M. Gutierrez, le gouvernement a distribué «un million de doses d'engrais» à des agriculteurs afin de les inciter à voter pour Rafael Correa.

    Les instituts de sondage avaient pronostiqué une victoire du président sortant dès le premier tour, en dépit des problèmes de l'économie équatorienne, victime notamment de l'effondrement des cours du pétrole, sa principale ressource.

    En deux ans, Rafael Correa a assis son autorité dans un pays instable qui a connu sept présidents entre 1996 et 2007, dont trois ont été renversés.

    Porté par la flambée des cours du pétrole — jusqu'à 117 dollars le baril de brut équatorien en juin 2008 — il a multiplié les programmes sociaux dans un pays où 38 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

    Cet économiste de gauche a tenu tête aux compagnies pétrolières étrangères, exigeant davantage de dividendes, et a décidé en décembre de déclarer l'Équateur en moratoire sur un tiers de sa dette internationale, soit près de trois milliards de dollars, jugée «illégitime».

    Il a aussi rompu les relations diplomatiques avec la Colombie, le 3 mars 2008, après le bombardement par celle-ci d'un camp de la guérilla colombienne des FARC en Équateur.

    Ses principaux concurrents, Lucio Gutierrez et le milliardaire Alvaro Noboa, l'ont accusé de dilapider l'argent public sans tenir compte de la crise économique internationale. L'opposition a également dénoncé l'inéquité de la campagne, marquée selon elle par l'omniprésence du chef de l'État.

    Exsangue, elle s'est repliée en fin de campagne sur une stratégie destinée à regagner du poids à l'assemblée, où le parti Alianza Pais de Rafael Correa pourrait remporter, selon les prévisions, jusqu'à 60 sièges sur 124.

    «Cette révolution du peuple est en marche et rien ni personne ne l'arrêtera», a assuré en fin de campagne Rafael Correa, déjà sûr de sa victoire.












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