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Ta villa en Espagne contre mon chalet en Estrie

L'échange de maisons, une formidable et profitable façon de voyager

Prenons un journaliste au hasard: moi. Eh bien, au cours des cinq dernières années, j'ai échangé un appartement de Montréal contre plusieurs lofts à New York et des maisons de campagne en Nouvelle-Angleterre, un appartement à Barcelone (avec moto, svp), une villa de rêve au Costa Rica, un pied-à-terre à Venise. Faute de temps ou de moyens, avec ma petite famille, j'ai aussi refusé des propositions très alléchantes en provenance de la Provence, de l'Australie, de Bali, de l'Italie. Nous serons par contre à Paris dans quelques mois, toujours grâce à la même magnifique mécanique.

Des propositions échangistes honnêtes du genre, le site Trocmaison.com en compte près de 26 000 venues de 110 pays, dont environ 1275 du Canada. Trocmaison est lié à la maison mère homeexchange.com, fondée aux États-Unis en 1997. Il existe des versions en plusieurs autres langues européennes.

«Par le nombre de membres comme par le nombre de sites en différentes langues, nous sommes de loin le plus important réseau mondial d'échange de maisons», explique Wliliam Heinzer, le patron de Trocmaison avec sa femme Martine. «Mais 26 000 membres, ce n'est rien du tout quand on y pense. Il y a de la place pour multiplier ce nombre. La planète est grande...»

Lui-même journaliste télé en Suisse, M. Heinzer a été embauché en 2005 pour créer la filiale francophone, après avoir rencontré par hasard Ed Kushins, propriétaire de homexchange. «Ma famille et moi adorons le surf et nous avons fait un échange avec une famille californienne, explique-t-il. Le dernier soir de notre séjour, un voisin nous a invités à un BBQ sur la plage. C'était Ed...»

La pratique de l'échange serait née dans les années 1950 autour d'un cercle d'instituteurs de Suède désireux de troquer leur paradis du Nord contre un autre du Sud, pendant les coûteuses et achalandées vacances d'été. À l'époque, la mécanique complexe utilisait des bottins et la poste. Le site suédois INtervac perpétue la tradition.

Internet facilite maintenant les échanges. La contribution annuelle de quelques dizaines de dollars est vite amortie. Des sites comme switchhome.com sont carrément gratuits. «Janvier, février et mars 2009 sont les mois les plus forts enregistrés depuis la création du système», dit M. Heinzer, qui attribue une part de cet engouement exceptionnel à la crise économique.

Aux États-Unis, le «home swapping» ne sert pas qu'aux vacanciers. La crise du marché immobilier et la difficulté à trouver du financement encouragent de plus en plus de gens à procéder par échanges permanents: ton bungalow contre mon chalet, ton appartement contre mon véhicule utilitaire. Craigslist a maintenant une section spéciale consacrée à cette forme d'échange, et le site onlinehousetrading.com lui est entièrement dédié.

La conjoncture passera. La structure restera. «Généralement, nos clients ont déjà expérimenté d'autres types de vacances, de l'hôtel à la location de villa, poursuit le directeur, joint à Paris. Ces voyageurs tentent le coup avec nous parce qu'ils ont l'esprit ouvert. Je dirais aussi que ce sont en général des gens de la classe moyenne et au-dessus. Nous avons encore beaucoup d'enseignants, des cadres et des professionnels. Nous avons aussi beaucoup de retraités. Nos clients ont certains moyens, mais ils bonifient le rendement de leurs vacances en échangeant leurs demeures.»

La pratique permet facilement d'économiser la moitié du budget des vacances. Il est souvent possible d'échanger en même temps la maison et l'auto, pour économiser encore plus, jusqu'à 70 % des frais habituels.

Même les très riches y trouvent leur compte. Homeexchange a lancé une section «gold» où se retrouvent des propositions de pachas: de vrais de vrais châteaux en France, d'immenses lofts à New York, des palais italiens, des domaines espagnols ou anglais. Il y a un millier de ces eaux dorées.

«Ces propriétaires ont les moyens de se payer un cinq étoiles n'importe où dans le monde. Mais justement, comme ils fréquentent ces établissements à longueur d'année, ça les amuse beaucoup de vivre comme les gens du pays où ils décident d'aller», explique M. Heinzer.

Le site homeexchange ne déplore aucune plainte pour vol ou dommage notable malgré des centaines de milliers d'échanges enregistrés depuis une douzaine d'années. Au pire, mais rarement, certaines personnes laissent la maison un peu sale, à l'arrivée comme au départ. «Je ne reçois pas 200 courriels de plaintes par an», jure le patron.

À qui le dites-vous! L'an dernier, les Barcelonais ont fait réparer mon vélo et ont laissé un bouquet de fleurs gros comme ça dans une maison immaculée...
 
 
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  • Pierre Mercier
    Inscrit
    samedi 25 avril 2009 04h49
    Je confirme ...
    Nous avons échangé notre maison pour un bel appartement à Paris, de magnifiques maisons à Canmore près de Banff et à Annecy. Auto-maison même.

    Aucune mauvaise surprise. Au contraire.

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