Percée vers Bagdad
- Washington affirme avoir affaibli deux divisions de la Garde républicaine; - Le Centcom reconnaît avoir largué des bombes à fragmentation
3 avril 2003
Actualités internationales
Bagdad - Les forces américaines ont réussi hier une percée, selon le Pentagone, qui leur a permis de s'avancer à portée de tir de Bagdad, de nouveau durement bombardé dans la soirée.
Les Américains ont pris un pont enjambant l'Euphrate et se trouvent «à portée de tirs de Bagdad», a affirmé hier soir le colonel Will Grimsley, commandant de la 1re Brigade de la 3e Division d'infanterie, dans le centre de l'Irak. Selon le Pentagone, les troupes américaines sont à 30 miles (48 km) de Bagdad, mais des sources militaires en Irak ont assuré que le pont se trouvait à 30 km de la capitale irakienne.
Dans la soirée, le Pentagone a, par ailleurs, annoncé la prise de contrôle d'un important barrage sur l'Euphrate au nord-ouest de Bagdad.
Plus loin au sud, près d'al-Kout (150 km au sud-est de Bagdad), la première division des Marines américains a traversé le Tigre, isolant la ville et la division Bagdad de la Garde républicaine irakienne, a déclaré un officier supérieur américain dans la zone.
Washington affirme également que les divisions Bagdad et Médina de la Garde républicaine ont été affaiblies.
«Les allégations [américaines] n'ont aucun fondement, a rétorqué un porte-parole militaire irakien.
Au contraire, la division Bagdad conserve sa cohésion et continue d'avoir un moral de fer.»
Le ministre irakien de l'Information, Mohammad Saïd al-Sahhaf, a démenti en termes crus la progression américaine. «Je ne rentrerai pas dans les détails, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse dans la capitale, mais je peux assurer que ces salauds [les forces de la coalition] découvriront dans l'avenir, au bon moment, que ce qu'ils avaient prétendu n'est pas vrai.»
Hier, Bagdad a une nouvelle fois été durement frappé. Vers 22h locales, des bombardements violents étaient entendus dans la périphérie et se sont poursuivis pendant plus de dix minutes, a constaté une journaliste de l'AFP. La DCA irakienne est entrée en action.
La télévision d'État a cessé d'émettre pendant une trentaine de minutes vers minuit, sans donner d'explications sur les raisons de cette interruption. Le complexe abritant les stations de la télévision a été visé par plusieurs bombardements depuis le début de la guerre, le 20 mars, et les émissions ont été souvent interrompues.
Bagdad avait subi dans la journée et en soirée plusieurs autres vagues de bombardements. En début d'après-midi, l'un des bâtiments du complexe présidentiel, situé sur l'une des rives du Tigre, avait notamment été la cible d'un missile ou d'une bombe.
Selon le ministre de l'Information, les bombardements américano-britanniques sur Bagdad ont fait dix nouveaux tués et près de 90 blessés hier.
Depuis le début du conflit, la guerre a tué de 445 à 817 Irakiens et en a blessé entre 4206 et 5801 autres, selon des chiffres fournis par l'Irak.
Pour la première fois depuis le début de la guerre, le commandement américain (Centcom) a admis avoir largué des bombes à fragmentation, qui ont visé une colonne de chars irakiens, dans le centre du pays. Amnesty International s'est déclarée hier «très inquiète» de l'utilisation de ces bombes «dans des zones très peuplées».
«L'utilisation de bombes à fragmentation dans une attaque sur une zone civile d'al-Hillah constitue une attaque aveugle et une violation grave du droit international», a indiqué Amnesty.
Les experts considèrent que 10 % des bombes à fragmentation n'explosent pas sur le moment, pouvant être activées des mois, voire des années plus tard. Leur menace est assimilée à celle des mines.
Par ailleurs, la télévision irakienne a montré hier soir le chef de l'État, Saddam Hussein, présidant une réunion, qui a salué «la résistance héroïque» des combattants irakiens face aux forces américaines et britanniques. Portant une tenue militaire, le chef de l'État est apparu souriant et détendu.
Saddam Hussein, dans un autre message lu en son nom à la télévision, a appelé les chefs kurdes du nord du pays à ne pas s'allier aux «envahisseurs» et à ne pas s'opposer aux troupes irakiennes.
«Je vous conseille de ne rien précipiter que vous pourriez regretter. Comme vous le savez, ce commandement et l'État qui mènent la confrontation avec les envahisseurs vont rester en place», a dit le président à l'adresse des Kurdes. Le Centcom a réitéré ses craintes d'attaques chimiques ou bactériologiques irakiennes au cas où ses forces franchiraient une «ligne rouge» autour de Bagdad. Le recours à des armes chimiques par Saddam Hussein ralentirait un peu la progression des troupes américaines sur Bagdad mais ne les arrêterait pas, a cependant affirmé hier le chef d'état-major américain, Richard Myers. Aucune utilisation d'armes de destruction massive n'a été signalée depuis le début de la guerre. Bagdad nie posséder de telles armes qui constituent la principale justification de l'offensive américano-britannique.
rétaire d'État américain, Colin Powell, a obtenu d'Ankara que les forces américaines, déployées actuellement dans le nord de l'Irak, puissent être ravitaillées par la Turquie.
M. Powell est arrivé hier soir à Bruxelles où il doit rencontrer aujourd'hui ses homologues de l'Union européenne et de l'OTAN, ainsi que le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov.
Enfin, la jeune soldate américaine Jessica Lynch, 19 ans, capturée dimanche près de Nasiriya (sud-est) et délivrée hier par l'armée américaine, est arrivée la nuit dernière à la base aérienne américaine de Ramstein, dans l'ouest de l'Allemagne.
Les Américains ont pris un pont enjambant l'Euphrate et se trouvent «à portée de tirs de Bagdad», a affirmé hier soir le colonel Will Grimsley, commandant de la 1re Brigade de la 3e Division d'infanterie, dans le centre de l'Irak. Selon le Pentagone, les troupes américaines sont à 30 miles (48 km) de Bagdad, mais des sources militaires en Irak ont assuré que le pont se trouvait à 30 km de la capitale irakienne.
Dans la soirée, le Pentagone a, par ailleurs, annoncé la prise de contrôle d'un important barrage sur l'Euphrate au nord-ouest de Bagdad.
Plus loin au sud, près d'al-Kout (150 km au sud-est de Bagdad), la première division des Marines américains a traversé le Tigre, isolant la ville et la division Bagdad de la Garde républicaine irakienne, a déclaré un officier supérieur américain dans la zone.
Washington affirme également que les divisions Bagdad et Médina de la Garde républicaine ont été affaiblies.
«Les allégations [américaines] n'ont aucun fondement, a rétorqué un porte-parole militaire irakien.
Au contraire, la division Bagdad conserve sa cohésion et continue d'avoir un moral de fer.»
Le ministre irakien de l'Information, Mohammad Saïd al-Sahhaf, a démenti en termes crus la progression américaine. «Je ne rentrerai pas dans les détails, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse dans la capitale, mais je peux assurer que ces salauds [les forces de la coalition] découvriront dans l'avenir, au bon moment, que ce qu'ils avaient prétendu n'est pas vrai.»
Hier, Bagdad a une nouvelle fois été durement frappé. Vers 22h locales, des bombardements violents étaient entendus dans la périphérie et se sont poursuivis pendant plus de dix minutes, a constaté une journaliste de l'AFP. La DCA irakienne est entrée en action.
La télévision d'État a cessé d'émettre pendant une trentaine de minutes vers minuit, sans donner d'explications sur les raisons de cette interruption. Le complexe abritant les stations de la télévision a été visé par plusieurs bombardements depuis le début de la guerre, le 20 mars, et les émissions ont été souvent interrompues.
Bagdad avait subi dans la journée et en soirée plusieurs autres vagues de bombardements. En début d'après-midi, l'un des bâtiments du complexe présidentiel, situé sur l'une des rives du Tigre, avait notamment été la cible d'un missile ou d'une bombe.
Selon le ministre de l'Information, les bombardements américano-britanniques sur Bagdad ont fait dix nouveaux tués et près de 90 blessés hier.
Depuis le début du conflit, la guerre a tué de 445 à 817 Irakiens et en a blessé entre 4206 et 5801 autres, selon des chiffres fournis par l'Irak.
Pour la première fois depuis le début de la guerre, le commandement américain (Centcom) a admis avoir largué des bombes à fragmentation, qui ont visé une colonne de chars irakiens, dans le centre du pays. Amnesty International s'est déclarée hier «très inquiète» de l'utilisation de ces bombes «dans des zones très peuplées».
«L'utilisation de bombes à fragmentation dans une attaque sur une zone civile d'al-Hillah constitue une attaque aveugle et une violation grave du droit international», a indiqué Amnesty.
Les experts considèrent que 10 % des bombes à fragmentation n'explosent pas sur le moment, pouvant être activées des mois, voire des années plus tard. Leur menace est assimilée à celle des mines.
Par ailleurs, la télévision irakienne a montré hier soir le chef de l'État, Saddam Hussein, présidant une réunion, qui a salué «la résistance héroïque» des combattants irakiens face aux forces américaines et britanniques. Portant une tenue militaire, le chef de l'État est apparu souriant et détendu.
Saddam Hussein, dans un autre message lu en son nom à la télévision, a appelé les chefs kurdes du nord du pays à ne pas s'allier aux «envahisseurs» et à ne pas s'opposer aux troupes irakiennes.
«Je vous conseille de ne rien précipiter que vous pourriez regretter. Comme vous le savez, ce commandement et l'État qui mènent la confrontation avec les envahisseurs vont rester en place», a dit le président à l'adresse des Kurdes. Le Centcom a réitéré ses craintes d'attaques chimiques ou bactériologiques irakiennes au cas où ses forces franchiraient une «ligne rouge» autour de Bagdad. Le recours à des armes chimiques par Saddam Hussein ralentirait un peu la progression des troupes américaines sur Bagdad mais ne les arrêterait pas, a cependant affirmé hier le chef d'état-major américain, Richard Myers. Aucune utilisation d'armes de destruction massive n'a été signalée depuis le début de la guerre. Bagdad nie posséder de telles armes qui constituent la principale justification de l'offensive américano-britannique.
rétaire d'État américain, Colin Powell, a obtenu d'Ankara que les forces américaines, déployées actuellement dans le nord de l'Irak, puissent être ravitaillées par la Turquie.
M. Powell est arrivé hier soir à Bruxelles où il doit rencontrer aujourd'hui ses homologues de l'Union européenne et de l'OTAN, ainsi que le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov.
Enfin, la jeune soldate américaine Jessica Lynch, 19 ans, capturée dimanche près de Nasiriya (sud-est) et délivrée hier par l'armée américaine, est arrivée la nuit dernière à la base aérienne américaine de Ramstein, dans l'ouest de l'Allemagne.
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