Le Congo-Kinshasa sous occupation - La mission de l'ONU est accusée de croiser les bras
La Mission d'observation des Nations unies au Congo, la MONUC, dont le mandat est sur le point d'arriver à échéance, est tournée en dérision au sein de la société civile de Kinshasa. «Elle observe sans voir», vocifère Floribert Chebeya, président de La Voix des sans-voix pour les droits de l'homme, une ONG locale qui réclame comme bien d'autres le renforcement du mandat de la mission afin qu'elle puisse s'interposer pour protéger les civils et éviter des exactions comme celles commises depuis la mi-mai à Kisangani, une ville du nord-est du pays enclavée depuis quatre ans par des rebelles appuyés par le Rwanda.
Des événements graves se sont produits depuis quelques semaines en République démocratique du Congo (RDC), qui trahissent l'impuissance de l'ONU en général et de la MONUC en particulier — certains diront leur volonté — à imposer sa médiation et son autorité. La fin de semaine dernière, le RCD-Goma (Rassemblement congolais pour la démocratie, soutenu par Kigali), qui occupe dans l'est le tiers du territoire congolais depuis 1998, a ordonné l'expulsion de trois fonctionnaires onusiens pour «indiscipline», «mépris de l'autorité du RCD» et «menace à la sécurité intérieure». Cette fin de semaine encore, l'envoyé spécial de l'ONU dans la région, le Camerounais Amos Namanga Ngongi, a été déclaré persona non grata par le RCD.
Ces tensions «diplomatiques» surviennent trois semaines après la sanglante répression d'une mutinerie à Kisangani qui aurait fait 200 morts parmi les civils, les policiers et les militaires. Violences commises, a dénoncé l'organisation les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains (ANMDH), «au nez et à la barbe» de la MONUC — qui a par la suite produit un rapport dénonçant de graves violations de la part des forces soutenues par le Rwanda. Une impuissance jugée d'autant plus intolérable au sein de la société civile que cette guerre a fait trois millions de morts en Afrique centrale, sans provoquer de mobilisation internationale adéquate, et que la promesse de démilitarisation de la ville de Kisangani, contenue dans les accords de Lusaka de 1999, n'a toujours pas été respectée.
La MONUC compte un personnel non armé d'environ 4000 personnes dans le pays, en majorité des observateurs militaires, et d'importantes infrastructures à Kinshasa. Une quarantaine de Canadiens font partie de la MONUC dont le mandat arrive à échéance le samedi 15 juin prochain. Il paraît exclu que la mission soit annulée. À la lumière des récents événements, plusieurs espèrent au contraire que le Conseil de sécurité acceptera enfin de lui donner plus de mordant.
Emmurée par les rebelles et loin des regards occidentaux, Kisangani souffre aussi de l'indifférence de Kinshasa. Les deux villes sont séparées par un bon millier de kilomètres et aucune route ne les relie. Vrai, dit le le journaliste Alain Dome, de la revue catholique Renaître, qu'«il y a une sorte d'indifférence générale à Kinshasa face à ce qui se passe à Kisangani». Dans l'espoir de désenclaver cette «ville-martyre» d'environ 300 000 habitants, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a affrété avec succès, en mai, une barge transportant 500 tonnes de vivres et d'équipement. La barge a mis trois semaines pour se rendre de la capitale à Kisangani par le fleuve Congo. Le défi, affirme Michel Noureddine Kassa, directeur d'OCHA en RDC, consiste maintenant à convaincre les commerçants de la capitale d'affréter de nouveaux bateaux.
Guy Taillefer rentre de Kinshasa où il s'est rendu à l'invitation de l'organisation Développement et Paix.
Des événements graves se sont produits depuis quelques semaines en République démocratique du Congo (RDC), qui trahissent l'impuissance de l'ONU en général et de la MONUC en particulier — certains diront leur volonté — à imposer sa médiation et son autorité. La fin de semaine dernière, le RCD-Goma (Rassemblement congolais pour la démocratie, soutenu par Kigali), qui occupe dans l'est le tiers du territoire congolais depuis 1998, a ordonné l'expulsion de trois fonctionnaires onusiens pour «indiscipline», «mépris de l'autorité du RCD» et «menace à la sécurité intérieure». Cette fin de semaine encore, l'envoyé spécial de l'ONU dans la région, le Camerounais Amos Namanga Ngongi, a été déclaré persona non grata par le RCD.
Ces tensions «diplomatiques» surviennent trois semaines après la sanglante répression d'une mutinerie à Kisangani qui aurait fait 200 morts parmi les civils, les policiers et les militaires. Violences commises, a dénoncé l'organisation les Amis de Nelson Mandela pour la défense des droits humains (ANMDH), «au nez et à la barbe» de la MONUC — qui a par la suite produit un rapport dénonçant de graves violations de la part des forces soutenues par le Rwanda. Une impuissance jugée d'autant plus intolérable au sein de la société civile que cette guerre a fait trois millions de morts en Afrique centrale, sans provoquer de mobilisation internationale adéquate, et que la promesse de démilitarisation de la ville de Kisangani, contenue dans les accords de Lusaka de 1999, n'a toujours pas été respectée.
La MONUC compte un personnel non armé d'environ 4000 personnes dans le pays, en majorité des observateurs militaires, et d'importantes infrastructures à Kinshasa. Une quarantaine de Canadiens font partie de la MONUC dont le mandat arrive à échéance le samedi 15 juin prochain. Il paraît exclu que la mission soit annulée. À la lumière des récents événements, plusieurs espèrent au contraire que le Conseil de sécurité acceptera enfin de lui donner plus de mordant.
Emmurée par les rebelles et loin des regards occidentaux, Kisangani souffre aussi de l'indifférence de Kinshasa. Les deux villes sont séparées par un bon millier de kilomètres et aucune route ne les relie. Vrai, dit le le journaliste Alain Dome, de la revue catholique Renaître, qu'«il y a une sorte d'indifférence générale à Kinshasa face à ce qui se passe à Kisangani». Dans l'espoir de désenclaver cette «ville-martyre» d'environ 300 000 habitants, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a affrété avec succès, en mai, une barge transportant 500 tonnes de vivres et d'équipement. La barge a mis trois semaines pour se rendre de la capitale à Kisangani par le fleuve Congo. Le défi, affirme Michel Noureddine Kassa, directeur d'OCHA en RDC, consiste maintenant à convaincre les commerçants de la capitale d'affréter de nouveaux bateaux.
Guy Taillefer rentre de Kinshasa où il s'est rendu à l'invitation de l'organisation Développement et Paix.
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