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Attentats en Irak - L'ombre sunnite

En moins de 48 heures deux attentats ont été commis en sol irakien. Le pays serait confronté au rythme des violences qui prévalait il y a deux ans qu'on pourrait presque trouver cela, ces deux attentats, de l'ordre normal des choses. Mais voilà, comme chacun le sait, l'Irak a connu une diminution importante des affrontements en tout genre jusqu'à ce qu'on observe un regain d'activités menées par les groupes dissidents ou extrémistes, tant du côté des sunnites que des chiites. Depuis le début du mois, 70 personnes ont été tuées.

Ce sursaut, cette addition de faits sanglants, est pour une part attribuable au harcèlement du gouvernement dirigé par le premier ministre Nouri al-Maliki envers des sunnites. Ceux parmi ces derniers qui avaient déposé les armes ont été rassemblés, regroupés, au sein de groupes dits de l'éveil. Il y a plusieurs mois de cela, l'Irak et les forces américaines avaient passé le marché suivant avec les sunnites: si vous cessez le combat, un emploi dans la fonction publique vous sera réservé.

Le bilan de ce programme dit de réconciliation, et qui soit dit en passant se termine dans quelques mois, est aussi maigre que mitigé. Sur les 94 000 individus qui ont rejoint les conseils de l'éveil, très peu travaillent comme fonctionnaires. Qui plus est, ceux qui font du 9 à 5 sont confrontés à une paresse, pour ne pas dire à la mauvaise volonté, de la hiérarchie de l'appareil étatique tenu en laisse par les chiites. De quoi s'agit-il? Ils ne sont pas souvent payés.

Toujours est-il qu'à ces contrariétés, la police vient d'en ajouter une énorme: les 13 responsables des conseils sunnites ont été arrêtés dans les jours précédant les deux attentats. Le geste a passablement embarrassé les gradés américains, qui craignent comme la peste que cette arrestation soit perçue comme un assaut contre le programme de réconciliation et qu'elle alimente du coup l'adhésion à al-Qaïda.

Dans cette histoire, il faut maintenant s'arrêter aux jeux qui se déploient dans les coulisses et dont l'objectif à plus long terme est le suivant: l'Iran, la Turquie et l'Arabie saoudite s'affrontent afin d'être consacré puissance régionale. Et alors? L'influence de l'Iran en Irak n'a jamais été aussi marquée qu'actuellement. Non seulement les exilés irakiens en Iran détiennent les postes clés, mais ce sont des chiites qui ont la main haute sur les forces policières et militaires. Quoi d'autre? L'Iran est le deuxième partenaire commercial de l'Irak, derrière la Turquie.

Du côté saoudien, on a une certitude et une seule: l'Irak étant majoritairement chiite ses dirigeants favoriseront toujours le renforcement des liens avec Téhéran jusqu'à devenir éventuellement son satellite. Cette certitude est si ancrée dans l'esprit des Saoudiens que contrairement à bien d'autres nations musulmanes, ils n'ont pas ouvert d'ambassade. Et ce, non pas pour le meilleur, mais bien pour le pire.
 
 
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  • Gabriel RACLE - Inscrit
    17 avril 2009 09 h 37
    Une rivalité religieuse
    Si G.W. Bush et ses conseillers belliqueux avaient eu quelque connaissance de l'histoire tumultueuse de l'Irak, ils n'y auraient sans doute pas mis les pieds et n'Auraient pas pensé être accueillis, comme ils le croyaient, la fleur au fusil. Bagdad n'est pas Lisbonne, Le président d'alors de la République française l'avait prévu, s'engager en Irak, c'est ouvrir une boîte de Pandore et nul ne sait ce qui peut en sortir.

    On le sait maintenant, mais ce n'est pas la fin. La rivalité entre les Sunnites et les Chiites date de la sanglante bataille de Kerbala, le 10 octobre 680, au cours de laquelle l'iman Hussein, deuxième fils d'Ali et petit-fils de Mahomet, a été décapité par ses adversaires. Et ce problème de fond, la rivalité entre ces deux groupes, ne s'est jamais vraiment apaisée. S. Hussein maintenait le calme dans son pays avec une main de fer.

    Ce sont maintenant les Chiites qui détiennent les commandes, avec l'appui de l'Iran, ce qui ne peut que déplaire à l'Arabie saoudite, de confession sunnite. L'Europe a connu ses guerres de religion, en France, en Suisse, dans les Pays=Bas espagnols, en Espagne, et les conflits de ce genre mettent du temps à s'apaiser. Lorsqu'ils se doublent d'une rivalité politique ou économique, l'histoire peut se perpétuer longtemps.

    Il faut donc ajouter l'importance de cette rivalité religieuse, profondément ancrée dans le paysage irakien, à la description que nous donne l'article. Ce n'est pas une simple question de puissance régionale.
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