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Bush soutient Rumsfeld

Le secrétaire à la Défense nie les rumeurs de négociation d'un cessez-le-feu

Donald Rumsfeld et les généraux ont montré un front uni hier.
Photo : Agence Reuters
Donald Rumsfeld et les généraux ont montré un front uni hier.
Washington — Le président américain George W. Bush a pleine confiance en Donald Rumsfeld, a affirmé hier la Maison-Blanche en réaction aux critiques adressées au secrétaire à la Défense sur le déroulement de la guerre en Irak.

«Le président a confiance dans le plan, il l'accepte, le plan marche et c'est l'approche retenue par le président. Il y a certainement d'autres gens qui vont donner leur avis, mais c'est ce que pense le président», a déclaré le porte-parole de la présidence américaine Ari Fleischer.

«Le président place une confiance absolue dans le secrétaire Rumsfeld et ses généraux dans la direction et les décisions du secrétaire Rumsfeld parce que le président considère la campagne militaire comme un succès», avait indiqué auparavant un responsable de l'administration Bush sous le couvert de l'anonymat.

Le New York Times a nourri hier la polémique en citant de hauts responsables militaires accusant M. Rumsfeld d'être intervenu pour limiter les effectifs engagés en Irak. «Les nerfs sont à fleur de peau, certains officiers comparant Rumsfeld à Robert McNamara, l'architecte de la guerre du Vietnam, qui avait échoué à comprendre les réalités politiques et militaires du Vietnam», rapporte le quotidien. «Il a voulu mener cette guerre sans dépenser trop de sous: il a eu ce qu'il voulait», affirme un colonel anonyme cité par le journal.

«Nous sommes un pays libre et tout le monde a le droit de critiquer», a estimé hier Ari Fleischer. Il a toutefois tenu à placer le président des États-Unis, à ce titre commandant des forces armées, au-dessus de la mêlée: «Il faut se rendre compte que la tâche d'un commandant en chef est, après avoir établi le plan avec les généraux, le secrétariat à la Défense et le Conseil national de sécurité, de surveiller son application. Le commandant en chef n'a ni le besoin ni le devoir de s'impliquer dans les déclarations que certains veulent faire», a dit le porte-parole présidentiel.

La présidence américaine préfère mettre en avant les signes de ralliement de la population irakienne, qu'elle juge de plus en plus nombreux. «Quand vous regardez l'ensemble du théâtre d'opérations, le président estime que, lentement mais sûrement, les Irakiens se rallient car ils voient l'amélioration de la sécurité là où ils vivent et l'aide humanitaire distribuée en quantités de plus en plus importantes», a affirmé Ari Fleischer, ajoutant que le président Bush «regrette la perte de vies innocentes».

Plusieurs responsables de l'administration Bush avaient laissé entendre avant le début du conflit que les troupes seraient accueillies en libératrices par les Irakiens, ce qui ne s'est pas encore produit à grande échelle.

Donald Rumsfeld a également été défendu hier par le Wall Street Journal. Dans un éditorial, le journal des milieux d'affaires souligne qu'«une chose que les critiques ne vous pardonnent pas à Washington, c'est d'avoir raison».

M. Rumsfeld, a pour sa part démenti hier toute rumeur de négociations de cessez-le-feu avec l'Irak ou de présentation d'un plan de paix d'un pays tiers, en assurant que les États-Unis n'accepteraient de discuter que d'une reddition inconditionnelle.

Le chef du Pentagone, qui donnait une conférence de presse, a tenu à s'adresser directement aux Irakiens écoutant la transmission de ses propos à la radio.

«Des responsables irakiens répandent des rumeurs selon lesquelles la coalition a engagé des négociations sur un cessez-le-feu avec le régime et qu'un plan de paix présenté par un pays tiers est en cours d'examen.» «Leur but, a-t-il poursuivi, est de convaincre les Irakiens que la coalition n'a pas l'intention de finir sa tâche. Puisque mes propos sont transmis [par la radio] en Irak, je tiens à dire à tous les Irakiens qui écoutent: le régime ne vous dit pas la vérité. Sa fin viendra et elle est proche. La seule chose dont la coalition discutera [...] est sa reddition sans conditions.»
 
 
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