Plan de guerre - Les critiques fusent au sein de l'administration
1 avril 2003
Actualités internationales
Washington — Une dizaine de jours après le début des combats, les accusations fusent dans la presse américaine où, sous couvert de l'anonymat, des responsables du renseignement et du Pentagone dénoncent des erreurs d'évaluation dans la guerre contre l'Irak.
Officiellement, le ton des responsables américains, autant politiques que militaires, reste celui de l'unité. En coulisses toutefois, des sources anonymes, confortées par les difficultés sur le terrain face à la résistance irakienne, se laissent aller à la critique et s'en épanchent dans les colonnes des journaux.
Le magazine New Yorker rapportait dans son édition d'hier que plusieurs stratèges américains avaient accusé le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld d'avoir délibérément ignoré leurs recommandations en faveur d'un accroissement des effectifs engagés.
Dans la même veine, jeudi, une semaine après l'ouverture des hostilités, le Washington Post a donné la parole à des «analystes du renseignement» à la CIA et au Pentagone accusant l'équipe Bush de ne pas avoir traduit leurs mises en garde «dans les prévisions faites en public par l'administration».
Or, selon ces analystes, ces avertissements étaient destinés à montrer «combien la guerre serait difficile» et comment les troupes américaines risquaient de se heurter à une résistance de paramilitaires irakiens.
Avec les difficultés rencontrées durant les opérations, ces accusations ont pris la forme d'un règlement de compte qui n'est pas sans évoquer celui qui a suivi les attentats du 11 septembre, chaque agence du renseignement accusant l'autre d'avoir été incapable de prévoir les pires attentats de l'histoire.
«Le renseignement que nous avons accumulé avant la guerre reflète avec précision ce que les troupes voient sur le terrain maintenant», a affirmé au Post «un responsable du renseignement militaire». «La question est de savoir si les auteurs du plan et les politiciens ont pris en compte ces informations dans sa préparation», a-t-il insisté.
Au point que le New York Times soulignait récemment qu'il y a désormais «deux visions de la guerre: sur le terrain et au sommet» de la hiérarchie.
Le Wall Street Journal, hier, en citant «de hauts responsables militaires», se joint aux appréciations de généraux, notamment William Wallace, commandant des forces terrestres en Irak, qui divergent avec l'état-major à propos de «l'insuffisance de la présence de 100 000 soldats américains sur le sol irakien face une résistance plus rude que prévue».
Le général Tommy Franks, commandant des opérations de l'armée américaine sur le terrain et auteur du plan de guerre, a cru bon dimanche de nier toute divergence, notamment avec M. Rumsfeld, sur la conduite des combats. «Très peu de gens connaissent la façon dont ce plan [de bataille] a été élaboré. Personne n'a influé sur son déroulement sinon le commandant opérationnel», a affirmé le général Franks lors d'une conférence de presse à son QG du Qatar.
Le Post fait en outre état de discrètes tractations menées par des républicains qui tentent de démontrer au président Bush qu'il a été mal conseillé. Ces républicains seraient proches de la ligne généralement plus modérée du secrétaire d'État Colin Powell.
Officiellement, le ton des responsables américains, autant politiques que militaires, reste celui de l'unité. En coulisses toutefois, des sources anonymes, confortées par les difficultés sur le terrain face à la résistance irakienne, se laissent aller à la critique et s'en épanchent dans les colonnes des journaux.
Le magazine New Yorker rapportait dans son édition d'hier que plusieurs stratèges américains avaient accusé le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld d'avoir délibérément ignoré leurs recommandations en faveur d'un accroissement des effectifs engagés.
Dans la même veine, jeudi, une semaine après l'ouverture des hostilités, le Washington Post a donné la parole à des «analystes du renseignement» à la CIA et au Pentagone accusant l'équipe Bush de ne pas avoir traduit leurs mises en garde «dans les prévisions faites en public par l'administration».
Or, selon ces analystes, ces avertissements étaient destinés à montrer «combien la guerre serait difficile» et comment les troupes américaines risquaient de se heurter à une résistance de paramilitaires irakiens.
Avec les difficultés rencontrées durant les opérations, ces accusations ont pris la forme d'un règlement de compte qui n'est pas sans évoquer celui qui a suivi les attentats du 11 septembre, chaque agence du renseignement accusant l'autre d'avoir été incapable de prévoir les pires attentats de l'histoire.
«Le renseignement que nous avons accumulé avant la guerre reflète avec précision ce que les troupes voient sur le terrain maintenant», a affirmé au Post «un responsable du renseignement militaire». «La question est de savoir si les auteurs du plan et les politiciens ont pris en compte ces informations dans sa préparation», a-t-il insisté.
Au point que le New York Times soulignait récemment qu'il y a désormais «deux visions de la guerre: sur le terrain et au sommet» de la hiérarchie.
Le Wall Street Journal, hier, en citant «de hauts responsables militaires», se joint aux appréciations de généraux, notamment William Wallace, commandant des forces terrestres en Irak, qui divergent avec l'état-major à propos de «l'insuffisance de la présence de 100 000 soldats américains sur le sol irakien face une résistance plus rude que prévue».
Le général Tommy Franks, commandant des opérations de l'armée américaine sur le terrain et auteur du plan de guerre, a cru bon dimanche de nier toute divergence, notamment avec M. Rumsfeld, sur la conduite des combats. «Très peu de gens connaissent la façon dont ce plan [de bataille] a été élaboré. Personne n'a influé sur son déroulement sinon le commandant opérationnel», a affirmé le général Franks lors d'une conférence de presse à son QG du Qatar.
Le Post fait en outre état de discrètes tractations menées par des républicains qui tentent de démontrer au président Bush qu'il a été mal conseillé. Ces républicains seraient proches de la ligne généralement plus modérée du secrétaire d'État Colin Powell.
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