À Bassora, des civils pris entre deux feux
31 mars 2003
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Scène de guerre: fuir ou rejoindre la résistance irakienne.
Bassora — Des centaines d'habitants de Bassora (sud) continuaient à quitter la ville hier, cherchant à échapper à l'enrôlement par les partisans de Saddam Hussein, dont la résistance ne devrait pas s'atténuer de sitôt, selon des militaires britanniques postés à la périphérie.
Yassem, 33 ans, est soulagé après avoir passé les barrages à la sortie de la ville. «Les militaires [irakiens] nous connaissent tous. Ils vont de maison en maison et nous disent: "Que faites-vous là-dedans? Prenez une arme et combattez avec nous". Celui qui refuse, ils l'obligent ou le tuent», déclare-t-il.
D'autres habitants également arrivés hier à la périphérie de l'agglomération confirment que la population civile se sent prise entre deux feux et craint les partisans du régime irakien qu'ils disent capables de tirer pour empêcher les gens de quitter la ville.
«Ils pensent que si Bassora se vide de ses civils, il sera facile pour les troupes étrangères d'en finir avec la ville», explique l'un d'eux.
Les habitants en fuite vers le sud où ils espèrent trouver davantage de sécurité et de l'eau potable, une denrée qui manque à Bassora depuis une semaine, ne font pas pour autant confiance aux soldats britanniques qui contrôlent au barrage installé à la sortie de la ville leur véhicules et les quelques biens emportés de chez eux.
«Les Américains nous ont déjà oubliés une fois en 1991. Pourquoi devrions-nous leur faire confiance maintenant ?» demande Saami, 33 ans, qui explique qu'il a refusé samedi de rejoindre la «résistance» dans Bassora et a été rossé de coups par des miliciens pro-Saddam.
Selon les témoignages d'habitants sortis de Bassora, les tirs des forces anglo-américaines ciblaient très précisément ces dernières heures les partisans du régime dans la ville.
«Hier matin, entre deux et six heures, une grande garnison des forces militaires irakiennes a été bombardée. Nombre d'entre elles se sont réfugiées dans un bâtiment civil voisin qui était vide et qui a été attaqué immédiatement après», raconte Kamal, un étudiant.
Il suggère que des forces spéciales de la coalition anglo-américaine pourraient déjà combattre dans la ville même, mais cela n'a pu être confirmé par aucun porte-parole militaire.
Des soldats britanniques interrogés par l'AFP soulignent qu'il est difficile de distinguer les civils des miliciens et de répondre sans risques à des attaques de groupes camouflés, fondus dans la population.
«C'est la stratégie de la peur. Nous savons que la Garde républicaine oblige tous les hommes entre 16 et 60 ans à combattre. Mais les habitants savent que nous sommes venus pour les aider et espèrent que nous les libèrerons de Saddam Hussein au plus tôt», déclare le capitaine Patrick Truman.
La bataille de Bassora dure plus que prévu et, selon les Britanniques, il n'y a pour l'instant pas de signes que la résistance des miliciens pro-Saddam, estimés à «plus de 2000», s'atténue.
Une rébellion de la population civile dans Bassora paraît peu probable dans ces circonstances. «Ce serait un suicide, car s'ils se soulèvent et si nous n'avons pas bien finalisé notre tâche, les miliciens viendront les chercher et les tueront», estime un soldat britannique.
Yassem, 33 ans, est soulagé après avoir passé les barrages à la sortie de la ville. «Les militaires [irakiens] nous connaissent tous. Ils vont de maison en maison et nous disent: "Que faites-vous là-dedans? Prenez une arme et combattez avec nous". Celui qui refuse, ils l'obligent ou le tuent», déclare-t-il.
D'autres habitants également arrivés hier à la périphérie de l'agglomération confirment que la population civile se sent prise entre deux feux et craint les partisans du régime irakien qu'ils disent capables de tirer pour empêcher les gens de quitter la ville.
«Ils pensent que si Bassora se vide de ses civils, il sera facile pour les troupes étrangères d'en finir avec la ville», explique l'un d'eux.
Les habitants en fuite vers le sud où ils espèrent trouver davantage de sécurité et de l'eau potable, une denrée qui manque à Bassora depuis une semaine, ne font pas pour autant confiance aux soldats britanniques qui contrôlent au barrage installé à la sortie de la ville leur véhicules et les quelques biens emportés de chez eux.
«Les Américains nous ont déjà oubliés une fois en 1991. Pourquoi devrions-nous leur faire confiance maintenant ?» demande Saami, 33 ans, qui explique qu'il a refusé samedi de rejoindre la «résistance» dans Bassora et a été rossé de coups par des miliciens pro-Saddam.
Selon les témoignages d'habitants sortis de Bassora, les tirs des forces anglo-américaines ciblaient très précisément ces dernières heures les partisans du régime dans la ville.
«Hier matin, entre deux et six heures, une grande garnison des forces militaires irakiennes a été bombardée. Nombre d'entre elles se sont réfugiées dans un bâtiment civil voisin qui était vide et qui a été attaqué immédiatement après», raconte Kamal, un étudiant.
Il suggère que des forces spéciales de la coalition anglo-américaine pourraient déjà combattre dans la ville même, mais cela n'a pu être confirmé par aucun porte-parole militaire.
Des soldats britanniques interrogés par l'AFP soulignent qu'il est difficile de distinguer les civils des miliciens et de répondre sans risques à des attaques de groupes camouflés, fondus dans la population.
«C'est la stratégie de la peur. Nous savons que la Garde républicaine oblige tous les hommes entre 16 et 60 ans à combattre. Mais les habitants savent que nous sommes venus pour les aider et espèrent que nous les libèrerons de Saddam Hussein au plus tôt», déclare le capitaine Patrick Truman.
La bataille de Bassora dure plus que prévu et, selon les Britanniques, il n'y a pour l'instant pas de signes que la résistance des miliciens pro-Saddam, estimés à «plus de 2000», s'atténue.
Une rébellion de la population civile dans Bassora paraît peu probable dans ces circonstances. «Ce serait un suicide, car s'ils se soulèvent et si nous n'avons pas bien finalisé notre tâche, les miliciens viendront les chercher et les tueront», estime un soldat britannique.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

