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Le respect de la différence

La Chine est prête à discuter des droits de la personne avec le Canada à certaines conditions

La Chine est d'accord pour ne pas écarter la délicate question des droits de la personne dans le cadre de ses relations économiques avec le Canada, mais cela devra se faire dans le «respect» des différences des deux pays.

C'est ce qu'a fait valoir hier l'ambassadeur de la République populaire de Chine au Canada, Lan Lijun, au cours d'un discours prononcé à l'invitation du Conseil des relations internationales de Montréal.

Il a d'ailleurs soutenu que les droits de la personne avaient fait des progrès importants au cours des 30 dernières années en Chine en raison «des réformes et de la politique d'ouverture», soulignant que pendant la Révolution culturelle, la chose n'était même pas mentionnée.

Aujourd'hui, a poursuivi le diplomate, «pour un pays comme la Chine, qui compte plus de 1,3 milliard d'habitants, les droits de la personne passent par une vie différente, avec l'accès au logement, l'alimentation et l'éducation».

M. Lijun a tout de même répété que Pékin était à l'aise avec l'idée de discuter du respect des droits de la personne. «Tant que c'est fait dans le respect mutuel et l'égalité, je crois que nous sommes ouverts aux discussions sur les droits humains, a résumé le représentant de la plus grande dictature au monde. Nous pouvons nous entendre pour dire que nous ne nous entendons pas, mais nous ne devons pas nous pointer du doigt mutuellement.»

L'ambassadeur chinois a d'ailleurs insisté sur l'importance d'aborder la question en tenant compte du fait que les deux pays ont des «perspectives différentes». L'empire du Milieu et le Canada ont «un bagage social et historique différent» à prendre en compte, a rappelé M. Lijun.

Des manifestants pro-Tibet se sont toutefois invités à la conférence. «Les Canadiens n'accepteront jamais les tentatives de votre gouvernement de faire passer les profits avant les droits humains des Tibétains», a notamment lancé Arianne Gravel. «Je ne sais pas de quoi elle parle», a répondu l'ambassadeur, suscitant quelques rires parmi l'assistance.

Le diplomate a par ailleurs réaffirmé sa confiance dans la reprise économique à la suite de la crise actuelle, invitant les pays riches à faire davantage de place aux pays en développement, notamment au sein d'institutions comme le Fonds monétaire international. Il a aussi défendu la nécessité de maintenir et même d'accroître le «libre-échange», rejetant toute forme de «protectionnisme».
 
 
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  • Marc Gauthier - Abonné
    3 avril 2009 11 h 24
    L'opacité chinoise.
    Plusieurs gouvernements utilisent les médias, qu'ils contrôlent pour manipuler l'opinion publique. On mentionne souvent le cas des américains et de la russie, par exemple. Dans le cas de la chine cette manipulation est encore beaucoup plus efficace grâce à la barrière du language. La grande majorité des chinois ne parlent que le mandarin, une langue que la grande majorité du reste de la planète ne parle pas.

    Le gouverment chinois contrôle d'ailleurs absolument tout, de la radio à la télé, l'éducation etc. et n'hésite pas à exécuter les gens qui s'oppose au régime communiste par leur opinions ou gestes.

    Je n'ai même pas de difficulté à croire que l'embassadeur chinois puisse ne pas être au courant de l'opinion mondiale en ce qui a trait au tibet ou de la réelle situation qui y sévit depuis 50 ans, comme des réelles considérations mercantiles de la chine envers ce bout de pays. Ou peut-être voulait-t-il simplement éviter de risquer sa propre peau?
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