Abdou Diouf de passage à Montréal - La Francophonie songe à suspendre Madagascar et à déplacer son sommet
26 mars 2009
Actualités internationales
Abdou Diouf a dit hier qu’une décision concernant Madagascar sera prise le 2 avril.
L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pourrait bien emboîter le pas à l'Union africaine et suspendre Madagascar, ce qui l'obligerait à confier à un autre pays l'organisation du prochain sommet francophone, qui y est prévu en 2010.
Dans une allocution prononcée hier à Montréal, le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, a précisé qu'une décision à ce sujet serait prise le 2 avril (jeudi prochain) par le conseil permanent de l'organisation.
«Pour Madagascar, nous considérons que le pouvoir a changé de main de façon non constitutionnelle. Et ce manquement doit être sanctionné», a déclaré M. Diouf en réponse à une question de l'ex-député péquiste Daniel Turp.
«J'ai convoqué le conseil permanent de la Francophonie pour le 2 avril et je compte faire une proposition concrète à cet égard. Il est évident que, dans l'hypothèse où Madagascar serait suspendu, je ne vois pas comment [ce pays] pourrait organiser le sommet. Ce n'est pas possible», a ajouté l'ancien chef d'État sénégalais.
Le choix de la capitale malgache, Antananarivo, avait été fait lors du dernier sommet francophone, à Québec, l'automne dernier.
La crise malgache
En poste depuis 2002, réélu en 2006, le président malgache Marc Ravalomanana a été forcé de démissionner le 17 mars après avoir perdu le soutien de l'armée, qui a remis le pouvoir au maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina. La crise politique commencée fin janvier a fait environ 135 morts.
Plusieurs gouvernements étrangers et organisations internationales, dont l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne, ont condamné la prise du pouvoir par le nouvel homme fort malgache, assimilée à un «coup d'État».
Abdou Diouf a défendu hier l'action de l'OIF en matière de promotion de la démocratie et des droits de la personne.
Le club des pays francophones avait adopté à cet effet, en 2000, un texte intitulé Déclaration de Bamako.
«Surtout, j'évite le relativisme en la matière, a-t-il déclaré. Bien sûr, nous nous battons tous pour la diversité culturelle, mais je dis attention, la diversité culturelle ne veut pas dire que certaines valeurs ne sont pas universelles. Il n'est pas question, au nom de la diversité culturelle, de dire que dans tel pays on va tolérer telle ou telle chose.»
«La Francophonie a été à l'avant-garde pour le mécanisme de l'évaluation périodique universelle», a-t-il ajouté, faisant allusion à une procédure mise en place par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Le français
Lors de son discours organisé sous les auspices du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Diouf a d'autre part reconnu que l'usage du français dans les organisations internationales n'a pas progressé, malgré l'adoption de mesures en ce sens lors du Sommet de Bucarest en 2006. «Il faut avoir le courage de dire [...] que tous les représentants ou fonctionnaires de nos pays membres en poste dans les organisations internationales ne jouent pas le jeu et qu'ils sont nombreux à choisir l'anglais quand rien ni personne ne les y oblige», a-t-il déclaré, appelant à «un plus grand volontarisme» de la part des pays membres.
«Au moins, il reconnaît que c'est grave, a noté la députée et ancienne ministre Louise Beaudoin, interrogée par Le Devoir. L'Observatoire de la langue française de l'OIF mis en place à l'Université Laval va permettre de mieux connaître la réalité, de savoir qui applique le vade mecum [l'ensemble de règles sur l'emploi du français adopté à Bucarest] et qui ne l'applique pas.»
L'Organisation internationale de la Francophonie regroupe 55 États et gouvernements membres et 13 observateurs répartis sur les cinq continents.
Dans une allocution prononcée hier à Montréal, le secrétaire général de l'OIF, Abdou Diouf, a précisé qu'une décision à ce sujet serait prise le 2 avril (jeudi prochain) par le conseil permanent de l'organisation.
«Pour Madagascar, nous considérons que le pouvoir a changé de main de façon non constitutionnelle. Et ce manquement doit être sanctionné», a déclaré M. Diouf en réponse à une question de l'ex-député péquiste Daniel Turp.
«J'ai convoqué le conseil permanent de la Francophonie pour le 2 avril et je compte faire une proposition concrète à cet égard. Il est évident que, dans l'hypothèse où Madagascar serait suspendu, je ne vois pas comment [ce pays] pourrait organiser le sommet. Ce n'est pas possible», a ajouté l'ancien chef d'État sénégalais.
Le choix de la capitale malgache, Antananarivo, avait été fait lors du dernier sommet francophone, à Québec, l'automne dernier.
La crise malgache
En poste depuis 2002, réélu en 2006, le président malgache Marc Ravalomanana a été forcé de démissionner le 17 mars après avoir perdu le soutien de l'armée, qui a remis le pouvoir au maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina. La crise politique commencée fin janvier a fait environ 135 morts.
Plusieurs gouvernements étrangers et organisations internationales, dont l'ONU, l'Union africaine et l'Union européenne, ont condamné la prise du pouvoir par le nouvel homme fort malgache, assimilée à un «coup d'État».
Abdou Diouf a défendu hier l'action de l'OIF en matière de promotion de la démocratie et des droits de la personne.
Le club des pays francophones avait adopté à cet effet, en 2000, un texte intitulé Déclaration de Bamako.
«Surtout, j'évite le relativisme en la matière, a-t-il déclaré. Bien sûr, nous nous battons tous pour la diversité culturelle, mais je dis attention, la diversité culturelle ne veut pas dire que certaines valeurs ne sont pas universelles. Il n'est pas question, au nom de la diversité culturelle, de dire que dans tel pays on va tolérer telle ou telle chose.»
«La Francophonie a été à l'avant-garde pour le mécanisme de l'évaluation périodique universelle», a-t-il ajouté, faisant allusion à une procédure mise en place par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU.
Le français
Lors de son discours organisé sous les auspices du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Diouf a d'autre part reconnu que l'usage du français dans les organisations internationales n'a pas progressé, malgré l'adoption de mesures en ce sens lors du Sommet de Bucarest en 2006. «Il faut avoir le courage de dire [...] que tous les représentants ou fonctionnaires de nos pays membres en poste dans les organisations internationales ne jouent pas le jeu et qu'ils sont nombreux à choisir l'anglais quand rien ni personne ne les y oblige», a-t-il déclaré, appelant à «un plus grand volontarisme» de la part des pays membres.
«Au moins, il reconnaît que c'est grave, a noté la députée et ancienne ministre Louise Beaudoin, interrogée par Le Devoir. L'Observatoire de la langue française de l'OIF mis en place à l'Université Laval va permettre de mieux connaître la réalité, de savoir qui applique le vade mecum [l'ensemble de règles sur l'emploi du français adopté à Bucarest] et qui ne l'applique pas.»
L'Organisation internationale de la Francophonie regroupe 55 États et gouvernements membres et 13 observateurs répartis sur les cinq continents.
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