Pakistan - Le juge en chef retourne au bureau
Photo : Agence Reuters
Le juge Chaudhry hier, à son arrivée dans les bureaux de la Cour suprême.
Islamabad — Cris de bienvenue, pluie de pétales de roses: une foule d'avocats en liesse a salué hier le retour à son bureau d'Islamabad du président de la Cour suprême pakistanaise, Iftikhar Chaudhry, 16 mois après son éviction par l'ancien président Pervez Moucharraf.
Le magistrat, réputé pour son indépendance et son combat contre la corruption, a été rétabli dans ses fonctions le 16 mars sous la pression des hommes en noir et de l'opposition.
À peine revenu à son poste, il a appelé les avocats massés devant le bâtiment à s'attaquer à la corruption au sein même de l'appareil judiciaire. «La corruption sévit dans cette institution. Vous devez signaler ces affaires», a-t-il dit.
Iftikhar Chaudhry avait été évincé le soir de la proclamation de l'état d'urgence par Pervez Moucharraf, le 3 novembre 2007, qui craignait que le juge de la Cour suprême conteste sa stratégie pour se maintenir au pouvoir.
Moucharraf comptait alors se faire réélire à la tête de l'État alors qu'il était encore chef de l'armée, mais la décision de révoquer le juge a été très mal accueillie dans l'opinion, aboutissant à la défaite du parti pro Moucharraf aux élections législatives de février 2008.
Son successeur à la présidence, Asif Ali Zardari, élu voici six mois par le parlement, a longtemps hésité à rétablir Chaudhry à son poste.
Selon les commentateurs, le veuf de l'ancien premier ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, redoutait qu'Iftikhar Chaudhry invalide une amnistie accordée par Moucharraf à Bhutto et Zardari pour leur permettre de revenir d'exil sans crainte d'être poursuivis pour corruption.
Mais le pouvoir a fini par céder devant la campagne menée sans relâche par les avocats en faveur du rétablissement du président de la Cour suprême, avec le soutien du chef de l'opposition, l'ancien premier ministre Nawaz Sharif.
La décision de rétablir Chaudhry a permis de faire baisser la tension entre les deux grands partis pakistanais, le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Zardari et la Ligue musulmane du Pakistan (Nawaz) de Nawaz Sharif. Mais d'autres sujets de dissension n'ont toujours pas été réglés, à commencer par la question de l'éligibilité de Sharif et celle du contrôle du Pendjab, la province la plus peuplée, la plus prospère et la plus influente du pays.
Le magistrat, réputé pour son indépendance et son combat contre la corruption, a été rétabli dans ses fonctions le 16 mars sous la pression des hommes en noir et de l'opposition.
À peine revenu à son poste, il a appelé les avocats massés devant le bâtiment à s'attaquer à la corruption au sein même de l'appareil judiciaire. «La corruption sévit dans cette institution. Vous devez signaler ces affaires», a-t-il dit.
Iftikhar Chaudhry avait été évincé le soir de la proclamation de l'état d'urgence par Pervez Moucharraf, le 3 novembre 2007, qui craignait que le juge de la Cour suprême conteste sa stratégie pour se maintenir au pouvoir.
Moucharraf comptait alors se faire réélire à la tête de l'État alors qu'il était encore chef de l'armée, mais la décision de révoquer le juge a été très mal accueillie dans l'opinion, aboutissant à la défaite du parti pro Moucharraf aux élections législatives de février 2008.
Son successeur à la présidence, Asif Ali Zardari, élu voici six mois par le parlement, a longtemps hésité à rétablir Chaudhry à son poste.
Selon les commentateurs, le veuf de l'ancien premier ministre Benazir Bhutto, assassinée en décembre 2007, redoutait qu'Iftikhar Chaudhry invalide une amnistie accordée par Moucharraf à Bhutto et Zardari pour leur permettre de revenir d'exil sans crainte d'être poursuivis pour corruption.
Mais le pouvoir a fini par céder devant la campagne menée sans relâche par les avocats en faveur du rétablissement du président de la Cour suprême, avec le soutien du chef de l'opposition, l'ancien premier ministre Nawaz Sharif.
La décision de rétablir Chaudhry a permis de faire baisser la tension entre les deux grands partis pakistanais, le Parti du peuple pakistanais (PPP) de Zardari et la Ligue musulmane du Pakistan (Nawaz) de Nawaz Sharif. Mais d'autres sujets de dissension n'ont toujours pas été réglés, à commencer par la question de l'éligibilité de Sharif et celle du contrôle du Pendjab, la province la plus peuplée, la plus prospère et la plus influente du pays.
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