Les images de prisonniers pourraient ébranler l'opinion aux États-Unis
Davantage d'images de guerre, comme celles des soldats américains capturés par les Irakiens présentées dimanche, pourrait faire fléchir l'appui de la population américaine à l'égard de l'intervention militaire en Irak. Mais si l'opinion politique américaine est volatile, elle se bute à une censure des réseaux de télévision américains qui prennent bien garde, depuis le début du conflit, de montrer des scènes trop dures, remarquent plusieurs experts.
Selon divers sondages, dont celui publié par Gallup pour le compte de CNN et du USA Today, près de trois Américains sur quatre sont favorables à la frappe militaire en Irak. L'appui de la population a d'ailleurs connu un sommet jeudi dernier, au lendemain des premières frappes sur Bagdad et du discours du président George W. Bush, avec un taux de 76 %.
L'historien Donald Cuccioletta, professeur à la Plattsburgh State University, croit que ce chiffre n'est pas très élevé. Au début de la guerre du Vietnam et lors du conflit dans le golfe Persique, rappelle-t-il, 90 % des Américains étaient d'accord avec une intervention armée. Et surtout, il estime que l'appui de la population américaine envers l'administration Bush relève davantage du patriotisme que d'un véritable soutien à l'opération militaire. «Une fois que les troupes sont sur le sol, c'est le patriotisme qui l'emporte sur les analyses», note M. Cuccioletta.
En revanche, l'opinion publique aux États-Unis est très volatile, ajoute-t-il, et la vue des cadavres ramenés au pays pourrait ébranler les convictions militaires d'une partie de la population, comme ce fut le cas dans le conflit au Vietnam. Si la guerre se prolonge et si, en plus, elle s'avère difficile, cet appui va commencer à dégringoler, croit l'historien.
La population se bute toutefois à un contrôle des images diffusées aux États-Unis. «Il y a une certaine collaboration entre le Pentagone et les grands réseaux américains, indique Claude Beauregard, analyste senior au Centre de commande de la défense nationale à Ottawa, qui indique que, depuis le 11 septembre, un malaise persiste au sein des chaînes d'information américaines plus réticentes à remettre en question l'administration Bush. M. Beauregard signale d'ailleurs que les réseaux ABC, NBC et CNN n'ont pas voulu montrer les images des prisonniers américains provenant de la chaîne Al-Jazira. «Pour comprendre ce conflit, il faut absolument sortir des États-Unis», croit M. Beauregard. «Le Pentagone dirige cette intervention comme une opération de relations publiques, poursuit-il. La question que le Pentagone se pose toujours, c'est comment gagner et conserver l'appui de la population. Et pour conserver cet appui-là, les spécialistes en relations publiques ne se gênent pas pour le dire: ne pas montrer d'images de prisonniers, de cadavres et ne pas montrer d'images qui peuvent déranger la sensibilité des Américains et des Américaines.»
Les réseaux américains sont en train de créer l'ignorance, ajoute-t-il. «50 % des Américains croient que Saddam Hussein a participé aux événements du 11 septembre et la plupart des Américains croient que les terroristes provenaient de l'Irak. Mais où sont les médias pour remettre en question ce genre de raisonnement?», se demande-t-il. Selon lui, l'opinion publique américaine pourrait mettre beaucoup de temps à changer dans ces circonstances.
Selon divers sondages, dont celui publié par Gallup pour le compte de CNN et du USA Today, près de trois Américains sur quatre sont favorables à la frappe militaire en Irak. L'appui de la population a d'ailleurs connu un sommet jeudi dernier, au lendemain des premières frappes sur Bagdad et du discours du président George W. Bush, avec un taux de 76 %.
L'historien Donald Cuccioletta, professeur à la Plattsburgh State University, croit que ce chiffre n'est pas très élevé. Au début de la guerre du Vietnam et lors du conflit dans le golfe Persique, rappelle-t-il, 90 % des Américains étaient d'accord avec une intervention armée. Et surtout, il estime que l'appui de la population américaine envers l'administration Bush relève davantage du patriotisme que d'un véritable soutien à l'opération militaire. «Une fois que les troupes sont sur le sol, c'est le patriotisme qui l'emporte sur les analyses», note M. Cuccioletta.
En revanche, l'opinion publique aux États-Unis est très volatile, ajoute-t-il, et la vue des cadavres ramenés au pays pourrait ébranler les convictions militaires d'une partie de la population, comme ce fut le cas dans le conflit au Vietnam. Si la guerre se prolonge et si, en plus, elle s'avère difficile, cet appui va commencer à dégringoler, croit l'historien.
La population se bute toutefois à un contrôle des images diffusées aux États-Unis. «Il y a une certaine collaboration entre le Pentagone et les grands réseaux américains, indique Claude Beauregard, analyste senior au Centre de commande de la défense nationale à Ottawa, qui indique que, depuis le 11 septembre, un malaise persiste au sein des chaînes d'information américaines plus réticentes à remettre en question l'administration Bush. M. Beauregard signale d'ailleurs que les réseaux ABC, NBC et CNN n'ont pas voulu montrer les images des prisonniers américains provenant de la chaîne Al-Jazira. «Pour comprendre ce conflit, il faut absolument sortir des États-Unis», croit M. Beauregard. «Le Pentagone dirige cette intervention comme une opération de relations publiques, poursuit-il. La question que le Pentagone se pose toujours, c'est comment gagner et conserver l'appui de la population. Et pour conserver cet appui-là, les spécialistes en relations publiques ne se gênent pas pour le dire: ne pas montrer d'images de prisonniers, de cadavres et ne pas montrer d'images qui peuvent déranger la sensibilité des Américains et des Américaines.»
Les réseaux américains sont en train de créer l'ignorance, ajoute-t-il. «50 % des Américains croient que Saddam Hussein a participé aux événements du 11 septembre et la plupart des Américains croient que les terroristes provenaient de l'Irak. Mais où sont les médias pour remettre en question ce genre de raisonnement?», se demande-t-il. Selon lui, l'opinion publique américaine pourrait mettre beaucoup de temps à changer dans ces circonstances.
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