Analyse: Guerre 101
24 mars 2003
Actualités internationales
Les forces anglo-américaines ont, pour l'instant, choisi d'éviter d'entrer dans Bassorah, la grande ville du sud chiite. Une tactique qui leur sera toutefois difficile de renouveler à Bagdad.
Contourner les villes permet d'aller plus vite. C'est la base de la tactique enseignée dans toutes les écoles de guerre. Selon un correspondant de l'AFP embarqués avec les troupes américaines, les éléments les plus avancés étaient hier après-midi, à «100-150 kilomètres» au sud de la capitale. L'offensive du Ve Corps de l'US Army en direction de Bagdad a débuté dans la nuit de jeudi et vendredi. Il semble progresser par bonds successifs d'environ 150 kilomètres par jour— avec des poses indispensables pour se ravitailler en carburant (un char Abrams consomme deux cents litres par heure). Cette vitesse très élevée a une conséquence : les unités blindées laissent derrière elles de nombreuses poches de résistance qu'elles n'ont pas pris le temps de réduire. Elles les contournent, les bousculent parfois, mais laissent aux troupes du deuxième échelon le soin de finir le travail. D'où les combats qui se poursuivent, par exemple à Nasiriyah, la première ville rencontrée sur l'Euphrate.
Si ce raid dans la profondeur du territoire irakien se poursuit, les troupes américaines arriveront dans les faubourgs de Bagdad. Que se passera-t-il alors? Il est impossible de le dire. L'objectif des militaires est clairement politique: en fonçant sur la capitale, il s'agit de «prouver aux Irakiens que Saddam et son régime sont finis», comme l'a expliqué le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. «Nous leur avons permis de se promener dans le désert, mais toutes nos villes résisteront» lui a rétorqué hier le vice-président
irakien, Taha Yassine Ramadan. Réponse, sans doute, dans les prochains jours.
En attendant, la liquidation des poches de résistance peut prendre du temps, comme on le voit sur la façade maritime de l'Irak. Une partie des soldats irakiens semble décidée à se battre, alors que la priorité absolue des Américains est de préserver la vie de leurs soldats. Une situation d'autant plus compliquée que les deux armées se trouvent désormais entremêlées.
«Lorsque qu'une unité américaine tombe sur l'ennemi, elle se protège et attend de créer un rapport de cinq contre un avant de repartir à l'assaut», raconte un officier français, qui a été en poste outre-Atlantique. Cette manière de faire remonte à la Seconde Guerre mondiale: de nombreux villages ont été écrasés par l'artillerie lourde ou l'aviation parce qu'une section de fantassins allemands s'y étaient retranché...
Au sud, les Marines et les soldats britanniques tentent de contrôler le littoral, sans aller à Bassorah, une ville d'un million d'habitants à une cinquante de kilomètres. Dans cette région du Chatt-al-Arab, les combats se déroulent sur un terrain très difficile, où la mer, le fleuve et la terre se mêlent au milieu des terminaux pétroliers et des infrastructures portuaires. Rien à voir avec les grandes étendues désertiques sur lesquels galopent les chars Abrams et Bradley.
Ces deux grands objectifs terrestres (Bagdad et le littoral) n'épuisent pas les opérations militaires, qui se déroulent en même temps sur trois autres fronts: le nord, l'ouest et les frappes aériennes. Celles-ci se poursuivent intensément. Un millier de missile de croisière aurait déjà été tirés, avance le Pentagone, sans compter les bombes guidées par laser ou au GPS. La campagne aérienne vise toujours à décapiter le pouvoir et à la priver de ses outils de communication et de répression, comme la garde républicaine spéciale.
Aucune évaluation sérieuse n'est pour l'instant disponible, d'autant que l'objectif n'est pas la destruction de chars ou d'avions, mais le collapsus du régime.
Dans l'ouest désertique de l'Irak, connue sous le nom de «zone H», les opérations se poursuivent pour le contrôle de bases aériennes (H2, H3) qui offriraient un «pied-à-terre» aux Américains dans ce secteur, le seul à partir les Irakiens pourraient tirer des armes de destruction massive contre Israël.
Contourner les villes permet d'aller plus vite. C'est la base de la tactique enseignée dans toutes les écoles de guerre. Selon un correspondant de l'AFP embarqués avec les troupes américaines, les éléments les plus avancés étaient hier après-midi, à «100-150 kilomètres» au sud de la capitale. L'offensive du Ve Corps de l'US Army en direction de Bagdad a débuté dans la nuit de jeudi et vendredi. Il semble progresser par bonds successifs d'environ 150 kilomètres par jour— avec des poses indispensables pour se ravitailler en carburant (un char Abrams consomme deux cents litres par heure). Cette vitesse très élevée a une conséquence : les unités blindées laissent derrière elles de nombreuses poches de résistance qu'elles n'ont pas pris le temps de réduire. Elles les contournent, les bousculent parfois, mais laissent aux troupes du deuxième échelon le soin de finir le travail. D'où les combats qui se poursuivent, par exemple à Nasiriyah, la première ville rencontrée sur l'Euphrate.
Si ce raid dans la profondeur du territoire irakien se poursuit, les troupes américaines arriveront dans les faubourgs de Bagdad. Que se passera-t-il alors? Il est impossible de le dire. L'objectif des militaires est clairement politique: en fonçant sur la capitale, il s'agit de «prouver aux Irakiens que Saddam et son régime sont finis», comme l'a expliqué le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. «Nous leur avons permis de se promener dans le désert, mais toutes nos villes résisteront» lui a rétorqué hier le vice-président
irakien, Taha Yassine Ramadan. Réponse, sans doute, dans les prochains jours.
En attendant, la liquidation des poches de résistance peut prendre du temps, comme on le voit sur la façade maritime de l'Irak. Une partie des soldats irakiens semble décidée à se battre, alors que la priorité absolue des Américains est de préserver la vie de leurs soldats. Une situation d'autant plus compliquée que les deux armées se trouvent désormais entremêlées.
«Lorsque qu'une unité américaine tombe sur l'ennemi, elle se protège et attend de créer un rapport de cinq contre un avant de repartir à l'assaut», raconte un officier français, qui a été en poste outre-Atlantique. Cette manière de faire remonte à la Seconde Guerre mondiale: de nombreux villages ont été écrasés par l'artillerie lourde ou l'aviation parce qu'une section de fantassins allemands s'y étaient retranché...
Au sud, les Marines et les soldats britanniques tentent de contrôler le littoral, sans aller à Bassorah, une ville d'un million d'habitants à une cinquante de kilomètres. Dans cette région du Chatt-al-Arab, les combats se déroulent sur un terrain très difficile, où la mer, le fleuve et la terre se mêlent au milieu des terminaux pétroliers et des infrastructures portuaires. Rien à voir avec les grandes étendues désertiques sur lesquels galopent les chars Abrams et Bradley.
Ces deux grands objectifs terrestres (Bagdad et le littoral) n'épuisent pas les opérations militaires, qui se déroulent en même temps sur trois autres fronts: le nord, l'ouest et les frappes aériennes. Celles-ci se poursuivent intensément. Un millier de missile de croisière aurait déjà été tirés, avance le Pentagone, sans compter les bombes guidées par laser ou au GPS. La campagne aérienne vise toujours à décapiter le pouvoir et à la priver de ses outils de communication et de répression, comme la garde républicaine spéciale.
Aucune évaluation sérieuse n'est pour l'instant disponible, d'autant que l'objectif n'est pas la destruction de chars ou d'avions, mais le collapsus du régime.
Dans l'ouest désertique de l'Irak, connue sous le nom de «zone H», les opérations se poursuivent pour le contrôle de bases aériennes (H2, H3) qui offriraient un «pied-à-terre» aux Américains dans ce secteur, le seul à partir les Irakiens pourraient tirer des armes de destruction massive contre Israël.
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