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L'offensive s'organise sur le front nord de l'Irak

Des forces spéciales américaines débarquent au Kurdistan

Famille irakienne sur fond de troupes américaines près de Bassorah, dans le sud de l’Irak. Tandis que les troupes américano-britanniques progressent vers Bagdad par le sud et l’ouest, des informations donnent à penser que le front kurde est à so
Photo : Agence Reuters
Famille irakienne sur fond de troupes américaines près de Bassorah, dans le sud de l’Irak. Tandis que les troupes américano-britanniques progressent vers Bagdad par le sud et l’ouest, des informations donnent à penser que le front kurde est à so
Souleimaniyeh — Des forces spéciales américaines sont arrivées en nombre au Kurdistan d'Irak, débarquant de quatre avions dans la nuit de samedi à hier, en vue de l'ouverture du front nord en Irak, a indiqué hier un haut responsable kurde.

«Il y a eu quatre avions transportant de nombreux militaires américains, principalement des forces spéciales. Ils sont déployés dans toute la région», a affirmé, sous couvert d'anonymat, un haut responsable de l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK — allié de Washington).

Les avions se sont posés sur un aéroport proche de Souleimaniyeh. C'est la première fois qu'une arrivée par avion d'un groupe relativement important de troupes américaines est annoncée au Kurdistan. Des forces spéciales y sont présentes depuis plusieurs semaines, mais c'est la première fois que l'usage de cet aéroport remis en état par les Kurdes est signalée.

Selon une autre source kurde il s'agirait de 280 hommes, dont un grand nombre ont pris position autour de Halabja, non loin de l'enclave tenue par un groupe islamique radical kurde, Ansar Al Islam, accusé par Washington de liens avec l'organisation terroriste al-Qaïda.

Les forces américaines ont bombardé hier à l'aube des positions, dans le nord de l'Irak, tenues par Ansar al Islam.

Au moins quatre bombes sont tombées sur la zone et une offensive terrestre des combattants kurdes de l'UPK devrait prochainement être lancée, a indiqué un responsable de cette organisation kurde alliée de Washington.

Les positions d'Ansar al-Islam avaient été la cible samedi à l'aube d'une première frappe avec une cinquantaine de missiles de croisière, qui avaient fait un nombre indéterminé de victimes.

«Il y a eu une nouvelle série de frappes contre Ansar. Au moins quatre grandes explosions ont été vues, bientôt nous allons en finir avec eux», a déclaré Mustafa Sayed Khader de l'UPK. Il a précisé que ce groupe radical kurde, constitué selon le modèle des Taliban afghans, compte environ 800 combattants. Il a dans ses rangs des combattants arabes venus d'Afghanistan. Ansar est également accusé de bénéficier du soutien du régime irakien de Saddam Hussein.

L'UPK a rassemblé une force de quelques 3000 peshmerga (combattants) en vue de cette attaque. Des hommes des forces spéciales américaines sont déjà dans la région pour participer à l'offensive contre Ansar al Islam.

Ces derniers contrôlent une petite enclave entre la ville kurde d'Halabja et la frontière iranienne, à 80 km à l'est de Souleimaniyeh.

La frappe de samedi avait fait 45 morts parmi une autre organisation kurde islamiste, le Komala Islami Kurdistan (KIK) (Société islamique du Kurdistan) 0 Khormal.

La raison pour laquelle le Komala a été visé par la frappe américaine n'est pas claire. Le secrétaire d'État Colin Powell avait affirmé il y a un mois qu'un laboratoire chimique d'Al Ansar était abrité à Khormal, ce que le Komala avait catégoriquement démenti en organisant une visite de journalistes étrangers.

Le responsable a justifié l'attaque contre le Komala en soulignant qu'ils avaient été mis en garde et qu'il leur avait été demandé de cesser de soutenir Ansar al Islam et d'évacuer la zone.

«Nous leur avions dit de prendre leurs distances avec Ansar, aussi bien politiquement que militairement et géographiquement. Ils n'ont pas suivi. On ne saurait jouer sur les deux tableaux», a souligné le premier ministre de l'UPK, M. Barham Saleh.
 
 
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