La guerre dans la cour d'école
Les enfants ne seront pas épargnés par les images; il faut savoir les rassurer
«Et s'ils nous attaquaient nous aussi?» «Si les enfants sortent dans la rue là-bas, est-ce qu'ils peuvent mourir?» Questions et craintes d'enfants, entraînés malgré eux ces jours derniers dans le tourbillon de la guerre. Relayé par la télé, la radio et les journaux, le conflit a de quoi troubler les grands que nous sommes. Et dans les têtes des gamins, comment ça se passe?
«Le conflit qui oppose actuellement l'Irak à nos voisins américains et leurs alliés ne laisse personne indifférent», écrivait jeudi le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, aux présidents des commissions scolaires du Québec à la suite du déclenchement de la guerre. «Ce conflit risque de susciter des réactions et des inquiétudes dans la population et encore davantage chez les enfants, inévitablement touchés par les images et les informations diffusées en temps réel à ce sujet.»
Il faut discuter
Comme le ministre, de nombreux enseignants ou parents sont peut-être restés interloqués, ces jours derniers, devant les affirmations, craintes ou interrogations des jeunes, quel que soit leur âge. Malgré la gravité des propos, tous les spécialistes s'entendent: au delà des images, il faut susciter la discussion et répondre aux questions tout en ayant bien soin de marier le discours à l'âge de l'enfant.
L'intensité de la couverture médiatique et tout spécialement le déroulement en temps réel des attaques atteindront quasi inévitablement la majorité des enfants, ce qui appelle à une plus grande vigilance, rappelait-on cette semaine au Hospital for Sick Children de Toronto dans une série de directives visant à renseigner sur l'art de causer bombes et missiles aux enfants.
Si les moins de cinq ans ne sont pas outillés pour faire face au pourquoi de la guerre, ils ont somme toute besoin d'être rassurés, d'avoir la certitude que le ciel ne leur tombera pas sur la tête. Réponses courtes et grande sécurité dans le propos, voilà ce qu'on préconise.
Quant au grand frère qui fréquente l'école, des questions plein la caboche, il veut savoir ce qui se passe, il a besoin d'apprendre de la bouche des adultes qui l'entourent que la menace est loin, mais il doit être épargné des scénarios catastrophe. «Rappelez-vous que les enfants apprennent en observant leurs parents», met en garde l'équipe médicale de Toronto. Conversations entre adultes, éclats de voix devant certaines images, partage d'opinions sur les parties impliquées sont autant d'éléments qui façonnent la conception que se fait l'enfant de la situation. «Ne laissez pas la télévision allumée aux informations si vous n'êtes pas là», indique-t-on.
Conflits en pespective?
Cette surabondance d'images et d'information sur la guerre se transposera-t-elle jusque dans les cours d'école, et si oui, cela se fera-t-il sous la forme de conflits? Le ministère de l'Éducation affirme assurer une veille accrue et publiera ce lundi un petit guide sur la résolution de conflits pour épauler ses équipes enseignantes, explique l'attaché de presse du ministre, Éric de La Sablonnière.
La Commission scolaire de Montréal aussi ouvre l'oeil. Dans certains quartiers de Montréal, où religions multiples et origines diverses cohabitent, il faut éviter toute escarmouche. «Une attention particulière est accordée aux conflits possibles, mais tout va bien pour l'instant», explique la porte-parole de la CSDM, Claudette Lechasseur.
Le directeur général de la commission scolaire a adressé un message à l'ensemble de ses employés cette semaine pour leur rappeler l'importance de «bien faire l'école pendant que d'autres font la guerre», insistant sur une écoute accrue face aux craintes des élèves.
Aux États-Unis...
Mais les inquiétudes des nôtres par rapport à celles, incommensurables, des enfants de Bagdad sont bien légères... Même aux États-Unis, où des enfants vont en classe avec l'angoisse de parents partis au front, les écoles ont revêtu l'apparat de guerre. «Il faut se préparer au pire tout en essayant de faire comme si de rien n'était», résumait cette semaine Paul Vence, directeur du district de Columbia, à propos du climat des écoles.
Dans la zone de Washington D.C., où la peur de représailles terroristes a fait grimper le niveau d'alerte au code orange cette semaine, les écoles ont dressé des abris dans l'éventualité d'une attaque chimique ou biologique. Plan d'évacuation, calfeutrage des portes et fenêtres et entreposage de denrées ont contribué à accroître l'angoisse des enfants.
«Vos enfants aussi ont un rôle à jouer dans la sécurité de nos écoles», écrivait Paul Vence aux parents. «Aidez-nous en leur indiquant clairement que les blagues à propos de bombes, d'anthrax ou de tout autre acte lié au terrorisme ne seront pas tolérées.»
«Le conflit qui oppose actuellement l'Irak à nos voisins américains et leurs alliés ne laisse personne indifférent», écrivait jeudi le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, aux présidents des commissions scolaires du Québec à la suite du déclenchement de la guerre. «Ce conflit risque de susciter des réactions et des inquiétudes dans la population et encore davantage chez les enfants, inévitablement touchés par les images et les informations diffusées en temps réel à ce sujet.»
Il faut discuter
Comme le ministre, de nombreux enseignants ou parents sont peut-être restés interloqués, ces jours derniers, devant les affirmations, craintes ou interrogations des jeunes, quel que soit leur âge. Malgré la gravité des propos, tous les spécialistes s'entendent: au delà des images, il faut susciter la discussion et répondre aux questions tout en ayant bien soin de marier le discours à l'âge de l'enfant.
L'intensité de la couverture médiatique et tout spécialement le déroulement en temps réel des attaques atteindront quasi inévitablement la majorité des enfants, ce qui appelle à une plus grande vigilance, rappelait-on cette semaine au Hospital for Sick Children de Toronto dans une série de directives visant à renseigner sur l'art de causer bombes et missiles aux enfants.
Si les moins de cinq ans ne sont pas outillés pour faire face au pourquoi de la guerre, ils ont somme toute besoin d'être rassurés, d'avoir la certitude que le ciel ne leur tombera pas sur la tête. Réponses courtes et grande sécurité dans le propos, voilà ce qu'on préconise.
Quant au grand frère qui fréquente l'école, des questions plein la caboche, il veut savoir ce qui se passe, il a besoin d'apprendre de la bouche des adultes qui l'entourent que la menace est loin, mais il doit être épargné des scénarios catastrophe. «Rappelez-vous que les enfants apprennent en observant leurs parents», met en garde l'équipe médicale de Toronto. Conversations entre adultes, éclats de voix devant certaines images, partage d'opinions sur les parties impliquées sont autant d'éléments qui façonnent la conception que se fait l'enfant de la situation. «Ne laissez pas la télévision allumée aux informations si vous n'êtes pas là», indique-t-on.
Conflits en pespective?
Cette surabondance d'images et d'information sur la guerre se transposera-t-elle jusque dans les cours d'école, et si oui, cela se fera-t-il sous la forme de conflits? Le ministère de l'Éducation affirme assurer une veille accrue et publiera ce lundi un petit guide sur la résolution de conflits pour épauler ses équipes enseignantes, explique l'attaché de presse du ministre, Éric de La Sablonnière.
La Commission scolaire de Montréal aussi ouvre l'oeil. Dans certains quartiers de Montréal, où religions multiples et origines diverses cohabitent, il faut éviter toute escarmouche. «Une attention particulière est accordée aux conflits possibles, mais tout va bien pour l'instant», explique la porte-parole de la CSDM, Claudette Lechasseur.
Le directeur général de la commission scolaire a adressé un message à l'ensemble de ses employés cette semaine pour leur rappeler l'importance de «bien faire l'école pendant que d'autres font la guerre», insistant sur une écoute accrue face aux craintes des élèves.
Aux États-Unis...
Mais les inquiétudes des nôtres par rapport à celles, incommensurables, des enfants de Bagdad sont bien légères... Même aux États-Unis, où des enfants vont en classe avec l'angoisse de parents partis au front, les écoles ont revêtu l'apparat de guerre. «Il faut se préparer au pire tout en essayant de faire comme si de rien n'était», résumait cette semaine Paul Vence, directeur du district de Columbia, à propos du climat des écoles.
Dans la zone de Washington D.C., où la peur de représailles terroristes a fait grimper le niveau d'alerte au code orange cette semaine, les écoles ont dressé des abris dans l'éventualité d'une attaque chimique ou biologique. Plan d'évacuation, calfeutrage des portes et fenêtres et entreposage de denrées ont contribué à accroître l'angoisse des enfants.
«Vos enfants aussi ont un rôle à jouer dans la sécurité de nos écoles», écrivait Paul Vence aux parents. «Aidez-nous en leur indiquant clairement que les blagues à propos de bombes, d'anthrax ou de tout autre acte lié au terrorisme ne seront pas tolérées.»
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