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Relations russo-américaines - La lettre d'Obama

Dans une lettre remise récemment à son homologue russe, Barack Obama propose l'abandon du projet de bouclier antimissile élaboré par l'administration Bush si Moscou s'emploie à convaincre l'Iran d'étouffer ses ambitions nucléaires. La réponse du président, Dmitri Medvedev, a été mi-figue, mi-raisin. Non au troc comme tel, mais oui au dégel que suggère Obama.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    4 mars 2009 07 h 50
    Dans quel monde vivons-nous?
    Vivons-nous vraiment dans un monde où les Êtres Humains sont tous déshumanisés ?

    Sommes-nous vraiment dans un monde où il y a des bons, totalement bons et des méchants, complètement méchants?

    Des méchants qui ne font que mentir ou dire des demi-vérités pour parvenir à leurs fins mesquines.

    À lire de la façon dont sont rapportées les nouvelles, on peut se le demander vraiment.
    D'après nos observateurs officiels de l'actualité internationale, tout ce qui peut sortir de certains pays ou de la bouche de certains présidents est faux ou, au mieux, n'est que calcul pour des fins peu reluisantes. Tandis que pour d'autres pays et pour d'autres présidents, tout ce qui est dit n'est tout simplement que la pure vérité et l'objectif des agissements vise purement, totalement purement, le bien, la démocratie et les droits humains.

    Selon nos «observateurs» certifiés, c'est flagrant, le monde se divise carrément en bons et en méchants.

    On dit que l'Iran construit une centrale nucléaire à des fins «"dites"» (double guillemets) civiles dans les environs d'Ispahan.

    Si Bush ou Harper ou Sarkozy ou Berlusconi ou Musharaff (dans le temps de sa dictature démocratique) avait dit «à des fins civiles» personne ne serait permis de dire «"dites"» civiles.

    Quand Bush disait que ses armes qu'ils installaient aux frontières de la Russie étaient «défensives» (armes défensives!!! un peu paradoxal tout de même), un «dit» "Bouclier" «dit» «anti»-missiles, personne n'aurait osé, même penser oser, dire un «"dit"» bouclier. Non, ces installations militaires de la dernière technologie n'ont rien de menaçant dans l'esprit de nos observateurs officiels certifiés.
    En plus lorsque l'on est certifié, on ne dit que la pure vérité (!). Le chef de pupitre, le coordonnateur de l'information, bref toute la salle des nouvelles de l'organisme de presse officiel est là pour confirmer qu'aucune connerie n'est dite (!).

    Mais le monde se divise-t-il vraiment en totalement bons et complètement méchants?
    Reste-t-il un peu d'Humain dans ces Êtres si catégorisés ?

    À lire Monsieur Truffaut ce matin, il semble que non. Poutine et sa gang sont une belle bande de crosseurs tandis que du côté occidental, on travaille pour réussir à limiter le mal qu'ils peuvent répandre.


    La lettre de Medvedev.
    J'aurais bien aimé la lire. J'aimerais bien maîtriser le russe pour la lire en russe, parce que lorsqu'on connaît bien une langue on comprend mieux le sens des mots et on sent mieux aussi les entre-lignes souvent pleins de sens.

    «La réponse du président, Dmitri Medvedev, a été mi-figue, mi-raisin.» nous dit M. Truffaut.
    Il aurait été mieux à mon avis qu'il nous livre quelques extraits de cette lettre. Peut-être que pour nous, le mi-figue, mi-raisin, aurait été moins accentué. Même que peut-être n'aurait-elle pas été du tout mi-figue, mi-raisin à nos yeux.
    Ici, on nous impose une conclusion et j'haïs (oui je sais pour le tréma, mais j'aime mieux haïs que hais), j'haïs ça lorsqu'on impose des conclusions.

    C'est un peu comme pour le «"dites"»!
    Pourquoi donc l'Iran ne dirait-il pas la vérité?
    Faudrait-il aller les bombarder à cause de notre "perception"?
    Comme la perception qu'on avait que Saddam cachait des Armes de Destruction Massive?

    Ah! Les bons et les méchants!
    En plus, il y a les magouilles! Toujours les magouilles!
    Sauf pour les personnages qui sont classés «bons» absolus», on interprète toujours leur geste comme cachant un mauvais coup ou une stratégie.
    Si Obama dit: «On peut tous ensemble!» dans l'esprit de nos observateurs officiels, Obama ne dit pas vraiment «On peut tous ensemble!», mais plutôt qu'il s'ouvre une porte de sortie et s'il ne peut pas réaliser ses "promesses" il pourra dire : "Je vous avais dit «Tous ensemble» et j'ai été seul!" Son «Tous ensemble» n'est finalement que pure stratégie (ici, ce n'est qu'un exemple comme ça pour illustrer mon propos).

    Moi, je suis du genre à croire que s'il dit «Tous ensemble», il dit vraiment «Tous ensemble» sans penser à une stratégie cachée.
    Si je m'aperçois plus tard qu'une stratégie était cachée, je vais vivement la dénoncer, mais avant de constater le subterfuge, je laisse la chance au coureur et je fais confiance (sans avoir une confiance aveugle, bien entendu).

    Donc, le pourquoi que Joe Biden ait suggéré récemment qu'en ce qui concerne les liens avec Moscou, il fallait à tout prix appuyer sur le bouton «redémarrer», me semble un peu tiré par les cheveux. On pourrait dire tout simplement, que Obama et probablement Biden ont décidé qu'il était temps de parler à la Russie avec respect pour tout simplement signifier que le pétage de bretelle à la Bush et ses faucons était révolu et qu'un nouveau jour s'était levé. Cette lettre n'était ni plus ni moins qu'un rétablissement de rapport humain plus sincère et respectueux.

    En ce qui concerne l'Iran, on peut encore une fois inventer des scénarios hollywoodiens ou imaginer des stratégies et des intentions à n'en plus finir, mais, on peut aussi donner une chance à la simplicité, à la sincérité. Bien sûr que la Russie a des intérêts. Mais voyons est-elle la seule à avoir des intérêts? Non, mais, sérieusement.

    On peut parler de bombe atomique et tatati et tatata... le danger ce n'est pas la bombe atomique, c'est la stupidité, l'ingérence et le non-respect.
    Souvenez-vous de ce que l'on peut faire avec quelques exactos.
    Le World Trade Center n'a pas eu besoin d'une bombe atomique pour être réduit en fine poudre.

    La réelle bombe atomique, le réel danger planétaire était l'insolence et l'animosité de l'administration Bush. Le manque de respect et de chaleur humaine est le pire des dangers entre les peuples.

    À force de considérer le clan des «bons» et celui des «méchants» on en vient qu'à difficilement saisir si Monsieur Truffaut voit l'acceptation par les Américains que le monde doit être multipolaire comme étant une bonne ou une mauvaise chose?

    Il dit:
    « Si l'on s'en tient aux propos de Medvedev et de Poutine, ceux-ci entendent négocier à l'aune des paramètres suivants: faire admettre par les Américains que le monde doit être multipolaire. Traduction: Moscou veut réduire le rôle comme l'influence de Washington. »

    On a l'impression que cette avenue n'est pas trop bonne pour lui.

    Pour moi, elle n'est ni bonne ni mauvaise, elle est tout simplement une réalité. Le monde est composé de plusieurs pôles qui doivent tous être considérés avec respect et autant que faire se peut, d'égal à égal.



    Serge Charbonneau
    Québec
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  • Jean Maxime - Abonné
    4 mars 2009 15 h 57
    Reconnaître les sensibilités...!
    Bonjour,

    Comme vous êtes habile, M. TRUFFAUT à exposer simplement un situation pour le moins complexe. N'y connaissant à peu près rien en manoeuvres militaires, j'ose espérer que votre article est le reflet d'une volonté d'en arriver à une entente plutôt pacifique qu'à un affrontement. J'ose espérer que de part et d'autre, on saura trouver le point d'équilibre entre les susceptibilités ou sensibilités de chacun.

    Merci !
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