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Accord sur des pourparlers en vue d'un traité sur la pollution au mercure

Le Devoir   21 février 2009  Actualités internationales
Nairobi — Les ministres de l'Environnement et délégués de 140 pays ont décidé vendredi à l'unanimité à Nairobi d'ouvrir des négociations sur un traité limitant la pollution par le mercure, lors du conseil d'administration du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

«Les gouvernements ont unanimement décidé de lancer des négociations sur un traité international sur le mercure» pour s'occuper des rejets d'un «polluant qui menace la santé de millions» de personnes, «des foetus aux bébés en passant par les orpailleurs et leurs familles», indique le PNUE dans un communiqué publié à l'issue de son conseil d'administration.

Dans l'attente d'un traité, les gouvernements ont également convenu de la nécessité d'instaurer «un partenariat mondial sur le mercure» à cause du danger que représente ce métal lourd pour «la santé humaine et l'environnement», selon la même source.

Menace mondiale

Il n'existe jusqu'à présent aucun instrument juridique mondial pour limiter la pollution par le mercure, métal hautement toxique qui a des effets désastreux sur la santé humaine, en particulier sur les systèmes nerveux et endocriniens, et que l'organisme ne peut pas éliminer.

La menace est mondiale et elle compromet la santé de millions de personnes jusque dans l'Arctique à cause des rejets dans l'atmosphère, l'eau et les sols.

L'Europe et les États-Unis ont déjà pris des mesures pour interdire à terme l'exportation du mercure. Le dossier a débloqué plus rapidement que prévu la semaine dernière au cours de la rencontre internationale lorsque les États-Unis, qui avaient jusqu'ici paralysé l'avancement du dossier, se sont prononcé pour une accélération du tempo en vue d'en arriver à un traité international.

Le PNUE a mené d'«intenses discussions» sur ce fléau depuis sept ans, ce qui représente «le premier effort mondial coordonné pour lutter contre la pollution au mercure», a souligné à l'occasion de la réunion de Nairobi son directeur, Achim Steiner.

Sur les 6000 tonnes de mercure rejetées chaque année dans l'environnement, environ 2000 tonnes proviennent de centrales électriques au charbon ou de la combustion du charbon dans les foyers.

Lacs suédois

En Suède, quelque 50 000 lacs abritent des brochets avec des niveaux de mercure dépassant les limites internationales en matière de santé.

Au Canada, chaque fois qu'on construit un réservoir hydroélectrique, les poissons sont contaminés pendant une génération humaine à cause de la libération dans l'eau du mercure accumulé dans les sédiments, en plus de celui que collectent ces grandes surfaces créées par les humains.

Les mines d'or sont également en cause: en Amérique latine et en Asie, l'utilisation du mercure dans l'extraction artisanale du métal jaune a déjà fait des millions de victimes parmi les mineurs et les populations riveraines qui s'alimentent avec les espèces contaminées.
 
 
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