Livni et Nétanyahou tentent chacun de leur côté de créer une coalition - Les élections en Israël débouchent sur un blocage politique
Photo : Agence Reuters
Benjamin Nétanyahou
Israël s'acheminait hier vers un blocage politique au lendemain d'élections législatives que les deux principaux protagonistes affirment chacun avoir remportées.
Jérusalem — Benjamin Nétanyahu et Tzipi Livni tentaient chacun de leur côté hier de former leur coalition après les élections marquées par une percée de l'extrême droite qui fait craindre aux Palestiniens un gel du processus de paix au Proche-Orient.
Le parti centriste Kadima de la ministre des Affaires étrangères sortante Tzipi Livni et le Likoud de l'ancien premier ministre de droite Benjamin Netanyahou obtiennent respectivement 28 et 27 sièges à la Knesset, selon des résultats presque définitifs. Israël se retrouve donc aussi divisé que les Palestiniens entre modérés et radicaux.
Avigdor Lieberman, le leader du parti d'extrême droite Israël Beïteinu, a déclaré hier vouloir «un gouvernement nationaliste. Nous voulons un gouvernement de droite et nous ne nous en cachons pas.»
«Il est clair que nous devons former aussi vite que possible un gouvernement. L'État d'Israël est paralysé depuis une demi-année. Les gens n'en sont peut-être pas conscients, mais nous n'avons toujours pas de budget alors que sévit la crise financière mondiale», a ajouté Lieberman, dont le parti a obtenu 15 sièges à la Knesset.
Il a indiqué qu'il avait rencontré mercredi Livni et Nétnanyahu et il semble pencher pour ce dernier, même s'il n'a pas fait connaître sa décision. Un autre parti pivot, le Shas (ultrareligieux), qui contrôle désormais 11 sièges, a eu des discussions avec le Likoud.
Livni, en tant que leader du parti disposant du plus grand nombre de députés à la Knesset, et Benjamin Nétanyahou, qui se pose en chef d'une droite majoritaire avec 64 sièges, ont chacun revendiqué le droit de diriger le nouveau gouvernement.
La chef de la diplomatie, dont les efforts pour former un gouvernement avaient déjà échoué après la démission en septembre du premier ministre Éhoud Olmert, semble avoir peu de chances de rallier une majorité des 120 députés de la Knesset. Mais, d'un autre côté, si Nétanyahou paraît en mesure de former une coalition majoritaire, il est peu vraisemblable qu'elle pourra fonctionner convenablement et durablement.
«J'ai gagné», titrait hier Yedioth Ahronoth, le plus grand journal du pays, en publiant côte à côte les photos de Livni et Néanyahu. Pour l'éditorialiste Eitan Haber comme pour nombre d'autres commentateurs, une chose est certaine: c'est Israël qui perd, car «son système politique a volé en éclats».
Le rôle du président
C'est le président Shimon Peres qui aura la tâche délicate de désigner qui, de Livni ou de Nétanyahu, sera chargé de former le gouvernement, dans un délai de six semaines. Selon la presse, il n'aura d'autre choix que de choisir le chef du Likoud si tous les partis de la droite le soutiennent. Ce serait la première fois en 60 ans d'existence de l'État d'Israël que le vainqueur d'une élection siégerait sur les bancs de l'opposition à la Knesset.
Livni a invité Nétanyahou à siéger dans un gouvernement d'union nationale qu'elle dirigerait, mais celui-ci a décliné l'offre, se déclarant résolu à prendre la tête du «camp nationaliste».
La formation d'un gouvernement «nationaliste», où Israël Beïtenu et les petits partis religieux s'opposeraient à tout processus de paix sérieux avec les Palestiniens, serait une mauvaise nouvelle pour Barack Obama. Le nouveau chef de la Maison-Blanche a en effet promis de s'appliquer immédiatement à ranimer un processus de négociations moribond entre Israël et l'Autorité palestinienne pour arriver à une paix fondée sur la coexistence de deux États.
«L'administration Obama va hériter du pire des deux camps. Elle hérite déjà d'une maison palestinienne en désordre, plus encore après la crise de Gaza, et maintenant elle hérite d'une maison israélienne en dysfonctionnement», souligne l'ancien médiateur américain Aaron David Miller.
Les consultations de Shimon Peres avec les partis représentés à la Knesset pourraient prendre une bonne semaine et les négociations pour former un gouvernement pourraient se prolonger plus d'un mois.
Jérusalem — Benjamin Nétanyahu et Tzipi Livni tentaient chacun de leur côté hier de former leur coalition après les élections marquées par une percée de l'extrême droite qui fait craindre aux Palestiniens un gel du processus de paix au Proche-Orient.
Le parti centriste Kadima de la ministre des Affaires étrangères sortante Tzipi Livni et le Likoud de l'ancien premier ministre de droite Benjamin Netanyahou obtiennent respectivement 28 et 27 sièges à la Knesset, selon des résultats presque définitifs. Israël se retrouve donc aussi divisé que les Palestiniens entre modérés et radicaux.
Avigdor Lieberman, le leader du parti d'extrême droite Israël Beïteinu, a déclaré hier vouloir «un gouvernement nationaliste. Nous voulons un gouvernement de droite et nous ne nous en cachons pas.»
«Il est clair que nous devons former aussi vite que possible un gouvernement. L'État d'Israël est paralysé depuis une demi-année. Les gens n'en sont peut-être pas conscients, mais nous n'avons toujours pas de budget alors que sévit la crise financière mondiale», a ajouté Lieberman, dont le parti a obtenu 15 sièges à la Knesset.
Il a indiqué qu'il avait rencontré mercredi Livni et Nétnanyahu et il semble pencher pour ce dernier, même s'il n'a pas fait connaître sa décision. Un autre parti pivot, le Shas (ultrareligieux), qui contrôle désormais 11 sièges, a eu des discussions avec le Likoud.
Livni, en tant que leader du parti disposant du plus grand nombre de députés à la Knesset, et Benjamin Nétanyahou, qui se pose en chef d'une droite majoritaire avec 64 sièges, ont chacun revendiqué le droit de diriger le nouveau gouvernement.
La chef de la diplomatie, dont les efforts pour former un gouvernement avaient déjà échoué après la démission en septembre du premier ministre Éhoud Olmert, semble avoir peu de chances de rallier une majorité des 120 députés de la Knesset. Mais, d'un autre côté, si Nétanyahou paraît en mesure de former une coalition majoritaire, il est peu vraisemblable qu'elle pourra fonctionner convenablement et durablement.
«J'ai gagné», titrait hier Yedioth Ahronoth, le plus grand journal du pays, en publiant côte à côte les photos de Livni et Néanyahu. Pour l'éditorialiste Eitan Haber comme pour nombre d'autres commentateurs, une chose est certaine: c'est Israël qui perd, car «son système politique a volé en éclats».
Le rôle du président
C'est le président Shimon Peres qui aura la tâche délicate de désigner qui, de Livni ou de Nétanyahu, sera chargé de former le gouvernement, dans un délai de six semaines. Selon la presse, il n'aura d'autre choix que de choisir le chef du Likoud si tous les partis de la droite le soutiennent. Ce serait la première fois en 60 ans d'existence de l'État d'Israël que le vainqueur d'une élection siégerait sur les bancs de l'opposition à la Knesset.
Livni a invité Nétanyahou à siéger dans un gouvernement d'union nationale qu'elle dirigerait, mais celui-ci a décliné l'offre, se déclarant résolu à prendre la tête du «camp nationaliste».
La formation d'un gouvernement «nationaliste», où Israël Beïtenu et les petits partis religieux s'opposeraient à tout processus de paix sérieux avec les Palestiniens, serait une mauvaise nouvelle pour Barack Obama. Le nouveau chef de la Maison-Blanche a en effet promis de s'appliquer immédiatement à ranimer un processus de négociations moribond entre Israël et l'Autorité palestinienne pour arriver à une paix fondée sur la coexistence de deux États.
«L'administration Obama va hériter du pire des deux camps. Elle hérite déjà d'une maison palestinienne en désordre, plus encore après la crise de Gaza, et maintenant elle hérite d'une maison israélienne en dysfonctionnement», souligne l'ancien médiateur américain Aaron David Miller.
Les consultations de Shimon Peres avec les partis représentés à la Knesset pourraient prendre une bonne semaine et les négociations pour former un gouvernement pourraient se prolonger plus d'un mois.
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