Bêtises de la semaine
Il existe des périodes durant lesquelles les événements importants perdent leur intérêt pour le chroniqueur. Pourquoi, je ne le sais pas. Cela pour dire que cette semaine, seule la bêtise a provoqué quelque réaction chez moi.
La bêtise africaine en premier lieu. Soyons précis, la bêtise du club privé des dirigeants africains réunis dans cette organisation inutile qu'est l'Union africaine. La majorité des membres de cette organisation de pacotille se sont tus durant le génocide rwandais, ils refusent de sanctionner le président Mugabe, s'opposent aux poursuites de la Cour pénale internationale contre le président du Soudan qui a organisé les massacres du Darfour. Dans leurs palais ou dans leurs villas sur la Côte d'Azur, ces bandits de grand chemin bouffent et digèrent leur richesse pétrolière et minière. Rien ne les dérange. Ils surplombent la triste humanité comme des dieux grecs et se moquent en lui riant au nez. C'est donc en souriant béatement qu'ils ont élu Kadhafi à la présidence de l'Union africaine. Un président terroriste, un dictateur impitoyable, un mythomane illuminé à la tête de l'Union africaine. En Occident, l'UA vient de perdre toute crédibilité. Ce n'est pas parce que c'est drôle qu'on va rire. De cette bêtise, seuls les Africains paieront le prix.
***
James Moore, ministre du Patrimoine et de la culture à rabais. Il avoue sans gêne qu'il lit peu, ne connaît rien au cinéma ou à la danse, encore moins au théâtre. Non, pour la danse, il est, dit-on, assez habile dans la danse en ligne ou peut-être le set carré. Voilà un homme qui avoue sans crainte du ridicule son manque d'intérêt pour le domaine dont il est responsable. On dirait un potentat africain. Une des caractéristiques du potentat africain est de se lancer dans de grands projets qui profitent à ses amis étrangers plutôt que d'investir dans l'agriculture ou le développement local. Le potentat africain rencontre un consultant international qui lui fait miroiter une quelconque célébrité internationale, des articles dans les journaux occidentaux, la présence dans son pays de vedettes internationales. Le potentat n'hésite pas, il signe le chèque en blanc puis rejette du revers de la main le rapport qu'on lui présente sur l'appauvrissement de sa population.
En temps de surplus budgétaire, le potentat Moore a supprimé 45 millions de dollars de subventions à la diffusion de la culture canadienne à l'étranger. Ce faisant, il a créé du chômage et de la pauvreté dans un milieu qui ne roule pas sur l'or. Les chiffres publiés mercredi sur les revenus des artistes sont éloquents à cet égard. Mais le potentat Moore comme son collègue africain ne se soucie pas de son peuple, il rêve d'une reconnaissance internationale ou d'une rencontre avec une vedette. Donc, en temps de crise, de déficit, de chômage, de baisse des activités artistiques locales, en temps de sécheresse, il allonge 25 millions à un organisme privé pour célébrer la créativité internationale. Dans ce cas, la bêtise est multiforme. Couper ici et donner ailleurs sans état d'âme. Ne pas s'excuser d'avoir coupé. Confier la remise des Nobel de la culture à une entreprise privée. Pourquoi ne pas fermer le Conseil des arts et transférer ses responsabilités à un cabinet comptable qui aurait contribué à la caisse du potentat Moore? Cela serait logique. Une bêtise consistante.
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Loin de moi l'idée de lancer une polémique Montréal-Québec. Mais c'est à Québec depuis plusieurs années que s'exprime la bêtise radiophonique. Pourquoi André Arthur, pourquoi la culture de l'insulte et de l'injure? Je l'ignore. Mais pour avoir été souvent interviewé à Québec, je n'ai pu m'empêcher de noter les préjugés et l'ignorance des animateurs. Et en voilà un nouveau qui pousse la bêtise à ses limites extrêmes. Un petit blanc-bec ignorant de l'histoire qui s'appelle Sylvain Bouchard. Outré par un texte sur le féminisme au Québec dans le cahier scolaire Éthique et culture religieuse où figurait Françoise David, il a invité les élèves à déchirer la page et a qualifié la dirigeante de Québec solidaire de «chef soviétique». Ignorance sur les antécédents marxistes de Mme David, d'abord. Elle n'était pas très soviétique. Mais surtout absolue ignorance du rôle fondamental qu'elle a joué dans l'histoire québécoise et dans l'avancement des droits des femmes. Mais au bout du compte, bêtise absolue, tout comme celle de la direction de la radio 93,3 FM qui a refusé de s'excuser, un peu comme un potentat africain qui n'a pas de comptes à rendre pour les ondes publiques qu'on lui a confiées.
***
Ouragan médiatique. Sarkozy parle de sectarisme à propos des indépendantistes. Il ne respecte pas la règle de la non-indifférence. Bon, Sarkozy ne connaît pas le Québec, ni le mouvement souverainiste. C'est vrai. Mais comme on dirait en France, les Québécois moyens s'en «branlent». Les médias locaux en font des manchettes depuis une semaine. Bêtise. On se fout de Sarkozy. La position du président de la France n'influencera jamais notre choix. Plus fondamentalement, cela relève de notre volonté médiatique d'être reconnus comme si nous ne nous suffisions pas à nous-mêmes et que nous avions besoin de la reconnaissance des autres pour exister. Nous savons qu'Isabelle Boulay est une fantastique interprète, que Céline Dion est célèbre mondialement. Avons-nous besoin d'être informés du jugement des autres pour continuer à les aimer? Si oui, il y a un problème.
La bêtise africaine en premier lieu. Soyons précis, la bêtise du club privé des dirigeants africains réunis dans cette organisation inutile qu'est l'Union africaine. La majorité des membres de cette organisation de pacotille se sont tus durant le génocide rwandais, ils refusent de sanctionner le président Mugabe, s'opposent aux poursuites de la Cour pénale internationale contre le président du Soudan qui a organisé les massacres du Darfour. Dans leurs palais ou dans leurs villas sur la Côte d'Azur, ces bandits de grand chemin bouffent et digèrent leur richesse pétrolière et minière. Rien ne les dérange. Ils surplombent la triste humanité comme des dieux grecs et se moquent en lui riant au nez. C'est donc en souriant béatement qu'ils ont élu Kadhafi à la présidence de l'Union africaine. Un président terroriste, un dictateur impitoyable, un mythomane illuminé à la tête de l'Union africaine. En Occident, l'UA vient de perdre toute crédibilité. Ce n'est pas parce que c'est drôle qu'on va rire. De cette bêtise, seuls les Africains paieront le prix.
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James Moore, ministre du Patrimoine et de la culture à rabais. Il avoue sans gêne qu'il lit peu, ne connaît rien au cinéma ou à la danse, encore moins au théâtre. Non, pour la danse, il est, dit-on, assez habile dans la danse en ligne ou peut-être le set carré. Voilà un homme qui avoue sans crainte du ridicule son manque d'intérêt pour le domaine dont il est responsable. On dirait un potentat africain. Une des caractéristiques du potentat africain est de se lancer dans de grands projets qui profitent à ses amis étrangers plutôt que d'investir dans l'agriculture ou le développement local. Le potentat africain rencontre un consultant international qui lui fait miroiter une quelconque célébrité internationale, des articles dans les journaux occidentaux, la présence dans son pays de vedettes internationales. Le potentat n'hésite pas, il signe le chèque en blanc puis rejette du revers de la main le rapport qu'on lui présente sur l'appauvrissement de sa population.
En temps de surplus budgétaire, le potentat Moore a supprimé 45 millions de dollars de subventions à la diffusion de la culture canadienne à l'étranger. Ce faisant, il a créé du chômage et de la pauvreté dans un milieu qui ne roule pas sur l'or. Les chiffres publiés mercredi sur les revenus des artistes sont éloquents à cet égard. Mais le potentat Moore comme son collègue africain ne se soucie pas de son peuple, il rêve d'une reconnaissance internationale ou d'une rencontre avec une vedette. Donc, en temps de crise, de déficit, de chômage, de baisse des activités artistiques locales, en temps de sécheresse, il allonge 25 millions à un organisme privé pour célébrer la créativité internationale. Dans ce cas, la bêtise est multiforme. Couper ici et donner ailleurs sans état d'âme. Ne pas s'excuser d'avoir coupé. Confier la remise des Nobel de la culture à une entreprise privée. Pourquoi ne pas fermer le Conseil des arts et transférer ses responsabilités à un cabinet comptable qui aurait contribué à la caisse du potentat Moore? Cela serait logique. Une bêtise consistante.
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Loin de moi l'idée de lancer une polémique Montréal-Québec. Mais c'est à Québec depuis plusieurs années que s'exprime la bêtise radiophonique. Pourquoi André Arthur, pourquoi la culture de l'insulte et de l'injure? Je l'ignore. Mais pour avoir été souvent interviewé à Québec, je n'ai pu m'empêcher de noter les préjugés et l'ignorance des animateurs. Et en voilà un nouveau qui pousse la bêtise à ses limites extrêmes. Un petit blanc-bec ignorant de l'histoire qui s'appelle Sylvain Bouchard. Outré par un texte sur le féminisme au Québec dans le cahier scolaire Éthique et culture religieuse où figurait Françoise David, il a invité les élèves à déchirer la page et a qualifié la dirigeante de Québec solidaire de «chef soviétique». Ignorance sur les antécédents marxistes de Mme David, d'abord. Elle n'était pas très soviétique. Mais surtout absolue ignorance du rôle fondamental qu'elle a joué dans l'histoire québécoise et dans l'avancement des droits des femmes. Mais au bout du compte, bêtise absolue, tout comme celle de la direction de la radio 93,3 FM qui a refusé de s'excuser, un peu comme un potentat africain qui n'a pas de comptes à rendre pour les ondes publiques qu'on lui a confiées.
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Ouragan médiatique. Sarkozy parle de sectarisme à propos des indépendantistes. Il ne respecte pas la règle de la non-indifférence. Bon, Sarkozy ne connaît pas le Québec, ni le mouvement souverainiste. C'est vrai. Mais comme on dirait en France, les Québécois moyens s'en «branlent». Les médias locaux en font des manchettes depuis une semaine. Bêtise. On se fout de Sarkozy. La position du président de la France n'influencera jamais notre choix. Plus fondamentalement, cela relève de notre volonté médiatique d'être reconnus comme si nous ne nous suffisions pas à nous-mêmes et que nous avions besoin de la reconnaissance des autres pour exister. Nous savons qu'Isabelle Boulay est une fantastique interprète, que Céline Dion est célèbre mondialement. Avons-nous besoin d'être informés du jugement des autres pour continuer à les aimer? Si oui, il y a un problème.
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