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Colombie - Les FARC libèrent le dernier homme politique détenu en otage

6 février 2009  Actualités internationales
Sigifredo Lopez était attendu par ses proches hier, à Cali.
Photo : Agence Reuters
Sigifredo Lopez était attendu par ses proches hier, à Cali.
Cali — La guérilla colombienne des FARC a libéré hier la dernière personnalité politique qu'elle détenait encore, l'ex-député Sigifredo Lopez, enlevé en 2002.

Sigifredo Lopez, 45 ans, apparemment en forme, a été accueilli à Cali par ses deux fils et son épouse et des dizaines d'amis et proches venus fêter sa libération avec des fleurs rouges et blanches. Auparavant, le CICR avait annoncé qu'il avait été libéré «dans un secteur rural du département de Cauca».

Sigifredo Lopez est le sixième otage de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) libéré depuis dimanche, conformément à un engagement pris par le groupe armé, le 21 décembre, de relâcher sans contrepartie six de ses 28 otages «politiques».

Dimanche, la guérilla avait libéré dans le département de Caqueta (sud) trois policiers et un soldat, enlevés en 2007. Mardi, c'est Alan Jara, ex-gouverneur du département central du Meta qui avait retrouvé la liberté après plus de sept ans dans la jungle.

Douze députés

Sigifredo Lopez, 45 ans, avait été enlevé le 11 avril 2002, avec un groupe de 11 autres députés du département du Valle dont il est le seul survivant. Ce jour-là, une vingtaine de combattants de la guérilla avaient fait irruption dans l'immeuble de l'assemblée à Cali en se faisant passer pour des soldats. Ils avaient ordonné l'évacuation des lieux, prétextant une alerte à la bombe, et emmené les députés dans un autobus avant de les informer, une fois hors de la ville, qu'ils étaient devenus des otages des FARC.

Ses onze «frères», comme il les avait surnommés, auraient été tués cinq ans plus tard, le 18 juin 2007, par des guérilleros persuadés qu'une attaque de l'armée sur leur campement était imminente. L'ancien député avait survécu, ayant été séparé du groupe quelques jours plus tôt, en raison d'une maladie.

«Bonne volonté»

Après ces six libérations, les FARC détiennent encore 22 otages dits «politiques», c'est-à-dire échangeables de leur point de vue contre des combattants de la guérilla incarcérés.

Mais Sigifredo Lopez était la dernière personnalité politique de ce groupe d'otages, qui ne compte plus que des militaires et des policiers.

En s'engageant à libérer sans contrepartie six otages, la guérilla était revenue sur sa décision de ne plus relâcher d'otages sans démilitarisation préalable de certaines régions, annoncée en 2008. Cette décision a été présentée comme un geste de «bonne volonté» en réponse à un dialogue écrit entamé en septembre avec Colombiens pour la paix, un collectif de personnalités de gauche.

Le gouvernement a pour sa part estimé qu'il s'agissait d'une «manoeuvre», de la

guérilla destinée à alléger la pression militaire sur ses troupes et à accroître sa visibilité internationale.

Les FARC détiennent encore des centaines d'anonymes (350 à 700, selon les estimations) pour lesquels elles exigent des rançons.
 
 
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