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Les FARC libèrent quatre otages sans condition

2 février 2009  Actualités internationales
Le Haut Commissaire pour la paix du gouvernement colombien, Luis Carlos Restrepo, a donné un point de presse fort couru hier à Villavicencio, où l’on attendait les otages libérés.
Photo : Agence Reuters
Le Haut Commissaire pour la paix du gouvernement colombien, Luis Carlos Restrepo, a donné un point de presse fort couru hier à Villavicencio, où l’on attendait les otages libérés.
Villavicencio, Colombie — La guérilla colombienne des FARC a libéré hier quatre de ses otages politiques, avec plusieurs heures de retard sur le calendrier prévu, après une polémique sur de présumées opérations de l'armée colombienne dans la zone prévue pour cette libération.

La remise dans l'après-midi des quatre otages, trois policiers et un soldat, à une délégation venue les chercher a été confirmée hier par un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) chargé de l'organisation logistique du processus.

Ce porte-parole a précisé que l'hélicoptère parti à leur rencontre dans le département de Caqueta (sud), avec à son bord trois représentants du CICR et trois membres de Colombiens pour la paix, un groupe de personnalités de gauche, était en route pour Villavicencio (90 km à l'est de Bogota), où l'heure exacte d'arrivée n'était pas connue.

Avant ces déclarations, le sort des trois policiers et du soldat et des membres de la délégation partie les chercher avait suscité plusieurs heures d'incertitude, provoquée par les déclarations d'un membre de la commission à la chaîne vénézuélienne Telesur.

«Des aéronefs de l'armée colombienne ont fait obstacle pendant plusieurs heures à l'opération» de libération, a déclaré à Telesur Jorge Enrique Botero, membre de Colombiens pour la paix.

Jairo Martinez, un commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), a pour sa part affirmé à la même chaîne qu'un guérilléro avait été tué lors de combats à proximité du lieu de remise.

Le Haut Commissaire pour la paix du gouvernement colombien Luis Carlos Restrepo a catégoriquement démenti ces affirmations, sans «aucun fondement» selon lui.

«Nous regrettons qu'un membre de la délégation ait jeté l'opprobre sur les garanties de sécurité» fournies par les autorités, a-t-il déclaré en assurant que toutes les opérations aériennes avaient été suspendues à la demande de la CICR.

Hier à 17h30, autorités, proches et journalistes attendaient toujours à Villavicencio l'arrivée des quatre otages et de la délégation partie les chercher.

La libération du soldat âgé 24 ans et des trois policiers, âgés de 26, 27 et 35 ans, membres d'une unité anti-enlèvement de la police, sera en principe suivie de celle, aujourd'hui, d'Alan Jara, un ancien gouverneur capturé en 2001.

Mercredi, le même hélicoptère partira de Cali (500 km au sud-ouest de Bogota) pour récupérer l'ex-député provincial Sigifredo Lopez, enlevé en 2002 avec un groupe de onze élus dont il est le seul survivant.

Une fois les six hommes libérés, le groupe des otages dits «politiques» des FARC — qui détiennent aussi des centaines de civils pour lesquels elles exigent des rançons — sera encore composé de 22 militaires et policiers, Alan Jara et Sigifredo Lopez étant les deux dernières personnalités politiques détenues par la guérilla.

En janvier et février 2008, les FARC avaient déjà procédé à six libérations sans contrepartie. Elles avaient assuré qu'elles ne relâcheraient plus d'otages sans une démilitarisation préalable de certaines régions.

La guérilla est toutefois revenue sur cette décision et a annoncé le 21 décembre son intention de libérer à nouveau sans contrepartie six de ses 28 otages «politiques».

Dirigées depuis 2008 par Alfonso Cano qui a succédé au fondateur Manuel Marulanda après sa mort, les FARC ont présenté cette décision comme un «geste de bonne volonté». Le gouvernement l'a pour sa part interprété comme une «manoeuvre» destinée à alléger la pression militaire et à lui redonner une visibilité internationale.

La Fédération internationale des Comités Libertad (ex-comités Betancourt) a estimé hier à Paris que la dernière libération constituait «une main tendue» de la guérilla au gouvernement colombien.
 
 
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