Gaza: Israël amorce un retrait «progressif»
Le Hamas accepte une trêve, mais des missiles palestiniens ont encore été tirés
Après l'entrée en vigueur hier des cessez-le-feu d'Israël et du Hamas, l'armée israélienne a donné le coup d'envoi à son retrait «progressif» de la bande de Gaza, ravagée par une offensive militaire longue de 22 jours.
Quelques heures après l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral israélien, le mouvement islamiste Hamas a à son tour indiqué une cessation des hostilités et a donné une semaine à Israël pour quitter entièrement Gaza.
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a assuré que les Israéliens avaient «l'intention de quitter ce territoire le plus rapidement possible», dès qu'il n'y aurait plus de risques pour la sécurité de l'État hébreu. «Nous ne sommes pas venus pour conquérir Gaza, contrôler Gaza, nous ne voulons pas rester à Gaza», a-t-il répété.
«Je peux confirmer qu'il y a un retrait progressif de l'armée de la bande de Gaza», a déclaré un porte-parole militaire à l'Agence France-Presse.
Le dirigeant du mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que l'offensive israélienne se soldait par un échec et n'avait pas fait plier les Palestiniens. «Dieu nous a accordé une grande victoire, pas pour une faction ou un parti [...], mais pour le peuple entier, a-t-il affirmé dans une déclaration télévisée. Nous avons arrêté l'agression [de l'armée israélienne], et l'ennemi n'est parvenu à atteindre aucun de ses objectifs.»
Malgré la garantie du responsable du Hamas au Caire, Ayman Taha, que le cessez-le-feu serait observé par tous les groupes palestiniens du territoire, des doutes naissent sur la capacité du mouvement à le faire respecter. Au moins trois roquettes ont été tirées après l'annonce du cessez-le-feu du Hamas, selon les forces policières israéliennes.
«Si le cessez-le-feu tient, et j'espère qu'il tiendra, vous verrez les points de passage s'ouvrir et laisser passer une énorme aide humanitaire», a affirmé le porte-parole d'Ehoud Olmert, Mark Regev, à la chaîne de télévision britannique Sky News. Mais le blocus ne cessera pas selon lui tant que le soldat israélien Gilad Shalit, enlevé lors d'un raid transfrontalier en 2006, ne sera pas libéré par ses ravisseurs. Le porte-parole de l'armée, le général Avi Benayahou, a fait état des règles d'engagement des soldats, qui sont «beaucoup plus strictes».
Le groupe islamiste palestinien avait dit plus tôt qu'il n'arrêterait pas sa «résistance» tant qu'Israël ne se retirerait pas de Gaza. Tsahal avait répliqué hier matin à 17 tirs de roquettes par deux attaques aériennes et a tué un civil palestinien près de Khan Younès.
Le premier ministre israélien avait affirmé samedi soir, après le vote du cabinet de sécurité en faveur d'un cessez-le-feu unilatéral, que le Hamas serait «à nouveau surpris» s'il se lançait dans une offensive.
Tenu à l'écart du sommet organisé par l'Égypte à Charm El-Cheikh et rassemblant une demi-douzaine de dirigeants européens, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, un représentant de la Ligue arabe et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le mouvement islamiste palestinien s'est dit prêt dans un communiqué à «coopérer à tous les efforts, particulièrement ceux de l'Égypte, pour parvenir à un accord définitif qui satisferait [ses] revendications consistant en une levée permanente du blocus et l'ouverture de tous les points de passage».
Convaincu qu'il faut «consolider ce cessez-le-feu», le président de la France, Nicolas Sarkozy, a déclaré à Charm El-Cheikh qu'un «sommet à vocation humanitaire» sur l'aide à acheminer aux victimes du conflit et la reconstruction de la bande de Gaza serait organisé par l'Égypte. Celui-ci devrait avoir lieu au début de février.
Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a pour sa part appelé Israël à ouvrir les points de passage avec la bande de Gaza.
Les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d'État, Condoleezza Rice, se sont réjouis de la trêve unilatérale d'Israël, mais se sont gardés de réclamer explicitement la fin du blocus, à l'inverse du premier ministre britannique, Gordon Brown, ni le retrait des troupes, contrairement à Ban Ki-moon ou à Nicolas Sarkozy.
Le président désigné, Barack Obama, a pour sa part promis d'accompagner Palestiniens et Israéliens sur le chemin de la paix et a fait savoir qu'il s'exprimerait davantage après son investiture.
Accalmie à Gaza
Au moins 1300 Palestiniens — dont 410 enfants et 108 femmes — ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne, selon les médecins gazaouis. Plus de 5300 autres ont été blessés. Dix soldats et trois civils israéliens ont péri durant la même période.
Le calme a permis aux Palestiniens de quitter leur maison, s'aventurant dans les rues pour juger de l'ampleur, immense, des dégâts. «Il n'y a plus de maison ici. C'était chez moi», s'est lamenté Yahya Karim, devant les ruines de son domicile du quartier de Zeitoun. Selon le bureau palestinien des statistiques, 4000 immeubles d'habitation ou maisons ont été réduits à l'état de décombres par les bombes israéliennes. Dans la ville de Beit Lahiya, des ambulanciers palestiniens ont ramassé dans la matinée une centaine de cadavres, pour la plupart ceux d'activistes.
Le Canada salue les annonces de cessez-le-feu à Gaza
Le gouvernement canadien a salué hier la décision d'Israël d'instaurer un cessez-le-feu unilatéral dans la bande de Gaza et l'annonce, quelques heures plus tard, par le mouvement islamiste Hamas qu'il cessait lui aussi les hostilités. «Cette annonce faite par Israël est une étape importante et positive», a indiqué le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, par voie de communiqué. Le Canada «note», a-t-il ajouté, que «le Hamas a indiqué aussi sa volonté de mettre en oeuvre un cessez-le-feu».
«Voilà une évolution dans la situation qui est également à saluer», a-t-il dit en rappelant qu'Ottawa a toujours défendu la nécessité pour «le Hamas et les autres parties impliquées [de] cesser immédiatement le lancement de roquettes sur Israël [...] Leur agression contre d'innocents civils n'aide aucunement la promotion des intérêts des Palestiniens. Ce qu'il faut est un cessez-le-feu global et durable, respecté par toutes les parties, comme le prévoit la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il poursuivi.
Des manifestations pro-Israël et pro-Palestiniens à Ottawa et Toronto
À Ottawa, une centaine de manifestants pro-Palestiniens réunis sur la colline parlementaire par un froid mordant ont dénoncé la poursuite de la présence de troupes israéliennes à Gaza. Des organisateurs ont soutenu qu'en dépit du cessez-le-feu décrété par les deux parties, la paix à long terme ne peut survenir qu'avec le retrait complet d'Israël et la création d'un État palestinien indépendant.
Au centre-ville de la Ville reine, des centaines de personnes se sont rassemblées pour exprimer leur appui à Israël. Les manifestants ont bruyamment réclamé la paix au Moyen-Orient. Des participants à la manifestation pro-Israël, tout comme un petit groupe qui protestait contre les attaques d'Israël à Gaza, se sont dits sceptiques quant à la possibilité que le cessez-le-feu apporte un réel changement.
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Avec Reuters, l'AFP et La Presse canadienne
Quelques heures après l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral israélien, le mouvement islamiste Hamas a à son tour indiqué une cessation des hostilités et a donné une semaine à Israël pour quitter entièrement Gaza.
Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a assuré que les Israéliens avaient «l'intention de quitter ce territoire le plus rapidement possible», dès qu'il n'y aurait plus de risques pour la sécurité de l'État hébreu. «Nous ne sommes pas venus pour conquérir Gaza, contrôler Gaza, nous ne voulons pas rester à Gaza», a-t-il répété.
«Je peux confirmer qu'il y a un retrait progressif de l'armée de la bande de Gaza», a déclaré un porte-parole militaire à l'Agence France-Presse.
Le dirigeant du mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que l'offensive israélienne se soldait par un échec et n'avait pas fait plier les Palestiniens. «Dieu nous a accordé une grande victoire, pas pour une faction ou un parti [...], mais pour le peuple entier, a-t-il affirmé dans une déclaration télévisée. Nous avons arrêté l'agression [de l'armée israélienne], et l'ennemi n'est parvenu à atteindre aucun de ses objectifs.»
Malgré la garantie du responsable du Hamas au Caire, Ayman Taha, que le cessez-le-feu serait observé par tous les groupes palestiniens du territoire, des doutes naissent sur la capacité du mouvement à le faire respecter. Au moins trois roquettes ont été tirées après l'annonce du cessez-le-feu du Hamas, selon les forces policières israéliennes.
«Si le cessez-le-feu tient, et j'espère qu'il tiendra, vous verrez les points de passage s'ouvrir et laisser passer une énorme aide humanitaire», a affirmé le porte-parole d'Ehoud Olmert, Mark Regev, à la chaîne de télévision britannique Sky News. Mais le blocus ne cessera pas selon lui tant que le soldat israélien Gilad Shalit, enlevé lors d'un raid transfrontalier en 2006, ne sera pas libéré par ses ravisseurs. Le porte-parole de l'armée, le général Avi Benayahou, a fait état des règles d'engagement des soldats, qui sont «beaucoup plus strictes».
Le groupe islamiste palestinien avait dit plus tôt qu'il n'arrêterait pas sa «résistance» tant qu'Israël ne se retirerait pas de Gaza. Tsahal avait répliqué hier matin à 17 tirs de roquettes par deux attaques aériennes et a tué un civil palestinien près de Khan Younès.
Le premier ministre israélien avait affirmé samedi soir, après le vote du cabinet de sécurité en faveur d'un cessez-le-feu unilatéral, que le Hamas serait «à nouveau surpris» s'il se lançait dans une offensive.
Tenu à l'écart du sommet organisé par l'Égypte à Charm El-Cheikh et rassemblant une demi-douzaine de dirigeants européens, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, un représentant de la Ligue arabe et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le mouvement islamiste palestinien s'est dit prêt dans un communiqué à «coopérer à tous les efforts, particulièrement ceux de l'Égypte, pour parvenir à un accord définitif qui satisferait [ses] revendications consistant en une levée permanente du blocus et l'ouverture de tous les points de passage».
Convaincu qu'il faut «consolider ce cessez-le-feu», le président de la France, Nicolas Sarkozy, a déclaré à Charm El-Cheikh qu'un «sommet à vocation humanitaire» sur l'aide à acheminer aux victimes du conflit et la reconstruction de la bande de Gaza serait organisé par l'Égypte. Celui-ci devrait avoir lieu au début de février.
Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a pour sa part appelé Israël à ouvrir les points de passage avec la bande de Gaza.
Les États-Unis, par la voix de leur secrétaire d'État, Condoleezza Rice, se sont réjouis de la trêve unilatérale d'Israël, mais se sont gardés de réclamer explicitement la fin du blocus, à l'inverse du premier ministre britannique, Gordon Brown, ni le retrait des troupes, contrairement à Ban Ki-moon ou à Nicolas Sarkozy.
Le président désigné, Barack Obama, a pour sa part promis d'accompagner Palestiniens et Israéliens sur le chemin de la paix et a fait savoir qu'il s'exprimerait davantage après son investiture.
Accalmie à Gaza
Au moins 1300 Palestiniens — dont 410 enfants et 108 femmes — ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne, selon les médecins gazaouis. Plus de 5300 autres ont été blessés. Dix soldats et trois civils israéliens ont péri durant la même période.
Le calme a permis aux Palestiniens de quitter leur maison, s'aventurant dans les rues pour juger de l'ampleur, immense, des dégâts. «Il n'y a plus de maison ici. C'était chez moi», s'est lamenté Yahya Karim, devant les ruines de son domicile du quartier de Zeitoun. Selon le bureau palestinien des statistiques, 4000 immeubles d'habitation ou maisons ont été réduits à l'état de décombres par les bombes israéliennes. Dans la ville de Beit Lahiya, des ambulanciers palestiniens ont ramassé dans la matinée une centaine de cadavres, pour la plupart ceux d'activistes.
Le Canada salue les annonces de cessez-le-feu à Gaza
Le gouvernement canadien a salué hier la décision d'Israël d'instaurer un cessez-le-feu unilatéral dans la bande de Gaza et l'annonce, quelques heures plus tard, par le mouvement islamiste Hamas qu'il cessait lui aussi les hostilités. «Cette annonce faite par Israël est une étape importante et positive», a indiqué le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, par voie de communiqué. Le Canada «note», a-t-il ajouté, que «le Hamas a indiqué aussi sa volonté de mettre en oeuvre un cessez-le-feu».
«Voilà une évolution dans la situation qui est également à saluer», a-t-il dit en rappelant qu'Ottawa a toujours défendu la nécessité pour «le Hamas et les autres parties impliquées [de] cesser immédiatement le lancement de roquettes sur Israël [...] Leur agression contre d'innocents civils n'aide aucunement la promotion des intérêts des Palestiniens. Ce qu'il faut est un cessez-le-feu global et durable, respecté par toutes les parties, comme le prévoit la résolution 1860 du Conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il poursuivi.
Des manifestations pro-Israël et pro-Palestiniens à Ottawa et Toronto
À Ottawa, une centaine de manifestants pro-Palestiniens réunis sur la colline parlementaire par un froid mordant ont dénoncé la poursuite de la présence de troupes israéliennes à Gaza. Des organisateurs ont soutenu qu'en dépit du cessez-le-feu décrété par les deux parties, la paix à long terme ne peut survenir qu'avec le retrait complet d'Israël et la création d'un État palestinien indépendant.
Au centre-ville de la Ville reine, des centaines de personnes se sont rassemblées pour exprimer leur appui à Israël. Les manifestants ont bruyamment réclamé la paix au Moyen-Orient. Des participants à la manifestation pro-Israël, tout comme un petit groupe qui protestait contre les attaques d'Israël à Gaza, se sont dits sceptiques quant à la possibilité que le cessez-le-feu apporte un réel changement.
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Avec Reuters, l'AFP et La Presse canadienne
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