République démocratique du Congo - La LRA a massacré 620 civils
19 janvier 2009
Actualités internationales
Photo : Agence France-Presse
Les guérillas pullulent en RDC: alors que les Forces démocratiques de libération du Rwanda sont très actives dans l’est du pays, l’Armée rebelle de résistance du Seigneur est accusée d’avoir tué 620 civils depuis Noël dans le nord.
Kinshasa — Au moins 620 personnes ont été «massacrées» par la guérilla ougandaise de l'Armée rebelle de résistance du Seigneur (LRA) depuis Noël dans le nord de la République Démocratique du Congo (RD Congo), a déclaré Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué reçu hier à Kinshasa.
«Les combattants de la LRA ont férocement massacré au moins 620 civils et enlevé plus de 160 enfants entre le 24 décembre et le 13 janvier dans le nord de la RDC», affirme l'ONG de protection des droits de l'Homme, à l'issue d'une mission de deux semaines dans la région.
Selon HRW, la plupart des victimes ont été tuées ou enlevées au cours de trois attaques simultanées les 24 et 25 décembre 2008 autour de Doruma, Faradje et Duru, dans la province orientale de la RDC.
Sur plusieurs sites où les tueries ont eu lieu, les chercheurs ont trouvé des tombes fraîchement creusées, des mares de sang séché, des cordes utilisées pour attacher les prisonniers, des massues et des haches tachées de sang ayant servi à tuer les victimes, ajoute le communiqué.
«La LRA est venue ici avec l'intention de tuer, et ses combattants ont laissé peu de survivants», affirme Anneke Van Houdenberg, chercheuse à Human Rights Watch.
L'ONU avait annoncé le 13 janvier de Genève que 537 personnes ont été massacrées et 408 enlevées en RDC depuis septembre 2008 au cours d'attaques des rebelles de la LRA, a annoncé l'ONU mardi à Genève. Les attaques de la LRA à partir de Noël ont suivi le début d'une opération militaire conjointe, le 14 décembre, des armées ougandaise, congolaise et sud-soudanaise avec pour objectif de capturer le chef de la LRA, Joseph Kony.
Les récits de témoins recueillis par HRW et Justice Plus témoignent de la violence des attaques. Dans le village de Batande — situé à 6 km de Doruma près de la frontière soudanaise — la LRA, selon ces témoignages, a tué au moins 80 personnes le 25 décembre, quand les habitants se sont réunis pour le déjeuner de Noël, après l'office religieux.
Dérive infernale
D'une guérilla mystique et enracinée dans le nord-ougandais, la rébellion de la LRA est en train de muer progressivement en un groupe armé régional incontrôlable, à la limite du banditisme et du mercenariat.
La LRA est née en 1988 de la frustration des Acholi, ethnie du nord de l'Ouganda, laissés pour compte dans le développement du pays. Elle s'est longtemps singularisée par sa violence envers la communauté qu'elle prétendait défendre.
Mais depuis 2005, la LRA sévit dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). En s'exportant hors d'Ouganda, «le groupe rebelle est en train de changer», analyse un diplomate suisse impliqué dans les négociations menées depuis 2006 avec la rébellion. «De nombreux éléments acholi du mouvement ont déserté», explique cet expert, défections compensées par l'enrôlement forcé ou l'arrivée de nouvelles recrues sud-soudanaises, centrafricaines et surtout congolaises.
Les spécialistes du dossier estiment généralement les effectifs de la LRA à près de 500 combattants, accompagnés de 300 à 400 femmes et enfants. Elle compterait dans ses rangs environ 150 Congolais, selon Kampala.
«Les combattants de la LRA ont férocement massacré au moins 620 civils et enlevé plus de 160 enfants entre le 24 décembre et le 13 janvier dans le nord de la RDC», affirme l'ONG de protection des droits de l'Homme, à l'issue d'une mission de deux semaines dans la région.
Selon HRW, la plupart des victimes ont été tuées ou enlevées au cours de trois attaques simultanées les 24 et 25 décembre 2008 autour de Doruma, Faradje et Duru, dans la province orientale de la RDC.
Sur plusieurs sites où les tueries ont eu lieu, les chercheurs ont trouvé des tombes fraîchement creusées, des mares de sang séché, des cordes utilisées pour attacher les prisonniers, des massues et des haches tachées de sang ayant servi à tuer les victimes, ajoute le communiqué.
«La LRA est venue ici avec l'intention de tuer, et ses combattants ont laissé peu de survivants», affirme Anneke Van Houdenberg, chercheuse à Human Rights Watch.
L'ONU avait annoncé le 13 janvier de Genève que 537 personnes ont été massacrées et 408 enlevées en RDC depuis septembre 2008 au cours d'attaques des rebelles de la LRA, a annoncé l'ONU mardi à Genève. Les attaques de la LRA à partir de Noël ont suivi le début d'une opération militaire conjointe, le 14 décembre, des armées ougandaise, congolaise et sud-soudanaise avec pour objectif de capturer le chef de la LRA, Joseph Kony.
Les récits de témoins recueillis par HRW et Justice Plus témoignent de la violence des attaques. Dans le village de Batande — situé à 6 km de Doruma près de la frontière soudanaise — la LRA, selon ces témoignages, a tué au moins 80 personnes le 25 décembre, quand les habitants se sont réunis pour le déjeuner de Noël, après l'office religieux.
Dérive infernale
D'une guérilla mystique et enracinée dans le nord-ougandais, la rébellion de la LRA est en train de muer progressivement en un groupe armé régional incontrôlable, à la limite du banditisme et du mercenariat.
La LRA est née en 1988 de la frustration des Acholi, ethnie du nord de l'Ouganda, laissés pour compte dans le développement du pays. Elle s'est longtemps singularisée par sa violence envers la communauté qu'elle prétendait défendre.
Mais depuis 2005, la LRA sévit dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC). En s'exportant hors d'Ouganda, «le groupe rebelle est en train de changer», analyse un diplomate suisse impliqué dans les négociations menées depuis 2006 avec la rébellion. «De nombreux éléments acholi du mouvement ont déserté», explique cet expert, défections compensées par l'enrôlement forcé ou l'arrivée de nouvelles recrues sud-soudanaises, centrafricaines et surtout congolaises.
Les spécialistes du dossier estiment généralement les effectifs de la LRA à près de 500 combattants, accompagnés de 300 à 400 femmes et enfants. Elle compterait dans ses rangs environ 150 Congolais, selon Kampala.
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