Israël - Victoire contestée pour une guerre consensuelle
19 janvier 2009
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Un jeune garçon palestinien sur les ruines de la maison familiale détruite par les tirs israéliens, hier, à Jabalya.
Jérusalem — Israël se félicitait hier d'avoir rétabli sa «capacité de dissuasion» par son offensive meurtrière à Gaza, mais l'opinion, pourtant favorable à la guerre, s'interrogeait sur la portée réelle de son succès militaire et son prix humain.
Experts, éditorialistes et hommes politiques s'accordent pour estimer que Tsahal a porté un coup sévère au Hamas, mais mettent en doute l'annonce samedi soir par le premier ministre Ehoud Olmert qu'Israël a «atteint tous ses objectifs et même au-delà».
«Comment peut-on affirmer que les objectifs ont été atteints alors que des roquettes continuent à être tirées contre Israël et qu'aucun mécanisme n'a été mis en place pour mettre un terme à la contrebande d'armes à travers la frontière avec l'Égypte?», s'interroge le chercheur Yossi Alpher.
Sept roquettes palestiniennes se sont abattues hier matin dans le sud d'Israël, quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu unilatéral proclamé par l'État hébreu. Hier après-midi, le Hamas a à son tour annoncé un cessez-le-feu.
Selon M. Alpher, qui s'exprimait avant l'annonce du Hamas, seule la levée du blocus de Gaza par la «réouverture des passages» entre ce territoire et l'Égypte et Israël «garantira à long terme le retour au calme».
Le chef du Shin Beth, la sécurité intérieure, Yuval Diskin, a estimé hier «qu'en dépit des coups sévères portés aux infrastructures du Hamas, certains souterrains servant à la contrebande d'armes n'ont pas été endommagés». Selon lui, le Hamas peut reconstituer ce réseau «en quelques mois».
L'analyste stratégique Reuven Pedatzur constate que l'armée israélienne est toujours à Gaza, sans «qu'on sache quand elle pourra en sortir», au risque de s'embourber. Il s'alarme surtout de «l'absence de retenue morale» de l'armée face à la population palestinienne, notamment dans son désir de minimiser ses propres pertes.
Au moins 1300 Palestiniens ont été tués et 5300 blessés dans l'opération, alors que 13 Israéliens étaient tués et quelques dizaines blessés.
«Bien entendu l'armée n'a pas cherché à tuer volontairement des civils, mais elle n'a rien fait pour les épargner. Quand on tire au canon ou au mortier lourd contre un hôpital parce que des combattants ennemis sont censés se trouver à sa proximité, on ne peut s'étonner de faire des bavures sanglantes» estime-t-il.
Non moins grave, à ses yeux, est le fait que les «médias israéliens ont joué le jeu, dans une atmosphère de ferveur patriotique, acceptant d'être écartés par l'armée du champ de bataille, alors que la presse internationale faisait vainement appel à la justice pour pouvoir couvrir les évènements».
Le correspondant militaire du quotidien populaire Maariv, Ofer Shelakh, juge que l'opération «Plomb durci» était «justifiée» mais que sa réussite a eu un prix.
«Israël qui se voulait une lumière pour les nations est fière aujourd'hui d'avoir les pratiques d'un Poutine. Si on appelle ça une victoire, malheur aux vainqueurs», écrit-il en Une.
L'éditorialiste le plus en vue du principal quotidien Yediot Aharonot, Nahum Barnéa, estime aussi que «compte tenu des centaines de civils tués et des milliers de blessés, on peut craindre que cette fois-ci Israël a exagéré».
L'opposition de droite accuse le gouvernement d'avoir stoppé trop tôt son offensive, alors que l'opposition de gauche, beaucoup plus faible, lui reproche d'avoir trop attendu pour proclamer un cessez-le-feu.
Pendant toute l'offensive, lancée le 27 décembre, les partis politiques avaient mis leurs querelles en sourdine, malgré l'approche des législatives du 10 février, pour ne pas être accusés de briser le «consensus national».
Dans le quotidien Haaretz, le politologue Zeev Sternhell a averti l'opinion israélienne «éblouie par le succès» des armes que «le résultat d'une victoire se mesure sur le plan politique, et que son seul objectif est une paix».
Experts, éditorialistes et hommes politiques s'accordent pour estimer que Tsahal a porté un coup sévère au Hamas, mais mettent en doute l'annonce samedi soir par le premier ministre Ehoud Olmert qu'Israël a «atteint tous ses objectifs et même au-delà».
«Comment peut-on affirmer que les objectifs ont été atteints alors que des roquettes continuent à être tirées contre Israël et qu'aucun mécanisme n'a été mis en place pour mettre un terme à la contrebande d'armes à travers la frontière avec l'Égypte?», s'interroge le chercheur Yossi Alpher.
Sept roquettes palestiniennes se sont abattues hier matin dans le sud d'Israël, quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu unilatéral proclamé par l'État hébreu. Hier après-midi, le Hamas a à son tour annoncé un cessez-le-feu.
Selon M. Alpher, qui s'exprimait avant l'annonce du Hamas, seule la levée du blocus de Gaza par la «réouverture des passages» entre ce territoire et l'Égypte et Israël «garantira à long terme le retour au calme».
Le chef du Shin Beth, la sécurité intérieure, Yuval Diskin, a estimé hier «qu'en dépit des coups sévères portés aux infrastructures du Hamas, certains souterrains servant à la contrebande d'armes n'ont pas été endommagés». Selon lui, le Hamas peut reconstituer ce réseau «en quelques mois».
L'analyste stratégique Reuven Pedatzur constate que l'armée israélienne est toujours à Gaza, sans «qu'on sache quand elle pourra en sortir», au risque de s'embourber. Il s'alarme surtout de «l'absence de retenue morale» de l'armée face à la population palestinienne, notamment dans son désir de minimiser ses propres pertes.
Au moins 1300 Palestiniens ont été tués et 5300 blessés dans l'opération, alors que 13 Israéliens étaient tués et quelques dizaines blessés.
«Bien entendu l'armée n'a pas cherché à tuer volontairement des civils, mais elle n'a rien fait pour les épargner. Quand on tire au canon ou au mortier lourd contre un hôpital parce que des combattants ennemis sont censés se trouver à sa proximité, on ne peut s'étonner de faire des bavures sanglantes» estime-t-il.
Non moins grave, à ses yeux, est le fait que les «médias israéliens ont joué le jeu, dans une atmosphère de ferveur patriotique, acceptant d'être écartés par l'armée du champ de bataille, alors que la presse internationale faisait vainement appel à la justice pour pouvoir couvrir les évènements».
Le correspondant militaire du quotidien populaire Maariv, Ofer Shelakh, juge que l'opération «Plomb durci» était «justifiée» mais que sa réussite a eu un prix.
«Israël qui se voulait une lumière pour les nations est fière aujourd'hui d'avoir les pratiques d'un Poutine. Si on appelle ça une victoire, malheur aux vainqueurs», écrit-il en Une.
L'éditorialiste le plus en vue du principal quotidien Yediot Aharonot, Nahum Barnéa, estime aussi que «compte tenu des centaines de civils tués et des milliers de blessés, on peut craindre que cette fois-ci Israël a exagéré».
L'opposition de droite accuse le gouvernement d'avoir stoppé trop tôt son offensive, alors que l'opposition de gauche, beaucoup plus faible, lui reproche d'avoir trop attendu pour proclamer un cessez-le-feu.
Pendant toute l'offensive, lancée le 27 décembre, les partis politiques avaient mis leurs querelles en sourdine, malgré l'approche des législatives du 10 février, pour ne pas être accusés de briser le «consensus national».
Dans le quotidien Haaretz, le politologue Zeev Sternhell a averti l'opinion israélienne «éblouie par le succès» des armes que «le résultat d'une victoire se mesure sur le plan politique, et que son seul objectif est une paix».
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

