«Bush n'est pas un homme d'État», dit un ministre libéral
L'opposition allianciste voit dans les propos de Herb Dhaliwal une preuve de l'antiaméricanisme du gouvernement Chrétien
Photo : Agence Reuters
Le ministre Bill Graham n’a pas réussi à calmer la fureur des alliancistes.
Ottawa — Soucieux de ménager les susceptibilités de Washington après son refus de participer à la guerre contre l'Irak, le gouvernement Chrétien a vu ses plans ombragés par le ministre Herb Dhaliwal, qui a publiquement mis en doute hier les qualités d'homme d'État du président George W. Bush.
L'incident est survenu alors que des diplomates canadiens en poste aux États-Unis se préparaient à assister, avec d'autres pays et à l'invitation de leurs homologues américains, à une rencontre au département d'État sur l'assistance humanitaire en Irak et dans les environs.
À Ottawa, pendant ce temps, Herb Dhaliwal déclarait à l'entrée du caucus libéral que George W. Bush avait «laissé tomber, non seulement les Américains, mais le monde en n'étant pas l'homme d'État que les gens s'attendent à avoir à la présidence d'une superpuissance». À la sortie, il a tenté d'atténuer ses propos, mais l'opposition était aux abois. Les déclarations des ministres John Manley et Bill Graham voulant que chaque pays avait agi de façon souveraine mais dans le respect mutuel de chacun n'y ont rien changé.
Le chef allianciste, Stephen Harper, a vu dans les propos de M. Dhaliwal une preuve de l'antiaméricanisme des libéraux. Le chef conservateur, Joe Clark, a invité le ministre à choisir entre son rôle de ministre et la liberté de parole de simple citoyen. «S'il veut exprimer des opinions de ce genre, il en a tout à fait le droit, pourvu qu'il démissionne.» Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, s'est contenté de donner tort à M. Dhaliwal. «La décision qu'il [George W. Bush] a prise ne veut pas dire qu'il n'est pas un chef d'État. C'est une mauvaise décision.»
Le Bloc québécois a par ailleurs décidé de consacrer sa journée d'opposition d'aujourd'hui à la question irakienne et de forcer un vote sur la position du gouvernement. La très grande majorité des libéraux, tous les bloquistes et tous les néo-démocrates l'appuieront, mais aussi au moins un allianciste, le député Keith Martin, a appris Le Devoir.
Le débat est toutefois déjà passé à un autre niveau, à savoir la contribution canadienne à l'effort humanitaire. Le Canada a déjà participé à quelques réunions à ce sujet, dont celle d'hier à Washington. Il collabore aussi au processus de planification des Nations unies et a versé 5,6 millions de dollars à un fonds d'urgence de 123 millions établi récemment par l'ONU, a indiqué la ministre de la Coopération internationale, Susan Whelan. Ottawa est prêt à faire plus mais attend de recevoir des demandes, a-t-elle ajouté, sans préciser l'importance des sommes à sa disposition.
Une première requête de la Croix-Rouge canadienne devrait lui parvenir sous peu. Cette organisation veut amasser entre cinq et dix millions de dollars au Canada dans le cadre d'un appel international pour financer, entre autres, les soins médicaux d'urgence.
Au-delà de l'aide humanitaire, il y a la question de la reconstruction après la guerre. Le Canada s'est engagé à y participer mais les avis sont toutefois partagés sur ce sujet. Le Bloc veut d'abord un débat sur la question à l'assemblée générale des Nations unies alors que le Parti conservateur souhaite que le Canada s'assure d'y être associé.
Selon Joe Clark, cet effort doit être multilatéral car il n'y a que les Nations unies qui ont l'expertise pour le coordonner, quitte à partager la facture entre plusieurs pays. Il note que cela voudrait aussi dire le partage des retombées.
Le chef bloquiste, lui, ne répond pas directement quand on lui demande si le Canada devrait faire sa part après une guerre qu'il a désapprouvée. «C'est pour cela qu'il est urgent de convoquer l'assemblée générale de l'ONU et de soulever ces questions, pour faire réaliser aux Américains, aux Britanniques et aux Espagnols que s'il y a des pots cassés, ils en sont responsables, ils doivent l'assumer», a-t-il dit.
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
L'incident est survenu alors que des diplomates canadiens en poste aux États-Unis se préparaient à assister, avec d'autres pays et à l'invitation de leurs homologues américains, à une rencontre au département d'État sur l'assistance humanitaire en Irak et dans les environs.
À Ottawa, pendant ce temps, Herb Dhaliwal déclarait à l'entrée du caucus libéral que George W. Bush avait «laissé tomber, non seulement les Américains, mais le monde en n'étant pas l'homme d'État que les gens s'attendent à avoir à la présidence d'une superpuissance». À la sortie, il a tenté d'atténuer ses propos, mais l'opposition était aux abois. Les déclarations des ministres John Manley et Bill Graham voulant que chaque pays avait agi de façon souveraine mais dans le respect mutuel de chacun n'y ont rien changé.
Le chef allianciste, Stephen Harper, a vu dans les propos de M. Dhaliwal une preuve de l'antiaméricanisme des libéraux. Le chef conservateur, Joe Clark, a invité le ministre à choisir entre son rôle de ministre et la liberté de parole de simple citoyen. «S'il veut exprimer des opinions de ce genre, il en a tout à fait le droit, pourvu qu'il démissionne.» Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, s'est contenté de donner tort à M. Dhaliwal. «La décision qu'il [George W. Bush] a prise ne veut pas dire qu'il n'est pas un chef d'État. C'est une mauvaise décision.»
Le Bloc québécois a par ailleurs décidé de consacrer sa journée d'opposition d'aujourd'hui à la question irakienne et de forcer un vote sur la position du gouvernement. La très grande majorité des libéraux, tous les bloquistes et tous les néo-démocrates l'appuieront, mais aussi au moins un allianciste, le député Keith Martin, a appris Le Devoir.
Le débat est toutefois déjà passé à un autre niveau, à savoir la contribution canadienne à l'effort humanitaire. Le Canada a déjà participé à quelques réunions à ce sujet, dont celle d'hier à Washington. Il collabore aussi au processus de planification des Nations unies et a versé 5,6 millions de dollars à un fonds d'urgence de 123 millions établi récemment par l'ONU, a indiqué la ministre de la Coopération internationale, Susan Whelan. Ottawa est prêt à faire plus mais attend de recevoir des demandes, a-t-elle ajouté, sans préciser l'importance des sommes à sa disposition.
Une première requête de la Croix-Rouge canadienne devrait lui parvenir sous peu. Cette organisation veut amasser entre cinq et dix millions de dollars au Canada dans le cadre d'un appel international pour financer, entre autres, les soins médicaux d'urgence.
Au-delà de l'aide humanitaire, il y a la question de la reconstruction après la guerre. Le Canada s'est engagé à y participer mais les avis sont toutefois partagés sur ce sujet. Le Bloc veut d'abord un débat sur la question à l'assemblée générale des Nations unies alors que le Parti conservateur souhaite que le Canada s'assure d'y être associé.
Selon Joe Clark, cet effort doit être multilatéral car il n'y a que les Nations unies qui ont l'expertise pour le coordonner, quitte à partager la facture entre plusieurs pays. Il note que cela voudrait aussi dire le partage des retombées.
Le chef bloquiste, lui, ne répond pas directement quand on lui demande si le Canada devrait faire sa part après une guerre qu'il a désapprouvée. «C'est pour cela qu'il est urgent de convoquer l'assemblée générale de l'ONU et de soulever ces questions, pour faire réaliser aux Américains, aux Britanniques et aux Espagnols que s'il y a des pots cassés, ils en sont responsables, ils doivent l'assumer», a-t-il dit.
Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
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