À l'assaut de la montagne kurde
Les autorités du Kurdistan «libéré» s'attendent à voir arriver 500 000 personnes sur leur territoire en cas de guerre en Irak
20 mars 2003
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Cette famille de réfugiés de la ville de Dohouk a monté sa tente dans la région de Gemeko, dans le nord de l’Irak.
Erbil — L'exode de dizaines de milliers de réfugiés s'est amplifié au Kurdistan et les autorités kurdes, qui s'attendent à voir arriver 500 000 personnes sur leur territoire en cas de guerre en Irak, ne pourront en abriter que dix fois moins.
Le mouvement commencé lundi dans les villes proches de la ligne de démarcation entre le Kurdistan «libéré» et l'Irak sous contrôle de Bagdad s'est amplifié heure après heure, alors que l'ultimatum du président américain George W. Bush à Saddam Hussein arrivait à échéance à 1h GMT aujourd'hui.
Dès mardi, la «capitale» du Kurdistan, Erbil, s'était vidée pour ne plus ressembler qu'à une ville quasi morte.
Hier, ils étaient «des dizaines de milliers» à prendre la route un peu partout dans le territoire, et notamment dans la région de Dohouk (nord-ouest), quittant les villes pour s'abriter dans les villages de montagne, selon un haut responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Jawhar Salim.
Parallèlement, des milliers d'Irakiens ont franchi la ligne de démarcation, comme à Chamchamal (centre), où quelque 30 000 civils sont arrivés au cours des dernières 48 heures.
Devant ces mouvements de population, le Parlement kurde, qui siège à Erbil, a proclamé hier l'état d'urgence.
Le plan d'urgence prévoit notamment «l'activation» de camps — dix emplacements ont été choisis il y a quelque temps dans les montagnes. Des mesures de sécurité ont déjà été prises avec la mise en place de patrouilles dans les grandes villes, notamment pour éviter les pillages. Les autorités s'attachent aussi à identifier les réfugiés et leur lieu de destination, a indiqué M. Salim.
Selon ce responsable, la plupart des réfugiés ont un endroit où se loger, chez des amis ou de la famille. Les autres seront nourris et logés, a-t-il assuré.
En cas de guerre, les autorités kurdes s'attendent à voir arriver de l'Irak gouvernemental quelque 500 000 personnes sur leur territoire, selon Safkan Farhan, responsable des situations d'urgence pour le PDK.
Mais seules «30 000 à 40 000 personnes pourront être prises en charge, pas plus», poursuit M. Farhan. «S'il y a un afflux important de réfugiés, cela va poser un problème», poursuit-il
«Le problème principal en cas de guerre, ce sont les réfugiés: les autorités ont des plans théoriques, mais elles n'ont rien sauf des terrains avec une source d'eau et nous [les ONG] n'avons pas pu préparer à l'avance une arrivée massive de civils», confirme Giorgio Francia, de l'organisation non gouvernementale suédoise Qandil.
Les ONG encore présentes au Kurdistan s'indignent de n'avoir reçu jusqu'à présent aucun soutien financier de la part de la communauté internationale pour préparer cette crise humanitaire et viennent de tirer la sonnette d'alarme dans un communiqué commun. Les employés des 10 agences de l'ONU basées au Kurdistan ont fini de quitter le territoire mardi.
Écoles réquisitionnées
À part un village inhabité construit par l'agence onusienne Habitat, ou bien les écoles qui seront réquisitionnées pour accueillir les civils en détresse, il n'y a que quelques milliers de tentes sur le territoire, selon les autorités et l'ONG.
La plupart des ONG internationales se sont prépositionnées dans les pays frontaliers de l'Irak, mais il faudrait environ deux semaines pour faire parvenir des tentes dans le territoire kurde dans la situation actuelle, selon Quandil.
Côté nourriture, la population kurde devrait avoir assez de vivres pour se nourrir jusqu'au mois de juillet, même s'il y a un manque de farine, mais il n'y aurait de quoi alimenter 500 000 personnes que pendant une semaine, selon M. Farhan.
Le mouvement commencé lundi dans les villes proches de la ligne de démarcation entre le Kurdistan «libéré» et l'Irak sous contrôle de Bagdad s'est amplifié heure après heure, alors que l'ultimatum du président américain George W. Bush à Saddam Hussein arrivait à échéance à 1h GMT aujourd'hui.
Dès mardi, la «capitale» du Kurdistan, Erbil, s'était vidée pour ne plus ressembler qu'à une ville quasi morte.
Hier, ils étaient «des dizaines de milliers» à prendre la route un peu partout dans le territoire, et notamment dans la région de Dohouk (nord-ouest), quittant les villes pour s'abriter dans les villages de montagne, selon un haut responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), Jawhar Salim.
Parallèlement, des milliers d'Irakiens ont franchi la ligne de démarcation, comme à Chamchamal (centre), où quelque 30 000 civils sont arrivés au cours des dernières 48 heures.
Devant ces mouvements de population, le Parlement kurde, qui siège à Erbil, a proclamé hier l'état d'urgence.
Le plan d'urgence prévoit notamment «l'activation» de camps — dix emplacements ont été choisis il y a quelque temps dans les montagnes. Des mesures de sécurité ont déjà été prises avec la mise en place de patrouilles dans les grandes villes, notamment pour éviter les pillages. Les autorités s'attachent aussi à identifier les réfugiés et leur lieu de destination, a indiqué M. Salim.
Selon ce responsable, la plupart des réfugiés ont un endroit où se loger, chez des amis ou de la famille. Les autres seront nourris et logés, a-t-il assuré.
En cas de guerre, les autorités kurdes s'attendent à voir arriver de l'Irak gouvernemental quelque 500 000 personnes sur leur territoire, selon Safkan Farhan, responsable des situations d'urgence pour le PDK.
Mais seules «30 000 à 40 000 personnes pourront être prises en charge, pas plus», poursuit M. Farhan. «S'il y a un afflux important de réfugiés, cela va poser un problème», poursuit-il
«Le problème principal en cas de guerre, ce sont les réfugiés: les autorités ont des plans théoriques, mais elles n'ont rien sauf des terrains avec une source d'eau et nous [les ONG] n'avons pas pu préparer à l'avance une arrivée massive de civils», confirme Giorgio Francia, de l'organisation non gouvernementale suédoise Qandil.
Les ONG encore présentes au Kurdistan s'indignent de n'avoir reçu jusqu'à présent aucun soutien financier de la part de la communauté internationale pour préparer cette crise humanitaire et viennent de tirer la sonnette d'alarme dans un communiqué commun. Les employés des 10 agences de l'ONU basées au Kurdistan ont fini de quitter le territoire mardi.
Écoles réquisitionnées
À part un village inhabité construit par l'agence onusienne Habitat, ou bien les écoles qui seront réquisitionnées pour accueillir les civils en détresse, il n'y a que quelques milliers de tentes sur le territoire, selon les autorités et l'ONG.
La plupart des ONG internationales se sont prépositionnées dans les pays frontaliers de l'Irak, mais il faudrait environ deux semaines pour faire parvenir des tentes dans le territoire kurde dans la situation actuelle, selon Quandil.
Côté nourriture, la population kurde devrait avoir assez de vivres pour se nourrir jusqu'au mois de juillet, même s'il y a un manque de farine, mais il n'y aurait de quoi alimenter 500 000 personnes que pendant une semaine, selon M. Farhan.
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