La Turquie ouvre son ciel aux États-Unis, mais pas ses bases
Les négociations entre les deux pays continuent néanmoins
Ankara — La Turquie a décidé hier de n'autoriser que le survol de son territoire aux avions de combat américains engagés contre l'Irak et non pas l'usage de ses bases aériennes, même pour ravitailler, mais les deux pays ont laissé la porte entrouverte à de nouvelles négociations.
Le Parlement d'Ankara se prononcera aujourd'hui sur un texte gouvernemental autorisant le seul survol du territoire, marquant ainsi ses divergences de vue avec Washington, lequel escomptait au départ un feu vert pour déployer plus de 60 000 soldats en territoire turc afin d'ouvrir un front nord en Irak.
Pour cela, les États-Unis avaient mis dans la balance une aide directe de six milliards de dollars, assortie de 24 milliards de dollars de garanties de crédit. Cette offre, en contrepartie d'une pleine coopération turque, n'est donc plus d'actualité, a fait savoir hier la Maison-Blanche.
Mais son porte-parole, Ari Fleischer, a précisé que Washington «n'exclut pas pour autant une aide à la Turquie», tout en ajoutant «ne pas vouloir en dire plus sur ce sujet».
De son côté, l'ancien premier ministre et actuel ministre des Affaires étrangères turc, Abdullah Gül, a souligné, dans une interview à Reuters, que les négociations continuaient avec les États-Unis, n'écartant pas que la question d'un transit des troupes américains contre une aide financière revienne sur le tapis plus tard.
La porte ainsi entrouverte à un accord ultérieur entre les États-Unis et la Turquie, que Gül a présentée comme leur plus important allié régional dans la crise actuelle, est de nature à rassurer les marchés financiers, ébranlés par l'imminence d'une guerre aux effets imprévisibles sur la fragile économie du pays.
Le nouveau premier ministre Tayyip Erdogan a confirmé que les pourparlers américano-turcs se limitaient à l'heure actuelle à des questions militaires et politiques, et non plus économiques, précisant que le texte soumis au vote du parlement n'autoriserait pas Washington à utiliser les bases aériennes turques.
Priorité au survol
Une première motion autorisant le déploiement de 62 000 soldats américains avait été rejetée par le parlement turc le 1er mars dernier, à trois voix de la majorité requise (267 voix).
On ignore pour le moment quel sera la marge de manoeuvre des avions de combat américains et britanniques stationnés sur la base turque d'Incirlik, d'où ils partent régulièrement en mission pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne décrétée par Londres et Washington dans le nord de l'Irak.
Erdogan n'a pas évoqué leur statut, mais il paraît probable que le champ d'action de ces avions ne s'étendra pas au théâtre d'opération élargi que représentera l'ensemble du territoire irakien lors du déclenchement de l'offensive américaine.
Les États-Unis peuvent déclencher à bref délai des bombardements sur l'Irak, George Bush ayant donné jusqu'à jeudi 1h15 GMT à Saddam Hussein pour quitter son pays sous peine d'invasion armée.
Le résultat des discussions avec Ankara, qui ont traîné durant des mois, permet toujours aux Américains d'acheminer des troupes en nombre limité dans le Nord irakien via l'espace turc, afin de protéger des puits de pétrole et de faire pression sur l'arrière-garde de Saddam.
«Toutes les questions encore pendantes seront discutées dans les prochains jours. Les besoins seront revus», a dit Gül, mais pour les États-Unis, «la priorité actuelle, c'est le survol.»
Le projet soumis au parlement prévoit par ailleurs le déploiement futur de soldats turcs dans le nord de l'Irak, afin de créer une zone-tampon visant à prévenir un exode massif de civils irakiens vers la Turquie, bien que les Kurdes irakiens aient fait savoir que l'armée d'Ankara ne serait pas la bienvenue.
La Turquie redoute que les Kurdes irakiens jettent leur dévolu sur les gisements de pétrole de Mossoul et de Kirkouk pour s'assurer un statut indépendant, susceptible de relancer la guérilla des Kurdes du sud-est de la Turquie.
Le Parlement d'Ankara se prononcera aujourd'hui sur un texte gouvernemental autorisant le seul survol du territoire, marquant ainsi ses divergences de vue avec Washington, lequel escomptait au départ un feu vert pour déployer plus de 60 000 soldats en territoire turc afin d'ouvrir un front nord en Irak.
Pour cela, les États-Unis avaient mis dans la balance une aide directe de six milliards de dollars, assortie de 24 milliards de dollars de garanties de crédit. Cette offre, en contrepartie d'une pleine coopération turque, n'est donc plus d'actualité, a fait savoir hier la Maison-Blanche.
Mais son porte-parole, Ari Fleischer, a précisé que Washington «n'exclut pas pour autant une aide à la Turquie», tout en ajoutant «ne pas vouloir en dire plus sur ce sujet».
De son côté, l'ancien premier ministre et actuel ministre des Affaires étrangères turc, Abdullah Gül, a souligné, dans une interview à Reuters, que les négociations continuaient avec les États-Unis, n'écartant pas que la question d'un transit des troupes américains contre une aide financière revienne sur le tapis plus tard.
La porte ainsi entrouverte à un accord ultérieur entre les États-Unis et la Turquie, que Gül a présentée comme leur plus important allié régional dans la crise actuelle, est de nature à rassurer les marchés financiers, ébranlés par l'imminence d'une guerre aux effets imprévisibles sur la fragile économie du pays.
Le nouveau premier ministre Tayyip Erdogan a confirmé que les pourparlers américano-turcs se limitaient à l'heure actuelle à des questions militaires et politiques, et non plus économiques, précisant que le texte soumis au vote du parlement n'autoriserait pas Washington à utiliser les bases aériennes turques.
Priorité au survol
Une première motion autorisant le déploiement de 62 000 soldats américains avait été rejetée par le parlement turc le 1er mars dernier, à trois voix de la majorité requise (267 voix).
On ignore pour le moment quel sera la marge de manoeuvre des avions de combat américains et britanniques stationnés sur la base turque d'Incirlik, d'où ils partent régulièrement en mission pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne décrétée par Londres et Washington dans le nord de l'Irak.
Erdogan n'a pas évoqué leur statut, mais il paraît probable que le champ d'action de ces avions ne s'étendra pas au théâtre d'opération élargi que représentera l'ensemble du territoire irakien lors du déclenchement de l'offensive américaine.
Les États-Unis peuvent déclencher à bref délai des bombardements sur l'Irak, George Bush ayant donné jusqu'à jeudi 1h15 GMT à Saddam Hussein pour quitter son pays sous peine d'invasion armée.
Le résultat des discussions avec Ankara, qui ont traîné durant des mois, permet toujours aux Américains d'acheminer des troupes en nombre limité dans le Nord irakien via l'espace turc, afin de protéger des puits de pétrole et de faire pression sur l'arrière-garde de Saddam.
«Toutes les questions encore pendantes seront discutées dans les prochains jours. Les besoins seront revus», a dit Gül, mais pour les États-Unis, «la priorité actuelle, c'est le survol.»
Le projet soumis au parlement prévoit par ailleurs le déploiement futur de soldats turcs dans le nord de l'Irak, afin de créer une zone-tampon visant à prévenir un exode massif de civils irakiens vers la Turquie, bien que les Kurdes irakiens aient fait savoir que l'armée d'Ankara ne serait pas la bienvenue.
La Turquie redoute que les Kurdes irakiens jettent leur dévolu sur les gisements de pétrole de Mossoul et de Kirkouk pour s'assurer un statut indépendant, susceptible de relancer la guérilla des Kurdes du sud-est de la Turquie.
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