Gaza: situation humanitaire alarmante
Violents affrontements entre l'armée israélienne et des combattants islamistes
6 janvier 2009
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Un jeune garçon palestinien tentait de récupérer hier des objets dans les décombres de la maison familiale de Gaza détruite par les bombardements israéliens. Dans la bande de Gaza, la plupart des maisons et des hôpitaux sont maintenant privés d
Le bilan s'alourdit et la situation humanitaire se dégrade dans la bande de Gaza, où de violents combats ont fait rage hier entre l'armée israélienne et des combattants islamistes, pour la première fois depuis le début de l'offensive terrestre lancée samedi soir contre l'enclave palestinienne.
Entre-temps, les initiatives diplomatiques se multiplient, notamment de la part de la Ligue arabe, de l'Union européenne et du président français, Nicolas Sarkozy, dans le but de mettre fin aux hostilités qui ont fait au moins 555 morts du côté palestinien et 5 morts du côté israélien depuis les premiers bombardements sur le petit territoire de 360 km2 et de 1,4 million d'habitants, le 27 décembre.
Après une semaine de ces raids aériens, la bande de Gaza est depuis samedi soir la cible d'une offensive terrestre que le gouvernement israélien refuse d'interrompre malgré les nombreux appels au cessez-le-feu.
Selon des témoins, des dizaines de combattants du Hamas, mais aussi du Djhad islamique, affrontaient hier les forces armées israéliennes dans le quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza.
Une source militaire israélienne a confirmé que Tsahal menait des combats acharnés dans cette ville, située dans la partie nord du territoire.
Hier, les services de santé de Gaza ont fait état d'une centaine de morts depuis le début de l'offensive terrestre, dont une vingtaine d'enfants.
Depuis le 27 décembre, le bilan de l'opération «plomb durci» s'élèverait à environ 555 tués et 2700 blessés palestiniens. Cinq Israéliens ont perdu la vie depuis cette date, dont un soldat tué dans l'offensive terrestre, et trois civils et un soldat ayant péri sous des tirs de roquettes.
Les responsables d'agences onusiennes ou privées oeuvrant à Gaza décrivent de façon de plus en plus détaillée la détérioration de la situation humanitaire prévalant dans la bande de Gaza, qui est désormais coupée en deux par les militaires israéliens.
Des blessés y meurent en attendant les ambulances qui ne peuvent pas les approcher à cause des combats, a déploré hier le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
«Les mouvements des ambulances sont coordonnés avec les autorités israéliennes et les factions palestiniennes afin de s'assurer que les travailleurs du Croissant-Rouge ne soient pas pris dans les hostilités. Tragiquement, dans la plupart des cas, cela prend des heures avant que les ambulances n'atteignent les blessés», a expliqué le CICR dans un communiqué.
«Parfois, les ambulances ne peuvent pas du tout arriver jusqu'aux blessés à cause des combats et des bombardements. Des blessés meurent tout simplement en attendant une ambulance», a déploré le chef du bureau du CICR à Gaza, Antoine Grand, cité dans le document.
Une équipe de chirurgiens de la Croix-Rouge devait se rendre à Gaza hier pour venir en aide à leurs homologues locaux après avoir attendu plusieurs jours une autorisation des autorités israéliennes. Des convois de camions chargés d'essence et de nourriture ont également été autorisés à pénétrer dans l'enclave.
D'autre part, l'hypothermie menace les nourrissons, en raison de l'absence de chauffage dû au conflit, a averti hier l'organisation humanitaire britannique Save the Children.
La plupart des maisons et des hôpitaux situés dans la bande de Gaza sont privés d'électricité et par conséquent de chauffage, alors que les températures avoisinent le point de congélation pendant la nuit, a indiqué l'association dans un communiqué. En outre, les Gazaouis laissent de plus souvent les fenêtres ouvertes pour éviter qu'elles ne soient pulvérisées par le souffle des bombes.
«Il faut faire parvenir davantage de nourriture et de couvertures afin que les enfants ne meurent pas de froid et de faim», a plaidé le porte-parole de Save the Children à Jérusalem, Dominic Nutt.
L'État hébreu affirme cibler les militants qui tirent des roquettes vers son territoire. Quelque 500 roquettes et obus de mortiers s'y sont abattus depuis le début du présent affrontement, selon le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak. Hier encore, plus d'une vingtaine de ces projectiles sont tombés sur le territoire israélien. L'un d'eux a atteint une école maternelle vide dans la ville d'Ashdod, selon l'armée israélienne.
Sur le plan diplomatique, le secrétaire de la Ligue arabe, Amr Moussa, et les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes ont discuté hier avec le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, et les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Les pays arabes comptent soumettre un projet de résolution réclamant la fin immédiate de l'opération militaire israélienne, a indiqué le chef de la diplomatie de l'Autorité palestinienne, Ryad al-Maliki.
Ce dernier a dit espérer que le projet soit adopté aujourd'hui par le Conseil de sécurité, devant lequel le président palestinien Mahmoud Abbas doit prendre la parole.
De son côté, le président français, Nicolas Sarkozy, s'est entretenu à Charm el-Cheikh, en Égypte, avec le président égyptien Hosni Moubarak, avant de rencontrer à Ramallah, en Cisjordanie, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et, à Jérusalem, son homologue israélien Shimon Perez.
Nicolas Sarkozy a demandé à Israël d'observer une trêve humanitaire de quelques jours. Au début de son entretien avec le président israélien, le chef de l'État français a dit être venu en «ami d'Israël», mais un ami «qui veut parler franchement».
«Je suis profondément inquiet par la situation. Il faut conforter le président de l'Autorité palestinienne» Mahmoud Abbas, a-t-il déclaré. «Est-ce que l'intervention militaire israélienne à Gaza le conforte? La réponse est évidente.»
Nicolas Sarkozy devait avoir de nouveaux contacts avec les dirigeants égyptiens après son dîner avec le premier ministre israélien Éhoud Olmert.
Les appels européens à un cessez-le-feu ne semblent guère impressionner, pour le moment, les dirigeants israéliens.
«L'armée va continuer les opérations pour affaiblir davantage le Hamas et réunir certaines conditions pour un cessez-le-feu qui soit durable et réaliste», a ainsi déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor.
En Égypte, M. Sarkozy avait été précédé par la «troïka» européenne, qui réunit les ministres des Affaires étrangères français, tchèque et suédois. Le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, Javier Solana, a estimé que les observateurs européens pourraient de nouveau être déployés à la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte, après la conclusion d'un cessez-le-feu.
La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, avec qui la délégation européenne s'est entretenue, a cependant dit ne voir aucune utilité dans une éventuelle mission d'observation, à moins que celle-ci n'ait le mandat d'empêcher la contrebande d'armes entre l'Égypte et la bande de Gaza.
Le président américain, George W. Bush, a pour sa part réitéré hier son soutien à Israël, s'opposant à toute proposition de cessez-le-feu qui ne comporterait pas de garanties sur la sécurité de l'État hébreu.
Quant à Barack Obama, qui sera assermenté le 20 janvier, il a dit être régulièrement informé de la situation au Proche-Orient, mais s'est refusé à tout commentaire qui pourrait interférer avec le travail du président sortant.
***
Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
Entre-temps, les initiatives diplomatiques se multiplient, notamment de la part de la Ligue arabe, de l'Union européenne et du président français, Nicolas Sarkozy, dans le but de mettre fin aux hostilités qui ont fait au moins 555 morts du côté palestinien et 5 morts du côté israélien depuis les premiers bombardements sur le petit territoire de 360 km2 et de 1,4 million d'habitants, le 27 décembre.
Après une semaine de ces raids aériens, la bande de Gaza est depuis samedi soir la cible d'une offensive terrestre que le gouvernement israélien refuse d'interrompre malgré les nombreux appels au cessez-le-feu.
Selon des témoins, des dizaines de combattants du Hamas, mais aussi du Djhad islamique, affrontaient hier les forces armées israéliennes dans le quartier de Choujaïya, dans l'est de la ville de Gaza.
Une source militaire israélienne a confirmé que Tsahal menait des combats acharnés dans cette ville, située dans la partie nord du territoire.
Hier, les services de santé de Gaza ont fait état d'une centaine de morts depuis le début de l'offensive terrestre, dont une vingtaine d'enfants.
Depuis le 27 décembre, le bilan de l'opération «plomb durci» s'élèverait à environ 555 tués et 2700 blessés palestiniens. Cinq Israéliens ont perdu la vie depuis cette date, dont un soldat tué dans l'offensive terrestre, et trois civils et un soldat ayant péri sous des tirs de roquettes.
Les responsables d'agences onusiennes ou privées oeuvrant à Gaza décrivent de façon de plus en plus détaillée la détérioration de la situation humanitaire prévalant dans la bande de Gaza, qui est désormais coupée en deux par les militaires israéliens.
Des blessés y meurent en attendant les ambulances qui ne peuvent pas les approcher à cause des combats, a déploré hier le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
«Les mouvements des ambulances sont coordonnés avec les autorités israéliennes et les factions palestiniennes afin de s'assurer que les travailleurs du Croissant-Rouge ne soient pas pris dans les hostilités. Tragiquement, dans la plupart des cas, cela prend des heures avant que les ambulances n'atteignent les blessés», a expliqué le CICR dans un communiqué.
«Parfois, les ambulances ne peuvent pas du tout arriver jusqu'aux blessés à cause des combats et des bombardements. Des blessés meurent tout simplement en attendant une ambulance», a déploré le chef du bureau du CICR à Gaza, Antoine Grand, cité dans le document.
Une équipe de chirurgiens de la Croix-Rouge devait se rendre à Gaza hier pour venir en aide à leurs homologues locaux après avoir attendu plusieurs jours une autorisation des autorités israéliennes. Des convois de camions chargés d'essence et de nourriture ont également été autorisés à pénétrer dans l'enclave.
D'autre part, l'hypothermie menace les nourrissons, en raison de l'absence de chauffage dû au conflit, a averti hier l'organisation humanitaire britannique Save the Children.
La plupart des maisons et des hôpitaux situés dans la bande de Gaza sont privés d'électricité et par conséquent de chauffage, alors que les températures avoisinent le point de congélation pendant la nuit, a indiqué l'association dans un communiqué. En outre, les Gazaouis laissent de plus souvent les fenêtres ouvertes pour éviter qu'elles ne soient pulvérisées par le souffle des bombes.
«Il faut faire parvenir davantage de nourriture et de couvertures afin que les enfants ne meurent pas de froid et de faim», a plaidé le porte-parole de Save the Children à Jérusalem, Dominic Nutt.
L'État hébreu affirme cibler les militants qui tirent des roquettes vers son territoire. Quelque 500 roquettes et obus de mortiers s'y sont abattus depuis le début du présent affrontement, selon le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak. Hier encore, plus d'une vingtaine de ces projectiles sont tombés sur le territoire israélien. L'un d'eux a atteint une école maternelle vide dans la ville d'Ashdod, selon l'armée israélienne.
Sur le plan diplomatique, le secrétaire de la Ligue arabe, Amr Moussa, et les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays arabes ont discuté hier avec le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, et les représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Les pays arabes comptent soumettre un projet de résolution réclamant la fin immédiate de l'opération militaire israélienne, a indiqué le chef de la diplomatie de l'Autorité palestinienne, Ryad al-Maliki.
Ce dernier a dit espérer que le projet soit adopté aujourd'hui par le Conseil de sécurité, devant lequel le président palestinien Mahmoud Abbas doit prendre la parole.
De son côté, le président français, Nicolas Sarkozy, s'est entretenu à Charm el-Cheikh, en Égypte, avec le président égyptien Hosni Moubarak, avant de rencontrer à Ramallah, en Cisjordanie, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et, à Jérusalem, son homologue israélien Shimon Perez.
Nicolas Sarkozy a demandé à Israël d'observer une trêve humanitaire de quelques jours. Au début de son entretien avec le président israélien, le chef de l'État français a dit être venu en «ami d'Israël», mais un ami «qui veut parler franchement».
«Je suis profondément inquiet par la situation. Il faut conforter le président de l'Autorité palestinienne» Mahmoud Abbas, a-t-il déclaré. «Est-ce que l'intervention militaire israélienne à Gaza le conforte? La réponse est évidente.»
Nicolas Sarkozy devait avoir de nouveaux contacts avec les dirigeants égyptiens après son dîner avec le premier ministre israélien Éhoud Olmert.
Les appels européens à un cessez-le-feu ne semblent guère impressionner, pour le moment, les dirigeants israéliens.
«L'armée va continuer les opérations pour affaiblir davantage le Hamas et réunir certaines conditions pour un cessez-le-feu qui soit durable et réaliste», a ainsi déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor.
En Égypte, M. Sarkozy avait été précédé par la «troïka» européenne, qui réunit les ministres des Affaires étrangères français, tchèque et suédois. Le haut représentant pour la politique étrangère de l'Union européenne, Javier Solana, a estimé que les observateurs européens pourraient de nouveau être déployés à la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte, après la conclusion d'un cessez-le-feu.
La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, avec qui la délégation européenne s'est entretenue, a cependant dit ne voir aucune utilité dans une éventuelle mission d'observation, à moins que celle-ci n'ait le mandat d'empêcher la contrebande d'armes entre l'Égypte et la bande de Gaza.
Le président américain, George W. Bush, a pour sa part réitéré hier son soutien à Israël, s'opposant à toute proposition de cessez-le-feu qui ne comporterait pas de garanties sur la sécurité de l'État hébreu.
Quant à Barack Obama, qui sera assermenté le 20 janvier, il a dit être régulièrement informé de la situation au Proche-Orient, mais s'est refusé à tout commentaire qui pourrait interférer avec le travail du président sortant.
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Avec l'Agence France-Presse, Reuters et Associated Press
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