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Conflit israélo-palestinien - Le Hamas tire ses roquettes de plus en plus loin

3 janvier 2009  Actualités internationales
Plusieurs roquettes ont de nouveau été tirées à partir du sud de la bande de Gaza, hier.
Photo : Agence Reuters
Plusieurs roquettes ont de nouveau été tirées à partir du sud de la bande de Gaza, hier.
Jérusalem — plus en plus loin. Depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza, les dizaines de roquettes tirées quotidiennement sur Israël par le Hamas atteignent des localités toujours plus à l'intérieur du territoire israélien, paralysant des zones entières du pays. Les villes d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv, et de Beer Sheva, dans le Néguev, respectivement cinquième et septième villes d'Israël avec environ 200 000 habitants chacune, jusque-là épargnées par les tirs, ont été prises pour cibles ces derniers jours.

La plupart des roquettes tirées par le Hamas sont des Qassam, des engins rudimentaires fabriqués dans la bande de Gaza, à la portée inférieure à 20 kilomètres, et très imprécises. Plusieurs milliers de ces roquettes ont touché, ces dernières années, la ville de Sdérot et ses environs, à quelques kilomètres de la bande de Gaza. Mais de façon croissante, le mouvement islamiste et les groupes armés palestiniens utilisent des roquettes plus sophistiquées, de plus longue portée, fabriquées en Syrie ou en Iran et passées en pièces détachées par les tunnels creusés entre l'Égypte et la bande de Gaza. Il s'agit notamment de Katioucha, qui avaient été largement utilisées par le Hezbollah lors du conflit de l'été 2006 avec Israël. Des missiles Grad, de fabrication iranienne, ont également été tirés ces derniers jours, notamment sur Ashdod et Ashkélon.

«Effet psychologique»

Selon un rapport intérimaire de l'armée israélienne, dont les grandes lignes ont été publiées hier par le journal Haaretz, sur les

350 roquettes tirées par le Hamas depuis le début de l'offensive israélienne, une quarantaine au moins sont des Katioucha d'une portée de 40 kilomètres. Selon des sources israéliennes, citées hier par le quotidien britannique Times, le Hamas aurait même réussi à obtenir des dizaines de missiles Fajr-3 iraniens, capables de frapper Dimona, à une soixantaine de kilomètres de la bande de Gaza. Cette ville du Néguev abrite les installations nucléaires israéliennes.

Toutefois, ces informations laissent perplexe Yossi Melman, le spécialiste militaire de Haaretz. «Je n'exclus pas que le Hamas possède de tels missiles, mais en nombre limité. Ce sont des engins de grosse taille, difficiles à faire passer, même en pièces détachées, par les tunnels, estime-t-il. De toute façon, des Fajr-3 ne pourraient infliger que des dégâts minimes à Dimona car les installations nucléaires sont enterrées. Ce serait des tirs symboliques qui auraient avant tout un effet surtout psychologique.»

Zone à risque

De fait, l'impact des roquettes tirées sur Israël depuis Gaza est essentiellement psychologique. Depuis le début de l'offensive de Tsahal, quatre Israéliens ont été tués et plusieurs dizaines d'autres blessés par des roquettes, dont la plupart sont tombées sur des zones non habitées. Les tirs, qui ont en partie détruit plusieurs immeubles et fait de gros dégâts matériels, maintiennent dans un état de tension permanent plus d'un dixième de la population, soit environ 700 000 personnes, qui se retrouvent désormais dans leur ligne de mire. Dans la zone à risque, qui a été étendue cette semaine à un rayon d'une quarantaine de kilomètres autour du territoire palestinien, les écoles ont été fermées et près de 200 000 enfants sont restés chez eux. En raison de la proximité de la bande de Gaza, les habitants du sud d'Israël n'ont que quelques dizaines de secondes pour gagner un abri en cas d'alerte. Les rues de Beer Sheva, d'Ashdod et d'Ashkélon sont désertes et de nombreux commerces ont baissé le rideau. Plus d'un tiers des habitants de la capitale du Néguev auraient même quitté la ville.
 
 
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