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Inde-Pakistan - Le millefeuille

Une semaine après l'attentat de Bombay, voici qu'un autre a été commis à Peshawar dans un quartier où les chiites sont majoritaires. Antérieurement, c'est à Islamabad que des jusqu'au-boutistes avaient saigné une centaine de personnes. Leur trait commun? Le Pakistan. Tout part et tout revient à la nation des mille et une factions.

La croyance populaire veut qu'au Pakistan les civils et les militaires s'échangent le pouvoir au gré des humeurs, évidemment musclées, de ces derniers. Si ce fut le cas, ça ne l'est plus du tout. À la suite de la montée en puissance des mouvements islamistes et des élections organisées en février dernier, on ne compte plus un ou deux centres de gravité, mais bien six. C'est dire combien le pays des purs ou des pieux, c'est selon, est traversé par des lignes de fracture annonçant des lendemains encore plus sombres. Avant d'en décliner les contours, usons d'une lapalissade: le Pakistan est la nation la plus dangereuse du monde.

Alors, quels sont donc ces six courants? Il y a tout d'abord celui du président Asif Ali Zardari et chef du Parti du peuple du Pakistan (PPP) que sa femme Benazir Bhutto avait dirigé jusqu'à son assassinat il y a tout juste un an. Depuis qu'il est en poste, Zardari s'est pris d'une soudaine affection pour la somme des pouvoirs dont Pervez Moucharraf s'était emparé alors qu'il était à la fois chef des armées et du gouvernement. Cette affection se confondant en fait avec une conservation jalouse des prérogatives de son prédécesseur, il a réduit le rôle du premier ministre à celui de figurant. L'identité de celui-ci? Raza Gilani, par ailleurs chef de file de ces parlementaires muselés hier par Moucharraf et aujourd'hui par Zardari, qui leur avait pourtant promis un retour à l'esprit de la Constitution du pays.

Le deuxième centre de pouvoir est entre les mains de l'ex-premier ministre Nawaz Sharif avec lequel Zardari avait formé une coalition en vue des législatives de 2008. Leader de la Ligue musulmane du Pakistan, cet homme ombrageux, beaucoup plus populaire (83 %) que l'actuel président (13 %), est par ailleurs le chef incontesté du Penjab, la province la plus puissante et la plus riche d'un pays où la performance économique s'est conjuguée avec indigence au cours des trois dernières années. Le troisième front est occupé par les juges et les avocats qui ferraillent quotidiennement avec l'espoir que la vie politique du Pakistan prenne la voie de la sécularité.

Ensuite, il y a évidemment le pouvoir néotaliban qui a fait main basse sur les zones du nord. Il y a également les États-Unis qui, en tant que principal bailleur de fonds — 12 milliards de dollars depuis 2002 —, ont disposé leurs pions dans l'antichambre du pouvoir. Il y a enfin, et surtout, les militaires qui constituent, dans les faits, la seule institution fonctionnelle du pays et qui rêvent de reprendre les rênes du pouvoir. Voilà pour la toile de fond.

Depuis qu'il a la main haute sur l'essentiel des centres décisionnels, soit depuis septembre, Zardari a dévoilé avec beaucoup de netteté sa vision stratégique. À savoir? La mouvance islamiste pakistanaise présente un danger tel qu'elle menace la viabilité même du pays. En déclarant que «l'Inde n'a jamais été une menace pour le Pakistan», Zardari s'est aliéné un nombre considérable d'individus influents. Il a crevé un abcès. Il a brisé un dogme dont l'armée notamment a tiré profit pendant des années.

Pire, en affirmant récemment que les combattants islamistes au Cachemire étaient des terroristes alors qu'ils avaient été et sont toujours considérés comme des héros par une frange importante de la population, sous oublier l'armée, Zardari s'est en fait affiché comme un politicien en phase avec les vues du futur président des États-Unis, Barack Obama. De quoi s'agit-il? Une fois en selle, ce dernier entend redéployer les troupes actuellement en Irak, le long de la frontière avec l'Afghanistan, tout en favorisant un rapprochement Inde-Pakistan sur le Cachemire.

Il va sans dire que les attentats de Bombay et de Peshawar, et d'autres que l'on oublie, sont une riposte de factions farouchement opposées à toute concession sur le Cachemire. Des factions islamistes qui veulent étendre leur emprise sur l'ensemble de l'Afghanistan et souhaitent en faire autant au Pakistan. Des factions qui entretiennent avec fanatisme une idéologie mortifère à un degré tel qu'elles rêvent du combat total.
 
 
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  • Dominic Pageau - Abonné
    8 décembre 2008 00 h 40
    Ces islamistes extremistes sont en général des agents de déstabilisations
    Ce fut aussi vrai qu Kosovo, en Afghanistan, en Bosnie, en Croatie, au Montenegro, en Palestine, en Tchétchénie, au Soudan et bien certainement, aux USA, en Grande-Bretagne et en Espagne. Et la plupart du temps, au service des USA.

    Pas étonnant que les informations que détiennent les indiens proviennent du FBI et la CIA qui sont étrangement près du ISI.

    Ça ressemble aux genres de manoeuvres que des USA lors de la guerre Iran Irak, ils informaient, ou plutot desinformaient les deux camps et les "supportaient"
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  • Brun Bernard - Inscrit
    8 décembre 2008 07 h 48
    J'ai lu...
    ...l'article en ne revenant pas de sa teneur. Je medisiais tout le long, Bis repetita et pas d'analyses. J,ai fini l'article et je em suis dit: "Est-ce que ce monsieur Truffaut connait le Pakistan, le Cachemire et la problématique car au vu de ce qu'il écrit, c,est lus une répétition d'écrits occidentaux sans jugeote sans mise en perpspective dialectique". Comme tout ceci est étrange? Onprend des lieux communs lus partout, on mélange, on tente de dire ce qu'on ne sait pas, ça tient, on publie, ça fait un article de journal, on tasse dans le journal et comme son confrère Brousseau, on y a contribué à ; Ah,la morne attitude des journaux contemporains de dire tout et n'importe quoi. Routine rouillée certes, routine tout de même. Attendons les commentaires.
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  • Jacques Francis - Inscrit
    8 décembre 2008 09 h 52
    Pour Bernard Brun
    Vous dites que vous retrouvez dans le texte de monsieur Truffaut les mêmes arguties que dans la presse occidentale en général. Cela me semble vous froisser. Seriez-vous parmi les seules personnes au Québec à pouvoir traiter de la question pakistanaise dans un journal ? Si c'est le cas, pourquoi ne le faites vous pas, ou du moins expliquez vous car votre intervention n'ajoute rien de nouveau. Bref, vous jouez le savant exaspéré par l'ineptie de ceux qui vous entoure sans être nécessairement plus pertinent.
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    8 décembre 2008 11 h 59
    Merci à MM. Brun et Pageau et pour M. Francis quelques liens
    Heureusement que les commentaires sont encore permis.

    MM Brun et Pageau apportent un complément nécessaire à mon ironie maladroite servant à faire prendre conscience de l'aiguillage d'opinion que tente M. Truffaut.

    Je n'arrive pas à saisir les motifs des gens tels MM Truffaut et Brousseau, ces frères d'armes, ces soldats de [l'information (sic)].

    Les deux complices travaillent de pair.
    Leurs thèmes sont généralement les mêmes.
    On tente de démolir l'espoir que peut susciter Obama.
    On rend le Pakistan (cet ancien pays où, il y a quelque temps, la démocratie était vivante, où le dictateur Musharraf était démocratique) le pire danger du monde, rien de moins.

    On fabrique, minutieusement le dangereux Pakistan, comme il y a quelques mois on fabriquait minutieusement le Pakistan démocratique, Musharraf quittait son uniforme, il abandonnait le commandement de l'armée, il faisait des élections et il demeurait malgré un petit tordage de bras, un allier incontournable dans la lutte locale au terrorisme.

    Depuis les acteurs ont changé. L'image du Pakistan aussi, de meilleur allier favorisant la démocratie, il est devenu le pire danger favorisant le terrorisme.

    Pourtant, fondamentalement la situation demeure identique. L'armée US tente de contrôler la région et utilise les événements terroristes pour placer ses pions et justifier ses actes.


    La prochaine croisade de nos frères d'armes sera le Venezuela.
    On démontrera que le dictateur Chávez organise un autre référendum antidémocratique pour se faire élire à vie.
    Uribe quant à lui, en Colombie, n'utilise pas de ces méthodes antidémocratiques de consultation populaire, il achète démocratiquement les membres du sénat et les députés pour se faire réélire démocratiquement même si la chose n'est pas très conforme à la constitution colombienne.

    On s'appliquera aussi à nous démontrer que ce Obama est un sacré beau parleur et qu'il fait un tort terrible à ce grand pays que sont les États-Unis.

    La dictature vénézuélienne.
    Le danger du Pakistan.
    Le danger iranien.
    La dictature de Poutine.
    Le manque d'ouverture de Castro (Raoul)
    La déception Obama.

    Les sujets pour nos frères d'armes sont faciles à prévoir.
    Une lutte constante pour bien nous faire voir et comprendre la guerre des justes (sic).

    Après avoir lu ce que M. Truffaut nous fait ressentir, il faut aller fouiller l'information pour savoir si le sentiment que celui-ci nous inculque est fondé.
    Il faut étudier l'Histoire et les faits.
    Il faut être conscient des forces sur le terrain, il faut être conscient des ressources déployées et des ressources naturelles convoitées. Il faut être conscient des positionnements géostratégiques et des alliances stratégiques.
    Il faut abandonner le scénario du bon qui est juste et du méchant qui menace.
    Il faut chercher à comprendre POURQUOI et il faut chercher à savoir à qui profitent les crimes.

    Heureusement qu'il y a des commentaires.
    Heureusement que l'on permet les commentaires.


    Serge Charbonneau
    Québec

    Voici des liens pouvant alimenter la réflexion

    Le grand jeu asiatique.
    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7532

    Inde-Pakistan: Vrai-faux canular
    http://www.lejdd.fr/cmc/international/200850/inde-

    Le Rapport Anti-empire : Obama, Mumbai,
    D'abord les élections, ensuite les questions.
    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7538

    R. Murdoch appelle à la guerre contre le Pakistan - Menace fascisme
    http://r-sistons.over-blog.com/article-25466270.ht


    7 mai 2008
    Bush accuse New Delhi d'avoir provoqué une crise alimentaire
    http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6625
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  • Brun Bernard - Inscrit
    8 décembre 2008 13 h 37
    @M Jacques Francis.
    Mille pardons pour mon « exaspération » qui n'a rien de savante mais découlant d'une maladie grave dont je suis atteint depuis quelques années déjà, l'écoeurite. Je ne lis rien de l'article si ce n'est que des relectures pour moi et des redites pour le journaliste. M Charbonneau a raison de dire que Truffaut ou Brousseau ont d'abord un discours idéologique non journalistique. Tout est en biais, dans les limites de la mauvaise foi. Il n'y a jamais de leur part une réflexion argumentée démontrant non leur connaissance des autres écrits journalistes dont ils font en général le résumé mais une réelle connaissance historique, politique, culturelle de ces pays que sont le Pakistan, l'Inde, l'Afghanistan et le Cachemire par exemple. Un simple détail dans son article vous dira le pourquoi de mon exaspération : « Il va sans dire que les attentats de Bombay et de Peshawar, et d'autres que l'on oublie... ». Vous lisez : « ..., et d'autres que l'on oublie... ». Non, nous avons des mots pour en parler et ces mots sont les outils de travail du journaliste. C'est comme pour M. Brousseau lors d'un anniversaire concernant la lutte contre les enfants soldats, il fit un article 4 jours plus tard en finissant son papier en écrivant : « voici ma contribution » malgré son retour et pour toute excuse. I.e. on passe à autre chose. Pas plus, pas moins. Comme un dur labeur sans intérêt. Imaginez ces journalistes face à leurs ordinateurs tout en baillant grande bouche ouverte pour écrire leur papier. Hé bien, ça se sent, ça se lit, ça exaspère. Ce qui est remarquable, c'est que leurs articles tentent à légitimer les discours de la très conservatrice droite américaine parce qu'il y a une confusion dangereuse entre des combattants de la liberté (oui, il y en a ailleurs aussi nous n'avons pas eu qu'en Occident de vrais révolutionnaires) et des combattants fanatisés. On dirait lire la presse de droite sous Pétain contre les méchants « terroristes » que furent les grands résistants comme Jean Moulin ou le poète René Char. C'est ce niveau de discours qu'ils tiennent qui m'exaspère. Je n'ai donc pas l'envie de travailler à leur place en dehors des leur idéologie (eux ont de l'idéologie pas les talibans, pas dans le domaine religieux. Là il faudrait reprendre les termes et réfléchir sérieusement sur ces notions non sur les amalgames lus dans toutes les presses de droite occidentales non objectives. Même les chercheurs dans le même domaine disent la même chose que moi) pour dire ce qu'il faut dire, alors j'exprime rapidement mon « Écoeurite » aigüe. Merci et en passant merci à M Charbonneau. Merci et bonne journée.
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